Qui pour succéder à Marchionne en 2019 ?

On le sait, Sergio Marchionne doit partir en 2019. Il espère avoir d’ici là mené à bien l’ambitieux plan-produit du groupe pour la période 2014-2018. D’ici là, il faudra trouver un successeur digne de l’actuel administrateur délégué du groupe.

L’agence Bloomberg se fait d’ailleurs aujourd’hui l’écho de ce remplacement prévu. Selon elle, le groupe FCA serait en train d’élargir sa recherche d’un successeur pour la direction du groupe, avec un groupe de gestionnaires de second rang rejoignant les poids lourds de l’entreprise, sur une liste croissante de candidats, selon les personnes proches des discussions

Qui sont les candidats probables ?

Deux noms viennent immédiatement à l’esprit quand on songe à la relève de Marchionne. Il s’agit de :

  • Alfredo Altavilla, 53 ans, le directeur du groupe FCA pour l’Europe
  • Richard Palmer, 50 ans, le Directeur financier

S’ajoutent à ces deux ténors, d’autres grands pontes du groupe tels :

  • Mike Manley qui supervise les opérations clés de l’Amérique du Nord et PDG de Jeep ;
  • Harald Wester Directeur technique général ;
  • Stefan Ketter, chef du groupe pour l’Amérique latine ;
  • Et Reid Bigland, chef des ventes américaines et des marques Maserati et Alfa Romeo.

Assurer la suite est une priorité absolue pour l’entreprise italo-américaine. C’est aussi un défi complexe car l’actuel PDG, qui vient de fêter ses 65 ans, détient une autorité considérable sur le groupe, avec une main-mise et une participation directe sur toutes les activités stratégiques, financières et opérationnelles. Marchionne possède par ailleurs une approche particulière, peu susceptible d’être reproduite par son successeur. Du coup, le groupe FCA envisagerait de réviser sa structure interne de gestion pour déléguer davantage de pouvoirs aux cadres supérieurs.

A ce sujet, Giuseppe Berta, professeur d’histoire économique à l’Université Bocconi de Milan et ancien responsable des archives de Fiat, déclare : « Le remplacement de Marchionne est une tâche monumentale pour chaque héritier interne […] La seule façon de réussir est d’éviter d’imiter le style de son leadership fort ».

Marchionne : un bilan positif mais encore en construction…

Marchionne, qui est né en Italie et a passé ses années d’adolescence en Amérique du Nord, a transformé une entreprise italienne qui se débattait pour survivre en un nouveau groupe multinational à l’image en grande partie refaite. Il a dirigé la fusion avec Chrysler à partir de 2009, flairant là un de ces coups de poker dont il a le secret  pour créer le septième plus grand constructeur automobile mondial, réduisant la dépendance de l’entreprise à l’Italie, davantage ouvert au monde, avec une puissante base américaine aujourd’hui largement génératrice des profits du groupe (attention à ne pas créer une autre forme de dépendance !), produisant 4,7 millions de véhicules annuels, renouant avec les profits, assainissant petit à petit sa situation financière et transférant également son siège fiscal à Londres et social aux Pays-Bas. Il a également retiré la marque Ferrari pour la coter séparément à Wall Street, et s’est scindé du groupe de véhicules industriels et agricoles CNH Industrial.

Les entreprises, toutes contrôlées par le clan industriel Agnelli, valent environ 44 milliards d’euros (49 milliards de dollars), plus de huit fois la valeur de Fiat quand il en a pris le commandement en 2004. Assurément un beau travail.

Mais Fiat manque encore de taille critique (souvent évoquée par Marchionne lui-même) et de ressources fortes pour faire face à des géants globaux comme Volkswagen et Toyota. Ses efforts pour remédier à cette faiblesse sont apparus sans résultats. En 2015, il a poursuivi énergiquement un accord avec General Motors, rejeté brutalement par Mary Barra et à plusieurs reprises. Depuis, toute envie de fusion semble reportée sine die. Le groupe est peu à la pointe des technologies électriques (l’hybride rechargeable apparaît seulement sur un seul modèle : le Chrysler Pacifica, et pour l’heure sur un seul marché : l’Amérique du Nord). Et en dehors de la fourniture des mêmes modèles pour Google qui s’intéresse aux voitures autonomes, pas de grande avancée là non plus. Une grande part des ressources disponibles sert actuellement à la relance d’Alfa Romeo et l’équipe de Marchionne oeuvre en parallèle pour effacer plus de 5 milliards d’euros de dette et accumuler 4 milliards d’euros en espèces d’ici la fin de l’année prochaine afin de mieux positionner l’entreprise pour une fusion potentielle. D’autant que le marché nord-américain est entré dans une phase de stagnation et les profits pourraient se resserrer de ce côté-ci de l’Atlantique si les marges n’augmentent pas, ce dernier processus étant là aussi une priorité du groupe.

D’ailleurs, si un accord survenait, le plan de relève serait probablement abandonné, et le départ de Marchionne pourrait être accéléré ou retardé, ont indiqué des sources proches du dossier.

Quoi qu’il en soit, même si Marchionne démissionne du groupe FCA, il continuera à être un personnage influent, avec les meilleurs postes dans d’autres sociétés contrôlées par la famille Agnelli. Il est en effet PDG de Ferrari, un rôle qu’il compte conserver jusqu’en 2021, président de CNH et vice-président d’Exor, la holding du groupe qui chapeaute l’ensemble.

Le professeur Berta conclue en précisant que, après l’arrivée probable du nouveau PDG en avril 2019, ce dernier devrait mener « une nouvelle phase de transition « .  » Pourtant, il obtiendrait la maison dans une forme bien meilleure que ce que Marchionne a trouvé dans les jours dramatiques où il a été appelé à sauver le constructeur automobile « 

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SAM
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SAM

Merci à Marchionne d’ avoir détruit LANCIA , qui aurait pu devenir le mercèdes italien , dans l’espoir de la revoir vivre ………………

Alexandre F.
Administrateur

Quand la gamme Alfa Romeo sera complète et Maserati sur la future plateforme + motorisations hybrides, alors pourquoi pas relancer Lancia. Mais ce serait pas avant…. 2023 – 2024…

Di Giandomenico
Invité
Di Giandomenico

Un successeur qui relancera Lancia, qui declinera la Giulia et la 124 en coupé, qui élargira la gamme Alfa et qui lancera une ou des italiennes en compétition…DTM par exemple. On a un réservoir de possibilités sans fond.

Grez
Invité
Grez

Le sujet avait été abordé quelques fois ici… La marque était morte déjà bien avant l’arrivée de Marchionne. Les quelques années de compétition sportive ayant complètement dilué l’image luxe et innovation de la marque. La seule chose qui puisse éventuellement être tentée maintenant est de placé Lancia face à Tesla. Ca évitera de cannibaliser des ventes à Alfa Romeo ou Maserati, ça servira à faire de la marque un « laboratoire » d’innovations pour le groupe FCA et enfin ça collera parfaitement à l’histoire de la marque. Par contre il faudra beaucoup d’ argent pour ça et donc il faudra attendre la complète relance d’ Alfa et Maserati.