L’instant Nostalgie n°4 : Alfa Romeo Alfasud, on dirait le Sud !

Nous voici de retour, après une longue absence pour cette rubrique de l’Instant Nostalgie. Après Fiat et Lancia, c’est au tour d’Alfa Romeo de faire l’objet de nos attentions. Avec un modèle tout autant décrié qu’intéressant : l’Alfasud et sa fameuse version Sprint.

L’Italie des années  1970, c’est la Dolce Vita qui perdure dans les esprits, ce sont les productions de Fiat populaires, les westerns-spaghettis qui auront fait le tour du monde. C’est aussi la violence sociale et les truands et terroristes d’extrême-gauche. Et c’est enfin le grand écart de développement entre le Nord, industrialisé, métropolisé et coeur économique du pays, et le Sud, rural, pauvre, voire arriéré. Et c’est pour atténuer ces écarts de développement inadmissibles que le gouvernement italien décide de la construction d’une usine destinée à Alfa Romeo (dont l’Etat est alors propriétaire) à Pomigliano d’Arco, près de Naples. L’usine devra permettre le développement de la région et mettre au travail de nombreux hommes relativement désoeuvrés. De ce grand projet doit naître un modèle emblématique et dont le nom devra illustrer ce chantier : ce sera l’Alfa Romeo Alfasud.

Une petite Alfasud décriée…

Comme vous le voyez, le modèle se soumet aux canons de design de l’époque des grandes marques généralistes, avec des lignes douces, un brin désuètes même et des surfaces vitrées généreuses. Alfa qui se lance à la poursuite des Simca et Austin de l’époque ? Diantre ! Et ce n’est pas tout ! Pour démocratiser la marque, le cahier des charges fait appel à un prix doux, allant à l’inverse du prestige de la marque de l’époque. Il soigne le confort des passagers et passe à une architecture plus classique et moins coûteuse dans le monde automobile : la traction avant ! C’en est trop pour des Alfistes puristes qui boudent le modèle, dès son lancement en 1972.

De surcroît, avec des ouvriers tout neufs, le processus de fabrication laisse un peu à désirer et la voiture est jugée comme ayant quelques défauts de fabrication, en particulier la rouille qui apparaît rapidement sur la voiture. Un défaut qui sera pris en charge mais continuera de coller à la peau des italiennes en général.

Un coupé Ti en complément…

En 1973, apparaît une version coupé 2 portes baptisée Alfasud Ti pour renforcer la petite berline. Le look, comme vous le voyez ci-dessous, est plus sportif. On constate de nouveaux projecteurs composés de 4 phares circulaires qui dynamisent la face avant, les clignotants migrent sur le pare-chocs. Les pneus sont plus larges, les jantes en acier spécifiques. De même, le petit spoiler avant et le becquet arrière noir plaident en faveur de davantage de sportivité.

L’intérieur était plus soigné grâce à des nouveaux sièges sportifs avec bande centrale en tissu et côté en skaï, des appui-têtes avant, un volant à 3 branches, une moquette au sol et une dotation qui comprenait  un compte-tours, un manomètre d’huile et un thermomètre d’eau. D’un point de vue technique, elle se distinguait par son moteur poussé à 68 ch (contre les 63 ch de la berline), puissance qui passera à 75 ch en 1976.

Une refonte en 1980

Pour la petite Alfasud, c’est l’année de la refonte. La berline s’affadit encore davantage (soyons honnête !), comme vous pouvez le voir ci-dessous. La calandre et les groupes optiques se modifient, l’arrière adopte un nouvel hayon et des feux plus larges. Les pare-chocs adoptent du plastique noir et l’intérieur est refait.

En revanche, le petit coupé Ti semble, lui, gagner en caractère. Avec ses arches de roues elles aussi en plastique noir, ses clignotants qui migrent sur le pare-chocs et les diverses autres modifications stylistiques déjà adoptées sur la berline, il semble plus râblé et plus sportif.

Les moteurs gagnent en puissance, aussi bien sur les berlines que les Ti, jusqu’à atteindre 105 ch sur la QV de 1982.

Après 12 ans de carrière, l’Alfasud laisse place à la toute nouvelle et tout autant traction Alfa Romeo 33. Seule l’Alfasud Sprint continuera sa carrière jusqu’en 1988…

Alfasud Sprint : l’esprit Alfa préservé ?

Ce coupé, totalement redessiné par Giugiaro, fut lancé en 1976. Avec sa carrosserie très élancée, visuellement proche de l’Alfetta, le résultat fut visuellement considéré comme plaisant. Mais les Alfistes ne sont pas vraiment satisfaits car la base technique reste la même.

Le moteur délivrait 75 ch pour 1 286 cm3. Un résultat sympathique sans être brillant, avec 165 km/h en vitesse de pointe et 35 secondes pour le kilomètre départ arrêté. Le prix élevé n’aida pas à sa diffusion. En 1980, la gamme est étendue avec l’introduction des versions Veloce 1.3 et Veloce 1.5, dotées des moteurs de 1 351 cm3 (86 ch) et 1 490 cm3 (95 ch, puis 105 ch). Cependant, une version 1.3 de 79 ch fut maintenue en entrée de gamme.

Par ailleurs, l’un des avantages de ce coupé était l’avantage d’être habitable et de pouvoir transporter assez confortablement quatre personnes ainsi que leurs bagages.

Dans les années 80, la consommation de masse rend le plastique incontournable. Et visiblement, pour l’automobile c’est pareil ! Adieu les inserts chromés de la face avant, l’heure est au plastique noir. Tout comme pour les boucliers d’ailleurs, rendant la carrosserie plus massive (voir ci-dessous). Noir, c’est noir, chantait Johnny Hallyday en 1966…De même, les optiques arrières évoluent pour ne former qu’un seul et large bloc de chaque côté. La version QV se reconnaît à ses liserés verts sur les pare-chocs (voir ci-dessous).

Cependant, l’Alfasud Sprint est en fin de carrière, le modèle ayant déjà une décennie dans les roues et finit par se démoder sur le marché automobile, malgré les retouches qui lui ont été apportées. Pour ces derniers mois de commercialisation, Alfa Romeo dote la voiture d’un moteur 1700 en lieu et place du 1500, avec une puissance de 118 ch permettant de s’approcher des 200 km/h en vitesse de pointe. Finalement, le modèle prend sa retraite en 1989 après environ 120 000 exemplaires vendus.

Aujourd’hui ce véhicule fait le bonheur de quelques collectionneurs, la version Sprint étant la plus courante. Plus rare, plus jolie, plus sportive, plus Alfa Romeo que les autres carrosseries, elle est ainsi la plus prisée. Plusieurs centaines d’Alfasud sont encore en circulation en France, même si la rouille, les primes à la casse et les aléas de la vie en ont fait disparaître une très bonne partie, toutes carrosseries confondues…

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7 commentaires à propos de L’instant Nostalgie n°4 : Alfa Romeo Alfasud, on dirait le Sud !

alexandre dit : S'abonner 7 May 2017 à 17 h 40 min
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Comme d'habitude, un plaisir de lire les articles nostalgie ! Je confirme, l'Alfasud Sprint est plus recherchée et de nombreux collectionneurs Alfistes en sont propriétaires.

    Deder dit : S'abonner 7 May 2017 à 22 h 27 min
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    Pour avoir possédé de 1977 à 1981 une Alfasud TI 1.2 puis de 1981 à 1988 une Alfasud Sprint Veloce 1.5 et pour avoir restauré au début des années 2000 une Sprint QV 1,5 (que j'ai depuis revendue après 5 ans), je peux affirmer que ces voitures n'étaient que du bonheur à conduire. Et de plus, elles ne m'ont jamais laissé en panne au bord de la route. Et je ne les ménageais pas (avec la Sprint de 1981, Beauvais-Vichy en passant par la RN1,Paris et le périphérique puis l'A6 et la RN7 en 4h15, de nuit bien sûr et avec beaucoup moins de camions qu'aujourd'hui et pas de radars). A part cela, l'équipement électrique était léger, la carrosserie n'aimait pas le sel mis sur les routes et le freinage était quelquefois instable (les disques en sortie de BV à l'avant s'échauffaient facilement et pouvaient être souillés par de la graisse ou de l'huile). Mais, au final, une vraie auto plaisir et polyvalente.

    • Alfa 147 GTA
    Bentouhami dit : S'abonner 8 May 2017 à 19 h 20 min
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    J'ai eu la Sud TI 1351cm3 de 86cv, auto que j'ai acheté neuve en juin 1980 et conservée pendant 3 ans avant de passer à une Sprint avec même motorisation, mais avec une puissance fiscale qui passait de 7cv à 5cv donc une boîte de vitesses hyper longue. Autant le plaisir de conduire était présent avec la Sud TI autant c'était une forte déconvenue avec le Sprint que j'ai conservé seulement 2 ans pour prendre une 33 Quadrifoglio 1700cm3 118cv qui marchait fort si on faisait attention à l'effet de couple dans le train avant. Cette Sud TI fut ma première Alfa et depuis je suis resté fidèle à Alfa.

    • Giulietta Multiair 150 Lusso pack Veloce
    fred dit : S'abonner 8 May 2017 à 19 h 36 min
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    voiture de pure plaisir fiable super tenue de route mon 15qv offre une musique a l italienne unique chaque coup d accelérateur est du bonheur et une cote qui ne cesse de monter une alfa une vrai a quand la votre

    • alfa 159 alfa sud sprint
    Me33QV dit : S'abonner 9 May 2017 à 9 h 08 min
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    D'abord séduit par une 33 1.5 TI, puis une 1.7 QV (que je possède toujours) je roule également en Sprint 1.7 QV... Du bonheur, mais moins de sensations que dans la 33 éponyme... Quoiqu'il en soit, du bonheur depuis 1998 ^^

    • 33 1.7 QV - Sprint 1.7 QV
    giusto dit : S'abonner 22 May 2017 à 20 h 23 min
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    Beaucoup on attraper le virus Alfa grasse a l Alfa Sud ,et la sprint elle était sympa a conduire !

    • Alfa Romeo brera 1750 tbi
    squirell78 dit : S'abonner 14 September 2017 à 22 h 38 min
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    Ben oui, moi aussi c'est l'Alfasud TI 85 cv de 1979 qui m'a inoculé le virus. J'avais du remplacer mon Autobianchi Abarth en raison de la naissance de mon premier fils, qui a ainsi découvert Alfa au biberon. C'était une voiture extraordinaire, avec sa direction douce et hyperprécise (que je retrouve mutatis mutandis avec celle de la Giulia) sa tenue de route fantastique et son moteur boxer au son délicieusement métallique, qui donnait l'impression de "respirer" à chaque changement de vitesse. Elle était magnifique. Nostalgie!!

    • Giulia 200 TB, Abarth 595, spider 1750 veloce (1969)

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