Brèves de Fiat : Marchionne (re)parle de l’électrique, Kragujevac voit rouge

Marchionne

Brève n°1 : Marchionne et l’électrique ? C’est toujours non !

On le sait, l’électrique et Marchionne, ce n’est pas franchement une histoire d’amour ! Contraint d’en produire une pour la Californie (la 500e), il avait alors demandé à ses clients de ne surtout pas l’acheter (oui, Marchionne n’a décidément peur de rien !) car ce modèle lui faisait perdre 14 000 dollars (plus de 10 000 €) par modèle écoulé ! Pour lui, aucune viabilité à court terme de ce modèle (au courant) alternatif …

Et bien rebelote ces derniers jours où l’administrateur délégué du groupe a, dans une interview à Car Magazine, réaffirmé son scepticisme quant à ce type de véhicule. Et s’il y en a bien un qui est devenu leader sur l’électrique, c’est bien Tesla ! Et au sujet de ce dernier, Marchionne ne se prive pas de déclarer  » « je ne produis pas d’iPhone (NDA : en réponse à une précédente question), je fais des automobiles. Pourquoi ne produisons-nous pas l’iPhone de la voiture ? Parce que si cela ressemble à Tesla, je ne vois pas comment nous pourrions avoir un modèle économique qui fonctionne. Il n’y a rien que Tesla fait que nous ne pourrions pas faire. Nous fabriquons des autos, les vendons et sommes toujours capables de payer nos factures. Mais je ne suis vraiment pas sûr que nous pourrions être rentables avec l’électrique« .

Pour Marchionne, le problème de cette technologie dite du futur réside bien dans la viabilité du modèle économique. Il pointe habilement du doigt le fait que Tesla, actuellement, vit d’investissements et de marketing, avec des clients déboursant des acomptes pour des véhicules à peine finis et commercialisés (à un prix incertain) d’ici 24 mois (au mieux). Alors qui aura raison de l’iconoclaste Elon Musk qui a pour but de révolutionner la manière de concevoir et vendre l’automobile, et le financier en chef du groupe italo-américain ? L’avenir nous le dira ! Un avenir que Marchionne, toujours au détour de cette interview, se dit incapable de prévoir. Pour lui, le monde automobile « est à la croisée des chemins ». Impossible de prédire l’avenir, en particulier sur le type de technologie qui prendra l’ascendant sur les autres.

Brève n°2 : Kragujevac en crise ?

Souvenez-vous ! Kragujevac, c’est le nom de l’usine serbe rachetée par Fiat il y a quelques années et qui produit la famille 500L. On a appris ce jour que Fiat envisage de réduire le nombre d’employés d’« un peu moins d’un tiers », sur les 3 000 employés que compte l’usine.

Fiat dit  avoir « analysé la situation sur le marché européen de l’automobile » pour prendre cette décision et que l’entreprise « travaille en coopération avec les syndicats pour assurer des départs volontaires réalisables immédiatement ». Fiat aurait présenté son nouveau projet aux syndicats et envisage « au vu des conditions du marché, [de] mettre en oeuvre des changements structurels faisant passer la production des 3×8 aux 2×8 ». Deux sons de cloches semblent s’affronter dans cette histoire. D’un côté, la presse énonce une chute de la demande alors que, pour Fiat,  « la demande est stable » et que la réorganisation « n’influencera pas les activités » du constructeur en termes de production.

Il faut se rappeler que Fiat possède 67 % de l’usine et le gouvernement serbe 33 %. Fiat a investi plus d’un milliard d’euros dans ce projet serbe avec une capacité de production de 200 000 véhicules annuels. Fiat n’a écoulé que 100 000 véhicules en 2015 à Kragujevac. Pour Zoran Markovic, président du syndicat FAS, l’usine a déjà traversé des moments difficiles l’année dernière lorsque les ouvriers « n’ont pas travaillé pendant quelque 85 jours ». Il ajoute que « cela fait quatre ans que nous produisons pratiquement un seul modèle. La solution serait d’un côté une implication plus dynamique du gouvernement pour résoudre les problèmes et, à long terme entamer la production d’un nouveau modèle ». Seulement, il n’y a rien de prévu à court terme par FCA pour cette usine en dehors de la 500L, qui, il est vrai commence à accuser le poids des ans (elle est née en 2012) malgré sa gamme fournie en carrosseries.

D’après les informations serbes, le projet de Fiat de réduction d’effectifs et de réorganisation des équipes entrerait en vigueur en septembre prochain.

sources : ccfa

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