4C, GranTurismo, 124 Spider : ciao bellissima !

Le groupe FCA a-t-il un problème avec les voitures plaisir ? Ce serait un comble pour un groupe où le design italien a toujours été l’un des vecteurs d’achat et où le sublime le dispute à l’émotion. Mais c’est pourtant ce qu’on pourrait se dire quand on voit disparaître 3 des plus belles italiennes du groupe en l’espace de quelques semaines…

Alfa Romeo 4C et 4C Spider

On a d’abord appris début novembre que le duo 4C et 4C Spider, construit à Modène chez Maserati s’était arrêté. Seuls quelques exemplaires en stock sont encore disponibles pour les (fortunés) passionnés.

Lancé en 2013 en coupé, après un très désirable concept qui avait mis en émoi le monde automobile, le coupé 4C, moins de 900 kg sur la balance, plaisir radical et direction assistée en option (!), comme la clim d’ailleurs, avait décidé à la fois de réinventer le plaisir automobile brut dans une robe de charme, et de combler le vide programmatique d’Alfa Romeo après le lancement de la Giulietta en 2010 et avant une hypothétique berline, prénommée Giulia et qui ne devait alors arriver qu’en 2016.

De quoi maintenir les projecteurs médiatiques sur Alfa Romeo et de faire sienne la devise de Colin Chapman, fondateur de Lotus : Light is right.

Pour se faire encore plus désirable, une version cabriolet (en réalité un simple hard-top démontable) arriva en 2015. Hélas, la belle s’est toujours faite rare et l’inflation mirobolante des prix en cours de carrière n’a pas aidé à l’écouler… Un modèle image… surtout sur papier glacé dirons les mauvaises langues !

Aujourd’hui, la marque tend à se rationaliser et à éviter les productions trop émettrices de Co2. Merci les règles de l’UE ! Exit, donc, le duo 4C et 4C Spider, derniers vrais coupés plaisir de la marque. A travers ce duo désormais mythique dans l’histoire du Biscione, c’est aussi le moteur 1750 TBi de 240 ch qui disparaît… Place désormais aux SUV…

La 4C est morte. Vive la 4C  !

Alfa Romeo 4C Spider

Maserati Granturismo et Grancabrio

Un mallheur n’arrive souvent jamais seul, dit-on… Et bien, quelques jours après l’arrêt des 4C et 4C Spider,  c’est du côté de chez Maserati qu’on annonçat l’arrêt d’un autre duo de voitures plaisir désormais au Panthéon de la marque de Modène : le coupé Granturismo et son dérivé cabriolet Grancabrio.

Maserati GranTurismo MC Stradale 2013

Lancé en 2007 (l’année où Nicolas Sarkozy fut élu président… ça commence à dater !), le coupé GT, (Grand Tourisme), autrement dit un coupé misant autant sur les performances que le confort, avec un luxe et un raffinement très présents, fut produit à Modène, au coeur du fief de la marque. Il a toujours eu pour caractéristiques d’être l’une des créations les plus belles et intemporelles de la marque au trident, alliant des lignes harmonieuses à un moteur V8 4.7 (de 405 à 460 ch à travers son évolution) très chantant et très charismatique.

Ce coupé fut rejoint en 2009 par une très désirable version cabriolet 4 places, appelée Grancabrio, tout simplement.

Aujourd’hui, après plus de 40 000 unités produites, dont précisément 28 805 coupé pour 11 715 cabriolet (soit un ratio de 75 % de coupé pour 25 % de cabriolet), c’est par la grande porte que s’en va cette mélodieuse diva et ce même si sa carrière à rallonge, bien que n’ayant pas de prise sur sa beauté, a altéré ses chiffres de ventes de ces dernières années, l’usine tournant au ralenti, la faute à des équipements et des standards plus vraiment au goût du jour, une connectivité datée et une absence de réelle mise à jour pour celle qui aura eu une carrière très (trop) longue, comme malheureusement trop souvent chez FCA.

Maserati GranCabrio MC Stradale

L’usine de Modène se retrouve donc, avec l’arrêt des 4C, 4C Spider, Granturismo et Grancabrio, privée des plus belles créations du design automobile italien mais aussi, plus embêtant, de modèles à assembler sur ses chaînes de production. On parle bien évidemment d’une mise à jour de l’usine pour assembler celle qui devrait arriver en 2020, chez Maserati, et que l’on nomme pour l’heure, mais peut-être à tort, Alfieri et qui sera positionnée sous le duo Granturismo / Grancabrio.

Ciao bellissima !

Fiat 124 Spider

Enfin, en ce 3 décembre 2019, c’est à un 3ème au revoir qu’il faut se préparer. Alors sortez votre 3ème paquet de mouchoirs. Car la 124 Spider de Fiat s’en va elle aussi au paradis des automobiles italiennes. Après seulement 3.5 ans de carrière (lancement en 2016), le roadster italo-nippon, nous quitte. Certains diront dans le plus parfait anonymat.

La 124 Spider, c’est une histoire contrariée. Projet qui devait initialement revenir à Alfa Romeo, construit sur la base de la Mazda MX-5, d’aucuns y verront une « fausse » Fiat. Mais c’est oublier la tradition des petits coupés/cabriolets plaisirs chez Fiat, de l’ancienne 124 Sport Spider au duo Coupé /Barchetta des années 90, en passant par la X1/9 ! Et Fiat, bien que reprenant la base du roadster nippon, une référence mondiale dans son domaine, ne s’est pas contenté d’un rebadgeage : design retravaillé et particulièrement soigné, moteur 1.4 MultiAir 140 ch 100% italien, direction revue, suspensions assouplies, il y a eu du travail !

Pour Fiat, priorité est faite à la rationalisation aussi. On pourrait dire qu’à force de rationaliser chez Fiat, il n’y aura bientôt plus rien, la gamme fondant comme neige au soleil… Mais c’est ainsi ! (Misons sur la fusion avec Peugeot pour redynamiser tout ça…) Surtout, les émissions de CO2 doivent être tenues, avec, sinon, des milliards de pénalités à payer pour le groupe prochainement. Or, mettre en conformité le 1.4 MultiAir 140 ch n’auraient pas été considéré comme utile eu égard aux ventes très modestes du coupé italo-japonais. Sans compter la production à Hiroshima et les livraisons de moteurs en bateau depuis l’Italie, pour rapatrier le tout en Europe (et en Amérique du Nord…). Bref, un calcul insensé pour les grands pontes de chez FCA.

A noter que la 124 Spider s’est écoulée de manière convenable en un peu plus de 3 ans de carrière :

• 2016 :   3 717 (Europe) +  2 475 (Amérique du Nord)

• 2017 :   7 831 (Europe) +  4 478 (Amérique du Nord)

• 2018 :  7 637 (Europe)  +  3 515 (Amérique du Nord)

• 2019 :  4 000 (Europe, environ)  + inconnu en Amérique du Nord

-> total :  23 000 unités environ (Europe) + 10 000 unités environ (Amérique du Nord)

soit plus de 33 000 unités environ, et probablement aux alentours de 35 000, au vu du flou autour des chiffres de vente en 2019 sur le continent nord-américain. Un chiffre honorable au vu du segment (en déclin), du blason (Fiat et Abarth) et du prix proposé (au moins 25 000€, ce que beaucoup ne veulent pas mettre dans une Fiat)

Malgré tout, c’est, en Europe, et pour chaque année, moitié moins qu’une MX-5.

Enfin, il semblerait que la plus dévergondée Abarth 124 (Spider et probablement GT), ne serait pas concernée par l’arrêt de production. Une décision qui peut paraître étonnante (mais à confirmer, les sources étant contradictoires…) quand on sait à quel point la version au Scorpion se vend encore moins, pour ne pas dire de manière anecdotique, avec les problèmes de logistique et de coût à compenser qui la concerneront toujours, et un moteur poussé à 170 ch qu’il faudra aussi dépolluer…. A moins que FCA n’estime que la marque Fiat ne trouvait pas sa place entre une hyper-connue Miata et une très extrême Abarth, pour seulement 30 ch de différence au moteur et que le prix, lui aussi très dévergondé chez Abarth, n’amortisse plus facilement les surcoûts et mises aux normes… Bref, comme d’habitude chez Fiat, ce n’est pas clair, même si on savait l’avenir du roadster de toute façon condamné quand on se rappelle les propos d’O.François il y a quelques mois : « Je reconnais qu’une telle voiture n’est pas la clé de l’avenir de la marque. Ce n’est pas ce que j’appellerais une Fiat pure et dure, mais pour l’instant, cela reste une opportunité intéressante », ajoutant ensuite que « Il n’y aura pas de grosses voitures, pas de voitures premium, pas de voitures sportives, tout simplement parce qu’elles n’ont aucune légitimité chez nous ».

Quoi qu’il en soit, la 124 Spider aura redonné du lustre à une marque trop dépendante de la 500 et de la Panda aux petits prix… Et c’est déjà ça ! Ciao jolie Fiat !

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PanameXIV
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PanameXIV

Ces produits sont un risque par rapport aux règles de L’UE (les amendes)
Niveau inter, alfa et Maserati auraient pu les garder. Sauf que ces dernières auraient eu besoin d’une maj (connectivité,…)
FCA tarde à trouver un partenaire et les offres s’en ressentes chaque semaine avec des arrêts sans remplacement.
Les passionnés d’italiennes ont dépassé toutes les émotions à force de lire des nécrologies 😓
Ça urge exor

Fredo
Invité
Fredo

Quand tu changes un moteur pour une Panda née en 2012 mais que tu sors du catalogue une 124 née en 2016… tout en ayant une offre d’hybridation douce prête à sortir sur la 500X. Et en prétendant imposer Fiat aux USA.

chiartano
Invité
chiartano

pour la fiat 124 , fiat italie envoyait ses moteurs au japon et retour l’italie , pour la 124 abarth arrive du japon vers l’italie , demontage puis reassemblage , des base moteurs Holden, des boites opel , 7 ou 8 plateformes; des ricaines , on change l’ecusson vous avez des fiat des thesis , apres cela sur les forums vous aviez des aficoinados de morchione diminue le budjet recherche vire 1000 ingenieurs ,avec quoi vont ils nous faire de abarth

rousset
Invité
rousset

Fan de la marque avec dans le passé comme aujourd’hui, avoir été, être possesseur de « Alfa Sud, 3 145, Spider 2000, Lancia, 3 Multipla, 3 Giulietta, 155, 156, 3 GTV, Barchetta, 7 Panda dont 100 HP » soit plus de 45 véhicules pour la plupart du groupe actuel, je dis « ZUT » après l’annonce de l’abandon de cette magnifique auto Fiat 124 Spider. Désolant. C’était pour moi le passionné, la décision à éviter que celle de décider l’arrêt de production de ce Spider 124…

flofiat
Invité
flofiat

Et la Tipo

flofiat
Invité
flofiat

À quand son restylage

Fredo
Invité
Fredo

On parle de la fin de l’année 2020. L’année va être longue !

Fredo
Invité
Fredo

Pendant ce temps on met à jour le moteur de l’Ypsilon… C’est sans doute le seul groupe automobile où l’on développe des plateformes et des moteurs pour ne pas les utiliser ! Le moteur GSE en quatre cylindres est capable de fournir sans problèmes 180 chevaux, il équipe déjà la Renegade américaine, tout est disponible ! On se rend finalement compte qu’il est compliqué de travailler sur une voiture produite à Hiroshima, mais les distances n’étaient pas les mêmes en 2016 ? Le problème n’est pas cette 124 dans les concessions mais la Panda qui est hors d’âge et ne ressemble à rien à côté des 500 et Tipo… Va t on revoir d’urgence la ligne de la vénérable Panda ? Mais non, voyons, proposons plutôt une série spéciale Trussardi, dans le genre association totalement à côté de la plaque… Chez Maserati je n’ai pas compris la non mise à jour des GranTurismo/Cabrio quand elle était disponible sur une « simple » Ghibli… Toujours des choix incompréhensibles, heureusement que la prochaine arrive en mai mais elle ne remplacera pas des modèles quatre places…

Jérôme
Invité
Jérôme

Exclusif ! FCA annonce qu’à partir du 1er janvier 2020, les concessions Alfa Romeo n’exposeront plus de voitures mais des lithographies, des livres, des modèles réduits et des goodies relatifs à l’histoire de cette marque récemment disparue ! « Concevoir et fabriquer des voitures était trop compliqué et pas assez rentable. Nous avons donc décidé de nous recentrer sur notre cœur de métier qui est la génération de cash par quelque moyen que ce soit. Grâce à ce formidable virage stratégique nous allons proposer à nos clients une expérience sensorielle exceptionnelle, totalement décarbonée, qui les fera voyager dans la fabuleuse histoire d’alfa Romeo !  » a déclaré Mike Manley lors de la conférence de presse qu’il a tenue au Salon du Livre et de la Maquette de San Antonio (Texas), rendez-vous désormais incontournable pour tous les fans de la marque qui pourront y découvrir les nouveautés Milanaises chaque année…

Frederic B.
Invité
Frederic B.

Ahahah ! On a bien failli y croire…

Bib F.
Invité
Bib F.

Excellent 🙂 Alfiste moi-même et ayant possédé quelques belles Fiat sportives (127 sport, Uno turbo, Bravo HGT), je suis stupéfait de l’abandon de certains projets et de la stagnation des modèles au point de vue technologique. Alors qu’à l’époque, ce groupe montrait bien souvent la voie, que ce soit dans les innovations moteurs (essence ou diesel) et/ou châssis (ah les roues indépendantes, BV 4 puis 5 et j’en passe).
La clientèle regarde ailleurs depuis fort longtemps, fusion ou pas il sera bien difficile de la faire revenir. Surtout avec des présentations de plans produits caduques les uns après les autres. Quel gâchis!

Stanislas
Invité
Stanislas

La 4C et la Granturismo commençaient à être trop anciennes avec des ventes assez modestes.
En revanche la 124 est trop récente pour la retirer du marché.
C’est une voiture de niche, mais ça marche chez Mazda, alors pourquoi ça ne pourrait pas être le cas chez Fiat?

Fredo
Invité
Fredo

Ce qui est certain c’est que si on passe son temps à entrer et sortir d’un marché rien ne se créera…

Alexandre F.
Administrateur

Comme par hasard, ce trio c’est un peu mon objectif en terme de garage… 🙂

HHH
Invité
HHH

On frise le délire dans ce groupe !
La 4C, Lotus est capable de faire vivre son Elise depuis combien d’années ????
La Granturismo, pourrait à sa manière être la 911 de Maserati, bah, non, le produit a à peine évoluer pendant toute sa carrière. Et puis plus rien. le client se tourne vers d’autres marques, et on recommence avec une autre caisse qui va devoir reprendre tout à zéro…
La 124, Fiat devait la réserver à Abarth des le début, mettre le paquet en chevaux, garantir la caisse 5 ans. Et être moins gourmand niveau tarif. Pour FIat, la 124 pouvait attendre que la gamme soit plus complète…
Il faut les virer, tous ! Je suis finalement heureux de l’alliance avec Peugeot, de toute manière, toutes les marques de FCA était foutu.
Dur d’écrire cel, Les seules voitures que j’ai possédé, sont badgées Alfa ou Fiat (500) depuis 25 ans…

Fredo
Invité
Fredo

Ca ne me parait pas fou qu’un cab de 140 chevaux soit disponible chez Fiat surtout quand l’ancêtre existe et que la voiture est sublime… Cela s’intègre bien dans une gamme de modèles qui utilise le thème de la Dolce Vita, joyeuse, colorée, latine et de bon goût… pas besoin de niveaux de puissance fous, juste du plaisir au volant, et à ce jour il n’y a que trois produits qui remplissent ces critères dont un qu’on arrête… Pour Maserati il est clair que le moteur et la ligne sont fabuleux, par contre apparemment les écrans laissent à désirer pour la clientèle. Il y a aussi un manque énorme de communication sur les produits (et leur renouvellement effectivement) !

Guitou
Invité
Guitou

– Jérome a un humour ravageur. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, et la Dolce Vita des années 60 commence un peu à me gonfler (les Fiat 500 et dérivés, ou encore les Lancia Flaminia de Marcello Mastroianni…). Les Khmers verts ont fait le nécessaire pour couler l’automobile ludique et les grosses caisses statutaires. Les SUV ne répondent pas davantage à la contrainte, et ne résolvent pas le problème. Une anecdote, connue de tous, peut donner à réfléchir : mon lointain parent François Michelin (1926-2015), qui n’était pas un petit pauvre, se rendait dans ses usines en 2cv puis en AX, tandis que les contre-maîtres et les ingénieurs garaient leurs DS puis leurs CX sur les parkings de la firme à Clermont-Ferrand et ailleurs. Certes, cette attitude, qui était un peu affectée, cadrait assez bien avec le paternalisme familial de cette entreprise ultra-performante. Ceci dit, chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut, s’amuser librement, et dépenser ses sous comme il l’entend… malgré l’écologie punitive.

Chiartano
Invité
Chiartano

Ça y est Tavares se pose la question du devenir d Alfa Roméo bien que Fca va toucher du fric des italiens, quant on voit Centro Storico Fiat était sur tous les fronts. Mer air terre voies ferrées. inventeur du pendulaire vendu. Marelli vendu aux japonnais. Groupe Ferretti racheté Riva puis largue le tout aux chinois. Pirelli vendu etc toutes les usines du groupe fiât tournaient delà au ralenti bien avant le virus chinois., et profitaient du chômage technique