Rumeurs d’alliances : saison 2

FCA – Lingotto

On a connu les nombreux et tumultueux épisodes de notre désormais ex-saga « Sergio recherche alliance désespérément ». Cette saga qui nous a tenus en haleine a pris fin avec la disparition surprise du protagoniste principal.

Mais voilà qu’une saison 2 se profile. La synopsis reste la même. La belle FCA, qui masque mal ses difficultés, trouvera-t-elle chaussure à son pied ? Se fera-t-elle croquée par un sombre prétendant paré du masque de la vertu ? Quelle péripéties vont à nouveau arriver ?

Voici le point sur les derniers rebondissements de la saison 2.

FCA – PSA : quand on dit non, c’est… non ?

A Genève, Carlos Tavares le tout-puissant patron de PSA et nouvelle star de l’industrie automobile européenne, ainsi que Mike Manley, le timide et discret nouveau directeur de FCA, se sont tournés autour et ont semblé avoir entamé quelques pas de danse en commun. PSA et FCA mariées dans l’année ? Un futur groupe PFCA ? Ou, pire, PCA ?

Le patron de Peugeot s’est même laissé aller à quelques confidences : «Tout est ouvert, si on gagne de l’argent, on peut rêver de tout», avait-il déclaré.

Mike Manley, avait, lui, déclaré examiner «tout accord susceptible de rendre Fiat plus fort». Selon les propos rapportés par Bloomberg, le dirigeant a ajouté : «s’il y a une opportunité pour nous, je l’examinerai».

Faisons le point sur les atouts et faiblesses d’un tel rapprochement :

PSA Groupe: qu’a-t-il à y gagner ?

Le groupe français aurait beaucoup à y gagner, en particulier une porte d’entrée sur le sol américain. On connait en effet la volonté de la marque au Lion de remettre un pied au pays de l’Oncle Sam. Mais cela sera long et l’entrée sera mince, et pas avant le milieu de la décennie 2020. Accéder au puissant réseau de distribution du groupe italo-américain accélérerait cette présence aux USA.

Par ailleurs, PSA doit être pleinement conscient de l’attractivité actuelle de la marque Jeep, véritable marque internationale au potentiel important et ce, depuis plusieurs années.

Enfin, nul doute que sur les autres marchés, en particulier européen et sud-américain, une véritable stratégie de synergies et de partages de plate-formes et composants pourrait s’installer. D’autant que cela conduirait à produire «plus de 9 millions de véhicules par an, ce qui les positionnerait au niveau des plus grands groupes du secteur comme Volkswagen, Toyota, Renault-Nissan-Mitsubishi et General Motors», comme le note le Corriere della Sera.

FCA : un beau cadeau ?

On le sait tous, le groupe italo-américain a beaucoup (trop) misé sur Jeep et RAM, qui ont concentré les seuls investissements. Aujourd’hui, les marques italiennes, qui ont trop été délaissées, en particulier Fiat, peinent à remonter et à se doter des technologies (connectivité, progrès dans le véhicule autonome, hybridation et électrification) des concurrents. Les ressources doivent être ré-équilibrées mais les perspectives financières globales du groupe s’annoncent moroses en 2019. Les analystes le savent bien et anticipent un rapprochement nécessaire selon eux à la survie des marques italiennes.

«Fiat n’est pas en mesure d’aller de l’avant comme ça pendant encore une longue période. Les marques américaines vont très bien, les italiennes et européennes sont de plus en plus en difficulté», explique Giuseppe Berta, professeur à l’université Bocconi de Milan et ancien directeur des archives de Fiat. «Sur le long terme, on ne peut pas maintenir un déséquilibre aussi fort», ajoute-t-il.

Certains vont plus loin, comme un analyste français (anonyme) qui déclare : «Pour un acquéreur potentiel, Fiat en tant que tel n’apporte pas grand chose sur les produits. Il n’y a pas de pépites, ils n’ont pas beaucoup investi sur les nouveaux modèles». Voilà un jugement bien rapide et expéditif, en particulier sur la première partie de sa déclaration, sujette à caution et à débat.

D’ailleurs, Andrea Montanino, directeur du Centre d’études de Confindustria, le syndicat du patronat italien, n’hésite, pas, lui, à tempérer ce genre de jugement, arguant que  «FCA est un groupe qui se porte bien et [qu’] il a ses points de force». 

C’est vrai et on pense au marché américain, à la bonne position de Fiat au Brésil, aux marques Jeep et Ram, aux technologies 4×4 (absentes chez PSA), aux marques de prestige et de luxe, aux motorisations très haut de gamme (absentes aussi chez PSA, sans vecteur d’image premium véritable), sans oublier de grands noms de l’automobile (Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Maserati) qui, bien que peu portées sur les volumes et l’hyper-rentabilité en ce moment, n’en restent pas moins des « pépites » évidentes.

Des intérêts communs…avortés ?

Bref, on le voit, FCA apporterait ce qui manque à PSA et ce dernier lui servirait de béquille dans le domaine des nouvelles technologies (électrique, notamment) qui avalent beaucoup de cash et n’apportent pour l’heure aucun bénéfice. Ainsi, «l’industrie automobile fait face à des échéances majeures en termes d’investissement et la donne a changé dans la course à la taille critique» confirme Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire du marché automobile Cetelem.

Pourtant, les derniers jours nous ont appris que FCA aurait bien été approchée par PSA mais que la famille Agnelli aurait refusé l’offre car elle comportait un trop grand volet en actions. En effet, l’actuel groupe français, pour éviter de s’endetter, financerait une opération de rachat par un important volet en actions propres, ce que la famille dirigeante de Fiat aurait refusé. Effectivement, une telle manière de procéder est intéressante mais sujette à débat car le cours de l’action est versatile : il peut chuter et rendre le cadeau empoisonné… Et la famille Agnelli, pas folle, n’a peut-être pas envie de se retrouver avec du papier-monnaie sans valeur potentielle…

Cependant, on voit bien que ce n’est pas la question d’un rapprochement qui fait achopper les discussions mais les modalités techniques et financières. Alors, n’est-ce que reculer pour mieux sauter ? Va-t-on vers de nouvelles tractations plus conformes à la volonté de la famille italienne qui n’a jamais caché son envie de se débarrasser des opérations automobiles, pas assez rentables. Chez FCA, visiblement, quand on dit non, ce n’est peut-être pas non…

 

FCA – Renault : ah bon ?

Voilà la folle rumeur de ces derniers jours. Un nouvel arrivant dans cette saga digne d’une tele novelas. S’il y a bien un groupe qu’on n’imaginait pas faire partie du casting, c’est bien Renault-Nissan. Et pourtant, des rumeurs ont fait état d’un intérêt porté de la marque au Losange pour une fusion avec un autre groupe, FCA faisant partie des cibles privilégiées.

Là où on rigole un peu quand même devant ce nouveau Don Juan de la saison 2, c’est qu’il déclare être prêt à entrer en action après avoir réussi la fusion avec Nissan, son partenaire du Soleil Levant, qui a vraisemblablement poignardé à mort son patron Carlos Ghosn pour éviter que ladite fusion (dont il voulait lui-même) ne se fasse. Depuis, c’est prison, conférences de presse, enquêtes internes, scandales et têtes qui tombent… Le royaume franco-japonais étant en proie à la guerre civile, pas sûr qu’il ait les ressources ni le temps de s’attaquer à un concurrent avec si peu de forces armées. Car Nissan est bien mieux dotée. Après avoir été sauvée par le Losange en 1999, voilà le Japonais assis sur le trône du groupe, avec davantage de CA, de bénéfices, de production mondiale et une meilleure installation sur tous les continents. Renault fait un peu plus pâle figure, bien qu’il détienne 43% de son compatriote nippon. Bref, d’ici là, bien d’autres choses peuvent se passer avec d’autres groupes et Renault pourrait bien n’être qu’un figurant de passage dans une scène un peu trop longue et sans véritable intérêt pour le scénario…

 

Enfin, on apprend que PSA et FCA seraient en discussion l’un avec l’autre pour un partenariat autour d’une «super-plateforme» dans le but de réduire les coûts d’investissements en Europe, région hautement concurrentielle, rapport l’agence de presse Bloomberg. Ces discussions pourraient être officialisées d’ici la fin du 1er semestre 2019. Ce partenariat impliquerait notamment un partage des investissements dans le domaine de l’électrique, technologie pour l’heure sans rentabilité et qui demande beaucoup de cash.

A suivre dans les prochaines semaines…

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12 commentaires à propos de Rumeurs d’alliances : saison 2

TI dit : S'abonner 3 April 2019 à 12 h 58 min
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Une fusion avec psa ne serait pas bonne.Le groupe français sera bien sûr plus avantagé que FCA.L'experience de Jeep en 4X4 serait bénéfique pour eux,le design Italien ,et l'entrée aux USA.Et les Italiennes avec des moteurs psa comme Opel.Une ALFA doit rester une ALFA

  • Alfa giulietta 1.4 tb 120. GTV 916 twin spark 155 ch
Fredo dit : S'abonner 3 April 2019 à 13 h 43 min
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En réalité PSA n'est pas plus avancé que FCA sur les véhicules hybrides, j'aurais même tendance à penser l'inverse au vu de l'expérience accumulée avec Chrysler et son Pacifica. La 500 hybride c'est dès la fin de cette année. L'attention a beaucoup été portée sur les produits américains (nord et sud) ces dernières années mais on le voit les projets Fiat ont à nouveau la lumière, et je crois clairement au potentiel de forte rentabilité des marques italiennes dans les prochains mois (en particulier dans le luxe). Encore faut il lancer les produits ! À mon avis on va vers des investissements communs tels qu'on les a vus entre BMW et Toyota par exemple...

    Jérôme dit : S'abonner 3 April 2019 à 19 h 40 min
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    Ce qui est certain c’est que FCA ne pourra pas continuer longtemps sur la voie actuelle. Une alliance / fusion / association (rayer la mention inutile) avec PSA aurait du sens, ça permettrait de créer un groupe qui aurait la taille critique indispensable pour survivre. D’autre part il y a une vraie complémentarité sur le portefeuille de marques :PSA a actuellement du généraliste (beaucoup), du premium (très peu) et c’est tout. Il lui manque du premium à forte personnalité (Alfa), du luxe (Maserati), du spécialiste 4x4/SUV (Jeep, RAM), et du populaire (Fiat). Enfin, constituer un groupe de forte taille c’est démultiplier la R&D, faire d’énormes économies d’échelle, gagner en réactivité et bien sûr étendre son périmètre géographique

    • Alfa
    Fredo dit : S'abonner 3 April 2019 à 23 h 04 min
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    Le périmètre géographique de PSA ? Quant à la taille critique, elle sera atteinte quand FCA Europe retrouvera des couleurs, 700.000 voitures par an chez Fiat ce n'est pas sérieux. Et en Europe la seule chose à faire pour vendre c'est d'en offrir plus sur la qualité de finition (quand je vois que la prochaine Série 1 sera une traction et aura une simple traverse déformable à l'arrière - comme la Tipo !), la marque a vraiment quelque chose à faire face au design et à l'habitacle des modèles Citroën...

      jérôme dit : S'abonner 4 April 2019 à 10 h 41 min
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      Oui bien sûr, si PSA s'intéresse à FCA c'est pour avoir, en cas de rachat ou fusion, une présence forte aux Etats-Unis. Quant à FCA Europe ils ne retrouveront jamais des couleurs avec la stratégie actuelle : Fiat monoproduit, Alfa gamme squelettique, Maserati pire encore, Lancia morte-vivante, aucun investissement sur les gammes à volume, aucune démarche crédible vers l'hybride ou l'électrique à part l'hypothétique concrétisation du concept Centoventi, bref rien qui laisse supposer une amélioration

        Fredo dit : S'abonner 9 April 2019 à 15 h 40 min
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        Tout a une fin, les plans produits idiots aussi espérons le, et rapidement. Il suffit de le décider, et l'apathie de Maserati à ce sujet est incompréhensible alors que tout est à disposition... Même le design, présenté en 2014 !

          olive911 dit : S'abonner 3 April 2019 à 20 h 30 min
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          Peut être que la Famille Agnelli attend la fin de l'épisode Renault-Nissan pour croquer le blessé.... hummmm

            carreta dit : S'abonner 4 April 2019 à 20 h 48 min
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            Surtout pas d alliance une italienne reste une italienne la classe ,le mythe ,les lignes . Ca va très bien pour fca retour aux bénéfices et des modèles qui vont surprendres laissons le temps au temps ..

            • alfa,Fiat,maserati
            mafioli dit : S'abonner 5 April 2019 à 13 h 36 min
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            Une alliance pourquoi faire?? Les alliances n'ont pas apportés de renouveau chez Fiat. GM fut un échec et FCA malgré des bénéfices importants, malgré une diminution de la dette, n'a pas obtenu des résultats probant pour la branche européenne du groupe. Si c'est pour occuper l'esprit des managers quelques temps et obtenir plus de dividendes alors oui ça vaut le coup, surtout pour eux. Mais concrètement il faut complèter l'offre des produits, faire tourner les usines, lancer de nouveaux projets, faire de la recherche, ça c'est urgent!

            • Alfa Romeo
            Dandeba14 dit : S'abonner 8 April 2019 à 17 h 10 min
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            On le voit bien depuis le début que l'américain voulez juste le cash de fiât. Maintenant fiât est dans la mouise. Moi, je verrais bien une vente de quelques marques du groupe pour en reformer un. Rachat de Maserati, Alfa et Abarth par Ferrari. Groupe d'enfer, mais la, je rêve !!!

            • Giulia
            jérôme dit : S'abonner 9 April 2019 à 10 h 36 min
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            Euuuh, c'est juste l'inverse hein C'est Fiat qui a racheté Chrysler et mis la main sur une cash machine. Et contrairement à l'idée reçue qui flotte partout actuellement FCA n'est pas du tout en mauvaise posture financière loin de là. En revanche les profits du groupe étant quasi-exclusivement générés par 3 marques Américaines il y a un gros déséquilibre dû à des choix stratégiques hasardeux qui pèsent sur la capacité de FCA à adapter son modèle industriel et ses gammes au marché Européen actuel et à venir. Pas d'électrification pas d'hybrides, pas de SUV de segment C et les voilà maintenant obligés de racheter des crédits carbone à Tesla pour ne pas payer d'amende à 9 chiffres.

              l'italien dit : S'abonner 19 April 2019 à 15 h 56 min
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              Mon projet est d'acheter une Giula ,mais si toutefois le groupe était vendu a un autre constructeur ,je laisse tomber !! <pauvre Italie .

              • peugeot 3008 ( bientot Giula)

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