Bilan 2018 : quel est le niveau de dépendance des modèles FCA envers l’Italie ?

Aujourd’hui, l’heure est venue de faire un bilan complet du niveau de dépendance 2018 des modèles FCA envers l’Italie, marché domestique. Alors, nos modèles italiens sont-ils très ou peu dépendants du marché italien ? Comment se comportent les modèles concurrents chez eux ? Quelle part de marché représentent la France, l’Allemagne ou l’Espagne (je n’ai presque aucun chiffre pour le Royaume-Uni, malheureusement…), des pays à grand marché automobile, dans la ventilation des modèles italiens ?

Il s’agira ici de statistiques, avec beaucoup de croisements de chiffres après avoir dépensé beaucoup d’énergie et de temps de travail pour un article qui, je l’espère vous intéressera.

Par avance, certaines données seront partielles ou lacunaires pour les modèles les moins vendus, la faute en incombant à des statistiques qui se limitent souvent à un Top 100 ou Top 200 sur certains marchés. Ainsi, pour les véhicules à très faible diffusion, certaines données sont souvent absentes. Par avance, j’en suis désolé.

Enfin, ce travail prend en compte uniquement l’Europe (et non le monde entier). Dans la mesure où il s’agit de parler de la dépendance des marques italiennes à leur marché, Jeep en sera évidemment exclus à l’exception du Renegade, fabriqué en Italie et modèle désormais phare du groupe et du Compass au vu du succès rencontré en Europe.

Les données sont classées dans des tableaux et par ordre croissant de segment ou de tarif.

1 – FIAT PANDA : un monopole italien…inquiétant ?

► Un taux de dépendance ahurissant. Bien sûr, on dira que l’Italie adore la Panda et que, le modèle étant fabriqué sur place, le patriotisme italien est encore plus fort. Mais c’est tout de même très inquiétant, en particulier en cas de retournement du marché italien ou de désaffection des italiens pour ce modèle. C’est le taux record de la catégorie, bien qu’en baisse par rapport à 2017 (où il s’établissait à 78%). A titre de comparaison, voici les chiffres de quelques concurrentes :

Et la concurrence chez elle ?

• Volkswagen Up! : 35 401 unités en Allemagne sur 98 824 unités en Europe = taux de dépendance de 35.8 %.

• Renault Twingo : 46 373 unités en France sur 86 964 unités en Europe = taux de dépendance de 51.5 %.

• Citroën C1 + Peugeot 108 : 37 876 unités en France sur 110 202 unités en Europe = taux de dépendance de 34.3 %.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 73.7 %                        France : 8.1 %                        Allemagne : 4.6 %                          Espagne: 3.5 %

► On voit donc que, parmi les grands marchés (en volume), la France est, en 2018, assez friande de la Panda (prime à la conversion et voitures de location doivent aider car le taux a doublé par rapport à l’an dernier !) mais nul doute que les petites françaises doivent se vendre bien davantage sur notre marché national…

2 – FIAT 500 : une icône (vraiment) internationale !

► La petite 500 se vend en minorité (entre 1 sur 5 seulement) en Italie. Preuve que le pot de yaourt est bien le fer de lance de la stratégie internationale de Fiat. L’an dernier, ce taux de dépendance dépassait les 28%…

Et la concurrence chez elle ?

Voir chiffres de la Panda.

Pour comparer avec des concurrentes premium, voici quelques chiffres supplémentaires :

• Volkswagen Coccinelle : 5 871 unités en Allemagne sur 13 569 unités en Europe = taux de dépendance de 43.2 %.

• Mini  : 44 904 unités au Royaume-Uni sur 131 920 unités en Europe = taux de dépendance de 34 %.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 20.8 %                        France : 15 %                      Espagne : 11.1 %

(pas de chiffre pour l’Allemagne dont ma source mélange ensemble les 500, 500L, 500X sans distinguo).

► On notera que la France représente est un marché important pour la 500, juste derrière l’Italie !

3 – FIAT PUNTO : fin de course en Italie ?

► Là aussi, un chiffre de dépendance très élevé envers l’Italie. On notera cependant que ce taux est  moins élevé que l’an dernier, où il atteignait 75%. Stocks à écouler et grosses promos de fin de vie ont du aider à écouler des exemplaires en Europe… Quoi qu’il en soit, avec un volume de ventes assez faible, on se rend compte que les autres pays d’Europe ont globalement fait une croix sur ce modèle depuis un moment, lui qui ne survit plus que par son marché domestique. Une fin de vie sans grande gloire pour la doyenne de la catégorie.

Et la concurrence chez elle ?

J’ai choisi 3 modèles pour des raisons différentes mais objectives, afin d’avoir la plus grande honnêteté intellectuelle quant aux chiffres : la Polo car elle est la star de la catégorie, la Sandero pour son petit prix, dernier argument de la Punto également et l’Ibiza pour son côté latin, comme la Punto.

• Volkswagen Polo  : 70 488 unités en Allemagne sur 299 920 unités en Europe = taux de dépendance de 23.5 %.

• Dacia Sandero  : 70 080 unités en France sur 216 306 unités en Europe = taux de dépendance de 32.3 %.

• Seat Ibiza : 31 474 unités en Espagne sur 101 894 unités en Europe = taux de dépendance de 30.9 %.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 68.8 %                     France : 6.5 %                     Allemagne : 6 %  (contre 3.2% l’an dernier !)           Espagne : 3.8 %

► On notera que le taux en Allemagne a doublé en un an, certainement du à l’effet fin de vie et grosse promos qui aura attiré des acheteurs sur les stocks de Punto à écouler…

4 – LANCIA YPSILON : de la dépendance à l’exclusivité !

 

► Un volume de dépendance que ne renieraient pas les dictateurs africains dans leurs souhaits les plus fous de plébiscite électoral ! Cette fois, Lancia, c’est l’Italie. Fermez le ban partout ailleurs.

Et la concurrence chez elle ?

Sans commentaire…

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Sans commentaire…

5 – ALFA ROMEO MiTo : l’Italie l’aime… la France aussi !

► Un volume de dépendance assez fort (plus de la moitié des ventes en Italie), mais moindre que la Punto, pourtant elle aussi enfin de vie.

Et la concurrence chez elle ?

• Audi A1 : 17 965 unités en Allemagne sur 73 045 unités en Europe = taux de dépendance de 24.6 %.

• Mini : 44 904 unités au Royaume-Uni sur 131 920 unités en Europe = taux de dépendance de 34 %.

• DS 3 : 9 171 unités en France sur 17 996 unités en Europe = taux de dépendance de 51 %.

► MiTo et DS3, deux petites premium en fin de vie sont toutes les deux à moitié dépendantes de leurs marchés domestiques respectifs.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 54.2 %                        France : 16 %                       Allemagne : 3.4 %                Espagne : 2.2 %            Suisse : 2%

► Il est clair qu’après l’Italie, c’est la France qui adhère à la MiTo. Les autres pays forment des quantités négligeables, signe d’une MiTo qui s’est recroquevillée sur 2 pays seulement, pays qui fournissent 70% des chiffres de la Bellissima !

6 – FIAT TIPO : le succès partout en Europe !

► Voilà un modèle qui rencontre le succès et pas qu’en Italie car, au-delà du volume écoulé et de sa très bonne prestation générale au classement des ventes, le véhicule ne s’écoule qu’à 39.8 % en Italie (contre 44.6% l’an dernier !), soit seulement 2 ventes sur 5 ! Un chiffre très encourageant et qui montre l’engouement du modèle partout sur le continent, bien qu’un peu plus élevé que la concurrence…

Et la concurrence chez elle ?

J’ai justement choisi 5 modèles pour des raisons différentes mais objectives, afin d’avoir la plus grande honnêteté intellectuelle quant aux chiffres : la 308 pour l’aspect référentiel qui est le sien,  car elle est l’une des stars de la catégorie, la Skoda Rapid pour sa philosophie similaire à la Tipo (très bon rapport prix / prestations), la Dacia Logan pour son côté low-cost que Fiat veut concurrencer différemment et enfin la Renault Mégane et la Seat Leon car ce sont de très bonnes ventes de la catégorie.

• Peugeot 308: 63 217 unités en France sur 155 925 unités en Europe = taux de dépendance de 40.5 %.

• Skoda Rapid : 16 106 unités en Allemagne + 14 353 en Rép.tchèque sur 65 147 unités en Europe = taux de dép. de 42.2 %.

• Dacia Logan : 20 363 unités en Roumanie sur 61 063 unités en Europe = taux de dépendance de 33.4 %. En revanche, si on ajoute la France (beaucoup de gens estiment Dacia comme une marque « française », de par ses nombreuses pièces et technologies Renault), le taux de dépendance arrive à 42.6 %.

• Seat Leon : 34 890 unités en Espagne sur 142 807 unités en Europe = taux de dépendance de 24.4 %.

• Renault Mégane : 45 437 unités en France sur 138 762 unités en Europe = taux de dépendance de 32.7 %.

► La Tipo est un modèle avec une bonne ventilation européenne et qui ne dépend pas tant que cela de son marché national. Son taux de dépendance domestique est équivalent à celui d’une 308 ! Dès lors, à ceux que vous croiserez (ou lirez sur le net !) et qui vous diront que la Tipo ne se vend qu’en Italie, vous pourrez toujours leur répondre avec ironie que la 308 ne se vend qu’en France ! Ils vous diront que non ! Vous sortirez les statistiques suivantes. Elles vous permettront de prouver définitivement que Tipo et 308 ont le même type de comportement, en volume (presque) et en ventilation (totalement !). Il y a pire référence…

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 39.8 %                        France : 12.7 %                       Allemagne : 5.5 %                Espagne : 12 %

► On le voit, donc, la Tipo se vend bien partout en Europe, l’Italie représentant bien moins d’une vente sur deux. Malgré tout, son niveau de dépendance à son marché domestique demeure un tout petit peu plus élevé que certains modèles concurrents (Leon, Mégane…). Mais les grands marchés européens s’arrogent des pourcentages importants de Tipo, preuve que le modèle plait. A noter que le pourcentage en Espagne a nettement augmenté (12% contre 7.25% l’an dernier) quand celui de l’Allemagne s’est effondré (5.5% contre 9.4% l’an dernier). La France reste le deuxième marché derrière l’Italie !

7 – ALFA ROMEO GIULIETTA : 2 ventes sur 3 en Italie !

► Un chiffre de dépendance très élevé pour la Giulietta, une génération d’Alfa Romeo encore très attachée à son marché domestique.

• Et la concurrence chez elle ?

• BMW Série 1 : 44 143 unités en Allemagne sur 126 428 unités en Europe = taux de dépendance de 34.9 %.

• Audi A3 : 45 901 unités en Allemagne sur 143 789 unités en Europe = taux de dépendance de 31.9 %.

• Volvo V40 : 7 151 unités en Suède sur 56 921 unités en Europe = taux de dépendance de 12.5 %.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 64.5 %                   France : 7.3 %                   Allemagne : 3,8                      Espagne : 4.9 %               Suisse : 3.3%

► Un chiffre qui montre que la France est un marché important pour la marque au trèfle en général et pour la Giulietta en particulier !

8- FIAT 500L : un minispace italien… au succès également espagnol !

►  Là encore, un chiffre hautement dépendant de l’Italie, bien qu’en baisse sur un an (74% l’an dernier !). En tout cas, ce ne sont pas les quelques centaines d’exemplaires écoulés sur le sol serbe, lieu de production de ce minispace, qui changent la donne.

Et la concurrence chez elle ?

Elle n’existe plus, le segment ayant été ravagé par l’arrivée des crossovers…

 

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie :  68.4 %                        France : 8.1 % (6.5% l’an dernier)                Serbie : 2,4 %                       Espagne : 13.2 %

► On notera le pourcentage très élevé pour l’Espagne, preuve que le 500L rencontre un certain succès dans la péninsule ibérique. A eux 3, les marchés italien, espagnol et français représentent environ 90% des ventes de 500L sur le continent !

9 – FIAT 500X : à moitié italien, à moitié européen…

► Le crossover italien s’écoule pour un peu plus de la moitié en Italie, pour l’autre moitié à l’export européen. Un chiffre convaincant, bien que supérieur à la plupart de ses concurrents principaux.

Et la concurrence chez elle ?

• Opel Mokka X : 22 790 unités en Allemagne sur 120 601 unités en Europe = taux de dépendance de 18.9 %. En rajoutant les près de 40 000 unités sous logo Vauxhall, en terre britannique, on arrive néanmoins à un taux de dépendance de 52%.

• Renault Captur : 67 393 unités en France sur 214 720 unités en Europe = taux de dépendance de 31.4 %.

• Volkswagen T-Roc : 35 299 unités en Allemagne sur 143 319 unités en Europe = taux de dépendance de 24.6%.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie :  52 %                                        France : 15.7 %                                    Espagne : 10.2 %

► On notera un bon chiffre pour la France, encore en hausse par rapport à 2017 ( 14.5%).

10- JEEP RENEGADE : de plus en plus italien ?

 

► Fabriqué en Italie, à Melfi, avec le 500X, il était nécessaire d’intégrer le Renegade dans ce classement. Première information, il se vend davantage en Italie que sur les autres marchés européens réunis, alors que le taux était équilibré l’an dernier (49.9%). Le 500X est ainsi davantage européanisé que le Renegade !

Et la concurrence chez elle ?

(voir chiffres 500X)

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie :  57.1 %                            France : 9.4 %                     Allemagne : 6 %                           Espagne : 9.8 %

► A noter que si les taux baissent en France et en Allemagne, ils augmentent en Italie et en Espagne !

11 – JEEP COMPASS : Adopté par les Italiens !

► Fabriqué au Mexique pour nous, il est néanmoins un modèle qui semble connaître un bon début de carrière dans nos contrées, avec de bons chiffres de ventes. Aussi était-il nécessaire d’intégrer le Compass dans ce classement. Principale information, le taux de dépendance du Compass envers l’Italie est fort, le même que pour le 500X, à 51.7% fin 2018 ! Les Italiens ont déjà fait leur ce modèle qui n’est pourtant pas italien mais qu’ils considèrent désormais comme faisant partie de leur patrimoine…

Et la concurrence chez elle ?

• Renault Kadjar : 27 176 unités en France sur 101 548 unités en Europe = taux de dépendance de 26.7 %.

• Skoda Karoq: 21 054 unités en Allemagne + 6548 en Rép.tchèque sur 82 023 unités en Europe= taux de dépendance de 33.6%

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie :  51.7 %                            France : 7.7 %                     Allemagne : 9.4 %                           Espagne : 11 %

► A noter que la France est assez en retrait dans l’engouement pour le Compass, Allemagne et Espagne affichant de meilleurs taux de ventilation, avec environ 10% des ventes chacun. Mais l’Italie capte une grosse part du gâteau, bien plus que les scores des concurrents chez eux.

12 – ALFA ROMEO GIULIA : arme de conquête ?

Premièrement, on remarquera que contrairement à la Giulietta, la Giulia se vend à moins d’une vente sur deux en Italie. Preuve d’une capacité d’exportation certaine. Maintenant, comparons avec les résultats de la concurrence dans ce domaine.

Et la concurrence chez elle ?

• BMW Série 3 : 34 514 unités en Allemagne sur 104 085 unités en Europe = taux de dépendance de 33 %.

• Mercedes-Benz Classe C  : 62 784 unités en Allemagne sur 150 413 unités en Europe = taux de dépendance de 41.7 %.

• Audi A4 : 53 340 unités en Allemagne sur 115 517 unités en Europe = taux de dépendance de 46%.

• Volvo S60/V60 : 16 412 unités en Suède sur 47 638 unités en Europe = taux de dépendance de 34.5 %.

► On notera que les taux de dépendance domestique sont assez proches entre Classe C et Giulia, aux alentours de 42 %. Comme pour la Tipo, à ceux qui dénigreront la Giulia et vous diront qu’elle ne se vend qu’en Italie (les trolls sont légion sur le net, en particulier les anti-italiennes !), vous pourrez vous appuyer sur ces statistiques pour leur montrer que la Giulia n’est pas plus dépendante de l’Italie que la Classe C de l’Allemagne. Et ce sans compter l’A4, dont le taux de dépendance à son marché national est encore un peu plus élevé ! Alors, la Giulia, en passe de réduire la dépendance d’Alfa Romeo à l’Italie et de conquérir l’Europe ?

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 42.5 %                   France : 9.8 %                    Allemagne : 7.6 %                   Espagne : 4.1 %             Suisse : 6.2 %

► On notera que la France est le deuxième marché européen pour la Giulia après l’Italie, davantage que l’Allemagne pourtant friande de berlines, dont le taux a baissé (10.6% en 2017) Surprenant pour la France. Tant mieux.

13- ALFA ROMEO STELVIO : un peu plus dépendant de l’Italie…

►  Première année pleine de commercialisation pour le Stelvio. On remarquera de prime abord un taux de dépendance au marché italien inférieur à 50% et à peu près au même niveau que la Giulia. De bon augure, bien que la Giulia dépende un tout petit peu moins de l’Italie que le Stelvio.

Et la concurrence chez elle ?

• BMW X3 : 20 877  unités en Allemagne sur 104 085 unités en Europe = taux de dépendance de 33 %.

• Audi Q5  : 20 958 unités en Allemagne sur 70 894 unités en Europe = taux de dépendance de 29.5 %.

• Porscha Macan : 9 732 unités en Allemagne sur 19 596 unités en Europe = taux de dépendance de 34.3%.

► Le taux de dépendance des marques allemandes à leur marché domestique est bien moindre que chez Alfa. Les écarts avec le modèle Alfa Romeo sont assez importants bien que le taux pour le Stelvio soit tout à fait correct et révélateur d’une bonne européanisation du modèle. Malgré tout, la Giulia sur le marché des berlines premium semble bien mieux se comporter en terme de dépendance et être davantage dans la moyenne de concurrentes établies que le Stelvio sur le marché du SUV premium.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 44 %                   France : 10.7 %                  Allemagne : 9.5 %                     Espagne : 8.5 %                Suisse : 6.2%

► On remarquera que la France pèse un peu plus que l’Allemagne, pourtant terre des gros véhicules, dans la ventilation des Stelvio. De même, on notera le taux en hausse pour l’Espagne en 2018 (8.5% contre 5.9% en 2017 !)

14 – FIAT QUBO : L’Italie, sinon rien !

► Le Qubo, c’est un peu « L’Italie, sinon rien » ! Avec un tel pourcentage de dépendance, pas étonnant de ne pas en voir sur nos routes européennes.

Et la concurrence chez elle ?

• Renault Kangoo : 10 369 unités en France sur 20 394 unités en Europe = taux de dépendance de 50.8%.

• Volkswagen Caddy : 30 905 unités en Allemagne sur 54 132 unités en Europe = taux de dépendance de 57%.

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 87.5 %                                France : 2 %                            Allemagne : 4.8%

► Les chiffres corroborent ce que nous observons sur nos routes françaises : le Qubo y est absent depuis son restylage. Même l’Allemagne en écoule davantage…

15 – FIAT DOBLO : Faible dépendance mais faible volume…

► Le niveau de dépendance est faible car à 31.5%. Le Doblo s’écoule donc autant moins chez lui qu’à l’export européen. Le problème, c’est qu’avec des niveaux de vente très faibles, il ne court pas les rues et qu’on ne s’en rend donc pas compte…

Et la concurrence chez elle ?

 

(voir chiffres Qubo)

Que représentent les grands marchés européens dans le total de ce modèle ?

Italie : 31.5 %                                France : 3.8 %                            Allemagne : 16 %

► On le voit, le Doblo se situe à un niveau de dépendance très faible et inférieur à ses concurrents Kangoo ou Caddy.  Ne manque que des niveaux décents en France, alors que l’Allemagne, elle, s’arroge une part importante du nombre de Doblo écoulés !

16 – Des chiffres plus incomplets mais que je vous livre néanmoins

a) FIAT 124 SPIDER : vive l’Allemagne !

Avec 7 637 unités écoulées en Europe en 1 an, ce n’est pas énorme. N’ayant pas de chiffre sur le volume écoulé en Italie, il m’est impossible d’y faire figurer le taux de dépendance domestique. Néanmoins, sachez que l’Allemagne représente 34.8 % du volume écoulé : un véritable raz-de-marée. A titre de comparaison, la France ne représente que 4.4 % du total, la Suisse 2.6% et et l’Espagne … 1.1 % !

b) FIAT TALENTO : des pourcentages franco-allemands élevés

Là aussi, avec 5 007 unités mises à la route en 2017, le Talento est encore rare. L’Allemagne s’arroge néanmoins 27.4 % du total et la France 17.7 %. Des chiffres qui montrent l’attrait de ces deux pays pour la camionnette Fiat. Pas de chiffre pour l’Italie.

c) Fiat Ducato : un raz-de-marée germanique !

36 740 unités en 1 an, le Ducato est un des véhicules qui se vend le plus en Europe, davantage que la Punto. D’ailleurs, ses qualités sont saluées par les Allemands qui s’arrogent 79.4 % des ventes ! Oui, oui, vous avez bien lu ! La Suède est à 16.1 %. La face désagréable de cette médaille est que Fiat signifie pour les peuples du Nord « véhicule utilitaire » ou « camionnette ». une image de robustesse mais pas de glamour.

La Suisse atteint les 2.3% et la France n’est qu’à 0,4 % du total. Pas de chiffre pour l’Italie. Se pourrait-il que son marché domestique soit largement minoritaire ? Si c’était le cas, ce serait unique !

d) ALFA ROMEO 4C : 20% des ventes Outre-Rhin !

434 unités pour toute l’Europe, ce n’est pas énorme et c’est -50.2%  sur un an  ! La France s’arroge malgré tout 14 % de l’exclusif duo transalpin, la Suisse 9.7% et  l’Espagne 5.8 % (pas d’autre chiffre).

e) MASERATI GHIBLI : Les Allemands aiment les « gross-berlinen »

Pas de chiffre pour l’Italie. Mais sur les 2 531 petites unités écoulées en Europe en 12 mois en 2018 (-14.9 %), l’Allemagne représente 20 % des ventes. Un pourcentage très élevé. La France n’atteint que 7.3 % et l’Espagne seulement 2,7 % !

f) MASERATI QUATTROPORTE :  Schöne Maserati !

Maserati Quattroporte 2013

Rebelote ! Les Allemands aimant les grosses cylindrées, la Quattroporte n’échappe pas à la règle. Sur les maigres 447 exemplaires écoulées (-19.5 %), l’Allemagne représente 20.1 % des commandes. La Suisse, dont on sait qu’elle aime les belels et luxueuses voitures, atteint les 7.6% quand la France est à 6.5% (10% l’an dernier !) L’Espagne, elle, est à 3.8 %…

g) MASERATI LEVANTE : Rebeloten !

Voilà ce que pourraient dire nos voisins allemands à la lueur des chiffres du SUV Maserati. En effet, sur les 4 441 unités vendues en Europe (-21.9% sur un an!), l’Allemagne, là encore, s’arroge une partie importante avec 17.4 % du total. La France est à 7.9 % (contre 6.2% l’an dernier) et l’Espagne à 4.8 %. Pas de chiffre pour l’Italie, certainement majoritaire.

h) MASERATI GRANTURISMO ET GRANCABRIO : Les Allemands, encore ?

Selon les statistiques que j’ai pu me procurer, sur les 569 unités du duo Granturismo/Grancabrio vendues en Europe en 2018, les Allemands s’en sont arrogé 27.8%. Un pourcentage est très élevé ! La Suisse est à 9% (vive le luxe en Suisse !) quand la France a une part de 7.2% et l’Espagne de 4%.

i) JEEP GRAND CHEROKEE IV : Germanophone ?

Voilà un gros bébé américain qui n’a pas grand-chose d’italien mais, après tout, appartenant au groupe FCA, autant l’inclure. Sachez qu’il s’est écoulé à 7 781 exemplaires (soit -22.8% en un an). pas de chiffre pour l’Italie donc pas de taux de dépendance mais il est probable qu’il ne soit pas majoritaire dans la péninsule. En revanche, l’Allemagne atteint les 33.9% d’acquisition de ce gros mastodonte, la Suisse, terre de luxe et de montagnes, est à 16% et l’Espagne à 5.2%. La Suède est à 1.3%. Et la France, me direz-vous ? terre d’impôts et de chasse au Co2, elle ne porte pas chance à ce géant ricain puisqu’elle n’écoule qu’1% du total ! C’est ça aussi, la France…

17- Les chiffres des marques pour terminer !

• FIAT : moins d’une vente sur deux en Italie ! 

► Un chiffre en légère baisse par rapport à 2017 (52.1%) qui lui-même était inférieur à 2016  (54,5 %), ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Fiat réduit sa dépendance à l’Italie, passant ainsi sous la barre des 50% ! Mais ce qui peut paraître une bonne nouvelle est aussi le signe que le marché italien est en crise et que Fiat y subit des déconvenues importantes ces derniers temps, la présence de marchés extérieurs plus porteurs contrebalançant ainsi la réduction des ventes en Italie, sans que ce ne soit totalement le fruit d’une stratégie offensive mais plutôt un effet mathématique…

Voici ce que représentent les grands marchés suivants dans le total des ventes de Fiat sur le continent.

• ITALIE : 47.4 % du total

• FRANCE : 11.5 %   (contre 8.8% l’an dernier ! )

• ALLEMAGNE : 12 %

• ESPAGNE : 8.4 %

• ROYAUME-UNI : 5.2 %

• SUISSE : 1.3 %

• LANCIA : L’Italie et rien que l’Italie

► Un pourcentage qui a encore progressé depuis 2016 (97,5 %) et 2017 (99.6%), du au retrait de la marque de tous les marchés hors Italie.

• ALFA ROMEO : une dépendance à l’Italie qui se réduit petit à petit

► 46.5 %, c’est moins d’une vente sur 2 et c’est un taux inférieur à celui de 2017 (52.8%). Et c’est aussi mieux qu’en 2016, où ce taux s’établissait à 57,8 %. Signe aussi d’une plus grande européanisation de la marque.

Voici ce que représentent les grands marchés suivants dans le total des ventes d’Alfa Romeo sur le continent.

• ITALIE : 46.5 % du total

• FRANCE : 9 %

• ALLEMAGNE : 5.9 %

• ESPAGNE : 5 %

• ROYAUME-UNI : 4.5 %

• SUISSE : 3.9%

La France a toujours été une grande admiratrice d’Alfa et cela se voit dans la répartition des ventes…

• JEEP : Une assez bonne répartition globale…

► 50.5% c’est la moitié. mais c’est davantage que l’an dernier (46 %). jeep semble donc de plus en plus dépendre de l’Italie… n’oublions pas que le Renegade est produit à Melfi et que la marque a été rachetée par Fiat. Depuis, les Italiens semblent en raffoler. Quoi qu’il en soit, la marque n’a pas que l’Italie en atout, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Voici ce que représentent les grands marchés suivants dans le total des ventes de Jeep sur le continent.

• ITALIE : 50.5 % du total

• FRANCE : 7.9 %

• ALLEMAGNE : 10.2 %

• ESPAGNE : 10.3 %

• ROYAUME-UNI : 3.7 %

• SUISSE : 2.9%

► Notons que l’Espagne et l’Allemagne sont plus sensibles à Jeep que la France, en volume écoulé comme en pourcentage , à l’inverse d’Alfa Romeo, où la France accapare une plus grande partie des ventes de la marque au Biscione ! Néanmoins, en volume absolu, Jeep vend davantage qu’Alfa Romeo sur tous les marchés européens.

• MASERATI : la marque la plus européenne du groupe FCA !

C’est la marque qui dépend le moins de son marché intérieur. Environ une vente sur 3. Un gage de stabilité. Notons néanmoins que ce taux est en augmentation sur un an puisque, en 2016, il n’était que de 24 %. Cela serait-il du à une forte demande intérieure pour le Levante ?

Voici ce que représentent les grands marchés suivants dans le total des ventes de Maserati sur le continent.

• ITALIE : 34.5 % du total

• SUISSE : 7.5 %

• ALLEMAGNE : 19.2 %

• ESPAGNE : 4 %

• ROYAUME-UNI : 16.2 %

Aucun doute possible, les Allemands et les Britanniques raffolent des Maserati. Pas de chiffre pour la France…

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muellch2
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muellch2

fan of Italia 🙂

500zagato
Invité
500zagato

Cet article est plaisant à lire, intéressant à plus d’un titre pour qui apprécie les automobiles italiennes (Fiat 124 Spider serait mon projet d’achat) et très bien rédigé, dans un style sobre et concis.

Rama
Invité
Rama

Bravo aux 17 courageux qui ont réussi à acheter une Lancia neuve hors Italie en 2018 !!! Sur Lancia, ils auraient pu au moins la maintenir en Pologne, la ou elle est fabriquée. Les polonais aiment acheter des voitures fabriquées par eux. La preuve : la Panda 2 y est très présente, pas la Panda actuelle…

Max max
Invité
Max max

Euh il voit les choses à « l’Italienne » et il positive cela. Il a osé comparé certaines voitures Italienne assez moyen de gamme comme la giulietta avec des Audi A3 et Bmw s1 qui sont des voitures haut de gamme. Il a aussi comparé des ventes italiennes tres faible avec des allemandes qui vendent 5fois plus de voitures.. Les voitures italiennes se vendent tres mal, il a compare des italiennes qui se vendent 5 à 8fois moins que des Francaises ou Allemandes et qui ont le meme taux de dependance a peu pres. Sauf qu’une italienne qui se vend à 10.000 exemplaires, meme si 5.000 viennent de l’europe, ça ne se compare PAS à une Francaise ou allemande qui se vend 10 fois plus et qui a le meme pourcentage de dependance, ça prouve que l’italienne n’est qu’un semi-echec commercial qui a vendu 50% à l’etranger tandis que la Francaise et l’Allemande ont eux, réussi a vendre 50% à l’etrangers grace à un SUCCES commercial. Je viens de lire cet article d’un Italien qui se cache les yeux et qui ose croire une seconde que les voitures de FCA sont comparables à celles de chez Peugeot, Bmw ou Mercedes, la blague. D’ailleurs, Dacia est « roumain » pour vous et non pas Francais alors que dacia est 100% Francais made in Renault ? Mais Jeep est Italien pcq ca vous arrange ? Opel n’est pas Francais ? Si on remets les chiffres en place, cet article montre sjrtout que les ventes italiennes sont… Lire la suite »

Stanislas
Invité
Stanislas

Les voitures que vous citez sont bien concurrentes, la Giulietta avec la Golf, l’Audi A3, la 308, etc… La Giulietta bien que plus ancienne supporte parfaitement cette concurrence avec la qualité allemande ou les volumes des francaises. Et puisque vous parlez de concurrence la Giulia a des qualités routières largement au niveau des série 3, classe C, Audi A4. La Giulia Quadrifoglio laisse même sur place les M3, Mercedes AMG, ou Audi RS4. Alors certes Alfa Romeo ne fait pas les mêmes volumes que d’autres marques, mais c’est parce qu’elles sont réservées à ceux qui aiment le design et qui aiment vraiment conduire. Les amateurs de tanks allemands ont parfois un peu de mal pourquoi certains préfèrent les italiennes…

Jay
Invité
Jay

Et bien dis donc, quelle arrogance ce petit Max max. Tu aurais compris le sens de cet article cela aurait été crédible mais bon, là… Et puis tout le monde sait que quantité = qualité c’est bien connu (angel) J’espère juste que ta Mercedes n’est pas une vulgaire Classe A à moteur Renault.

Jérôme
Invité
Jérôme

C’est le malheureusement inévitable troll qui pullule sur les réseaux sociaux les sites et les blogs. Celui-là a dû en avoir marre d’écum FB, Caradisiac, Worldscoop et le Blog Auto et en gratouillant un peu il a trouvé Italpassion. Total on a droit à de la logorrhée trollesque sur le thème les allemandes c’est super les Italiennes c’est de la merde. Il faut juste le laisser dégorger , se soulager et ne pas lui répondre

olive911
Invité
olive911

Bsr En résumé les constructeurs italiens ont mangé leur pain blanc il y a 30 ans quand ils étaient numéro 1 en Europe puis maintenant c’est au tour des marques allemandes. Sauf que la roue tourne….. L’avenir sera sombre dans les années à venir pour les constructeurs allemands. Le « blabla » des voitures allemandes va nous lasser …dieselgate, test sur les animaux, pas de fusion, pas de coopération, pas de mariage, plus de technologie à acheter (comme l’injection direct sur les diesels fiat croma et austin montégo), fin des séries trop longues comme les mauvaises suites de films (golf 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17…) à suivre. Voili voilou

rama
Invité
rama

C’est vrai. Etre premier en Europe, ou même dans le monde, n’est pas forcément synonyme de groupe en bonne forme, car il faut gagner de l’argent sur chaque voiture, et non en perdre… Renault était 1er en Europe au début des années 80, puis a perdu beaucoup d’argent. Pareil pour GM 1er mondial, puis en quasi faillite sans le sauvetage de l’Etat américain. L’avenir de l’automobile, c’est une partie de poker : essence, diesel, GPL, hybride, électrique… Pour l’instant les pouvoirs publics misent sur l’électrique, mais si c’est pour voir les constructeurs européens supplantés par les chinois, le gouvernement allemand ne laissera pas faire. Comme d’habitude le gouvernement français n’y comprend rien. Les italiens sont près à soutenir Fiat en échange d’emplois relocalisés. La relance de Fiat par Manley n’est donc pas totalement désintéressée.

Alberto
Invité
Alberto

Analyse pertinente. Vous pouvez envoyer une facture à FCA !

Stanislas
Invité
Stanislas

Merci à Frédéric pour cette étude intéressante et précise sur les volumes de vente des italiennes et sur leurs taux de dépendance sur les marchés. Max max aime sa Benz et les voitures qui font du volume , tant mieux pour lui. Il n’aime pas les italiennes, tant pis pour lui.

MAX
Invité
MAX

La Giulia dynamiquement parlant est supérieure aux allemandes et à la peugeot de même catégorie. Le problème est que certains pensent que le virtual cockpit ou ecockpit signifie supériorité … . Avant d’acheter la Stelvio, j’ai essayé la GLC, X3, F-Pace et la Q5. Même – puissante que les 4 autres, la Stelvio est réllement supérieure. Les deux qui m’ont déçues de plus sont la Q5 et GLC!!

Bolo
Invité
Bolo

Très bel article et intéressant, mai il ne faut pas penser que que les Fiat et Alfa sont inférieures aux allemandes, c’est du passé, les allemandes ont aussi leurs défauts. C’est une question de mode et de fanatisme de certains journalistes. Les vrais techniciens honnêtes le savent. Cher Mr. Mercédes (angel)