L’avenir de Fiat selon Olivier François, directeur de la marque

Les journalistes de l’Automobile Magazine ont eu l’occasion d’interviewer Olivier François, directeur de la marque Fiat et de l’interroger sur l’avenir de la marque italienne.

Tout d’abord, face à un marché européen très difficile, avec des marges faibles, une concurrence féroce et une électrification forcée au vu des amendes risquées par les marques dans les années à venir, l’avenir de Fiat était menacé…

« En tant que groupe FCA, dont l’essentiel des revenus et des marges sont réalisés en Amérique du Nord avec Jeep, Dodge et RAM, nous nous retrouvons à la croisée des chemins comme d’autres constructeurs. Qu’est-ce que l’on fait en Europe ? GM a répondu à cette question en vendant Opel. Ce n’est pas ce que nous voulons faire, nous voulons garder nos racines, même si l’Europe, où les marges sont réduites, ne participe pas de manière très enthousiasmante à l’EBITDA du groupe FCA. Il n’y a aucune logique rationnelle qui nous incite à investir sur ce marché où les produits coûtent plus cher à développer, plus cher en R&D, plus cher en tout», développe Olivier François.

Ici, le patron de Fiat fait référence à la réputation d’exigence du marché européen et aux normes d’émission qui vont s’avérer être un vrai casse-tête avec des solutions à trouver pour les respecter au risque de payer des amendes…à neuf chiffres ! Pour cela, l’électrification, à laquelle ne croyait pas Sergio Marchionne jusqu’à s’y être converti avec fougue dans le dernier plan-produits de juin 2018, est une nécessité !

Pour cela, il existe deux approches différentes et à l’étude, comme l’explique Olivier François : « Nous pouvons atteindre ces objectifs en vendant des voitures premium, c’est pourquoi la future 500, qui sera présentée l’an prochain à Genève, sera uniquement électrique (la 500 actuelle restera au catalogue mais va évoluer vers l’hybridation). Mais soyons clairs : nous sommes tous est en train d’imaginer que nous allons vendre des tonnes de petites voitures électriques à 30 000 euros. Nous n’allons pas y arriver. Si chaque constructeur doit faire entre 15 et 20 % d’électriques, cela va représenter des millions de voitures. Je ne suis pas certain qu’il y ait des millions de clients qui soient intéressés vu les prix pratiqués. Nous allons donc nous battre sur les prix et nous n’allons pas gagner d’argent. C’est un problème ».

Olivier François ajoute : «Nous allons devoir faire face en 2022/2023 à un vrai challenge pour nous tous, constructeurs. La différence entre les marques qui vont gagner beaucoup d’argent et celles qui vont en perdre se fera sur leur capacité à mettre sur le marché des centaines de milliers d’électriques. Certains y laisseront leurs marges, d’autres au contraire en feront un business rentable. Pour cela, il faut inventer une nouvelle équation de valeur», confie le directeur de la marque turinoise.

Et c’est là qu’intervient le concept Fiat Centoventi, une vision de l’automobile électrique accessible au client et rentable pour le constructeur.

Pour Olivier François, la Centoventi se résume en trois points :

• Premier point : évoquer la Panda dans sa philosophie : Ainsi, pour l’ex bras droit de Marchionne, la Centoventi est  « la Panda des temps modernes ». L’idée est tout d’abord de proposer un produit financièrement accessible en version de base, esthétiquement attractif et si possible tendance.

• Deuxième point : le problème de la voiture électrique. Ici, le concept consiste à offrir plusieurs choix de batteries. La Centoventi embarque d’emblée un seul module offrant 100 kilomètres d’autonomie. Si une autonomie plus grande est nécessaire, il sera possible d’acheter ou louer jusqu’à 3 batteries supplémentaires, avec à chaque fois 100 kilomètres d’autonomie en plus. « Il sera possible de les ajouter très facilement, même après l’achat, grâce à des rails, directement chez le concessionnaire », précise Olivier François. Le concept peut également embarquer un 5e module électrique, sous le siège conducteur. « Au lieu de perdre de l’argent en vendant 300 ou 400 kilomètres d’autonomie, je vais vous donner ce dont vous avez besoin et vous pourrez faire l’upgrade quand vous voudrez, ajoute le dirigeant. Je vais ainsi maximiser ma marge».

• Troisième point : la personnalisation. C’est d’ailleurs un autre moyen de rentabiliser le produit seront les multiples possibilités de personnalisation et les ventes d’accessoires (porte-gobelet, porte-bouteille, boîte à gant…). La Centoventi joue également la carte connectée avec une version de base permettant de placer un smartphone au cœur du système ou une tablette en combinaison avec l’écran principal de 10 pouces. L’autre solution est d’opter pour la version dotée d’un écran de 20 pouces offrant toutes les fonctions. Reste maintenant à savoir si un tel modèle arpentera les routes. «Nous sommes en train d’étudier tout ça pour voir s’il y a un business model. Nous allons prendre notre décision rapidement, dans les prochains mois», assure Olivier François.

Outre la 500 électrique et l’éventuelle Centoventi, l’avenir de Fiat en Europe passera également par une vague d’électrification. La 500 actuelle va rester au catalogue en mild hybrid. Idem pour toute la gamme actuelle. Fiat étudie également la possibilité de lancer des modèles hybrides rechargeables, notamment la 500X, à l’image de son cousin Renegade qui vient de muer en PHEV.

Source: l’Automobile Magazine

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Fredo
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Fredo

La 500 a pour elle son incroyable diffusion dans les plus beaux quartiers d’Europe (cool) s’il y a un modèle urbain électrique et premium qui peut réussir, c’est elle.

gagagogo
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gagagogo

Drôle de façon de commencer son discours en expliquant que la partie dont il est responsable ne sera pas rentable. Il veut juste montrer que son poste ne l’intéresse pas, qu’il a été puni, que ça va mal se passer mais que ce n’est pas sa faute?? Il utilise le bilan de la stratégie absurde qui consiste à tout investir dans des marchés de niche ou dans des projets morts-nés pour présenter un coût r&d élevé. En attendant parmi les 4 voitures les plus vendues dans le monde il y a 3 compactes et un pickup (suivis par une troupe de suv compacts). Ca n’a pourtant pas l’air difficile de trouver quel marché cibler pour maintenir de la production. Et pourtant ils continuent à nous expliquer que les compactes ne sont pas rentables…

Grez
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Grez

J’ai une lecture différente de la tienne. Je vois plutôt un homme(Olivier François fait parti des très bon du groupe FCA) qui au lieu de laisser tomber l’ Europe(solution simple et rentable rapidement) cherche une solution avec les futurs législations qui arrivent et pousse les constructeurs à trouver des nouvelles solutions. La Centroventi est un début de réponse à ça justement d’une manière générale, les coûts de R&D sont extrêmement élevés dans l’automobile(par exemple, la plateforme Giorgio a couté plus d’1 Milliard d’euro) Pour les ventes de pick up que tu évoques, il s’agit du marché Américain qui n’a pas la même approche que l’union Européenne et donc effectivement le marché est très différent la bas. Par le passé, Olivier François avait assumé son échec avec Lancia donc je pense au contraire qu’il assume complètement la situation et cherche la bonne formule pour assurer l’avenir de la marque.

Stanislas
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Stanislas

Je ne suis pas certain que les constructeurs gagnent de l’argent avec les voitures électriques. Tesla n’en gagne toujours pas. Et on ne peut pas dire que les Tesla soient pour toutes les bourses. Les constructeurs sont forcés d’aller à marche forcée vers l’électrique pour baisser fortement la moyenne des émissions de Co2. Marchionne disait que les Fiat 500e vendues aux Etats-Unis fait perdre de l’argent à Fiat. La Centoventi modulable est peut être la bonne réponse.

Ced74
Invité
Ced74

Avec l’électrique on est parti pour un beau paquet de Fiasco c’est certain sur que la rentabilité est quasi nul.

mafioli
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mafioli

Sans trop commenter les propos hallucinants du « directeur » je pense que les normes antipollution et la fuite en avant de l’électrique vont avoir comme conscéquence deux scénarios possibles: 1. Nombre de constructeurs n’arriveront pas à y faire face, devront se faire racheter et il ne restera plus que un ou deux fabricant par continent. 2. Vu la poussée nationaliste dans chaque pays, ces derniers ne voudront pas laisser aller vers d’autres cieux les entreprises dites « nationales » et avec elles les emplois et donc une nationalisation forcée se mettra en place. Il est déjà en cours avec la participation significative des états dans l’actionariat, PSA par exemple. Le marché arrive à ces limites selon moi.

Ced74
Invité
Ced74

Je pense que tu dois être dans le vrai et l’avenir dira si tu as raison ou pas.

guitou
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guitou

Les écologistes, de plus en plus staliniens, n’auront pas le dernier mot. Les villes n’ont jamais été aussi peu polluées depuis le début de l’industrialisation. Les réglementations européennes seront bientôt rejetées avec fureur par les électeurs, qui sont presque tous des automobilistes, et bien souvent des Gilets. (bandit)

Tienno
Invité
Tienno

La Centoventi est moche, absolument moche, dites le vite au patron, s’il veut vendre cette espèce de caisse en plastique, électrifiée de surcroît, je pense qu’il va se prendre (et Fiat aussi) une fameuse décharge… Messieurs, vous jouez avec le feu… Avec de telles productions et à de tels prix, les clients vont choisir un autre moyen de transport…