Résultats financiers 2018 pour le groupe FCA

 

Ce 7 février 2018, le groupe FCA, désormais dirigé par Mike Manley, a présenté les résultats financiers et économiques du groupe pour l’ensemble de l’année 2018. Des résultats qui, comme vous le verrez, sont bons mais aussi déséquilibrés d’un continent à l’autre.

Les produits lancés ou présentés

Pas grand-chose à se mettre sous la dent en 2018 en terme de produit  majeur. Ici, nous n’aurons que du pur et dur américain. En début d’année ont en effet eu lieu les lancements des nouveaux Wrangler, en version 2 et 4 portes (Unlimited) sans oublier les variantes cabriolets de ce tout-terrain 100% Yankee. De même, le nouveau pick-up RAM de 5e génération a aussi été un événement d’ampleur de l’autre côté de l’Atlantique.

En fin d’année 2018 a été dévoilée la version pick-up du Wrangler appelée Gladiator et, il y a quelques semainesà Détroit la version HD (Heavy Duty) du pick-up RAM, véritable monstre de la route !

En dehors de cela ? A part mentionner les restylages des Cherokee, Renegade et 500X (enfin une « nouveauté » européenne !) et le lancement des nouveaux moteurs Firefly en 1.0 Turbo 120 ch et 1.3 Turbo 150 et 180 ch, rien à signaler. Cela a été une année calme, pour ne pas dire morte…

Résultats financiers globaux

Pour l’année 2018, le groupe FCA a annoncé un chiffre d’affaires (CA)  de 115.4 milliards d’€, un chiffre en hausse (+4 %) par rapport à l’an dernier (110.9 milliards d’€), du à une hausse des ventes, des prix plus élevés et un mix favorable des ventes.

Le bénéfice d’exploitation ajusté (Ebit), c’est-à-dire avant intérêts et impôts, s’établit, lui, à presque 7.3 milliards d’€ , soit + 3 % par rapport à l’an dernier. Un record pour le groupe. La marge liée à ce bénéfice s’élève à 6.3 % (contre 6.4 % l’an dernier).

Le bénéfice net, lui, s’établit à 5 milliards d’€, contre 3.8 l’an dernier, soit + 34 % sur un an !

Les liquidités disponibles (trésorerie cash et lignes de crédit) s’établissent à 21.1 milliards (contre 20.4 milliards fin 2017). La trésorerie nette en cash est, quant à elle, à 1.872 milliard d’€, contre une dette l’an passé de 2.4 milliards d’€. Résultat de la volonté d’éliminer la dette structurelle du groupe par feu Sergio Marchionne.

Enfin, les livraisons du groupe sont en augmentation, avec 4.8 millions d’untiés écoulées en 2018, soit 102 000 de plus que l’an passé, une hausse due aux marchés nord et sud américains. Malgré tout, les ventes réalisées en joint-ventures se sont fortement tassées, avec 187 000 véhicules (contre 317 000 en 2017). A croire que la Chine n’est pas l’Eldorado escompté…

 

Les marchés du monde : quelles zones de force ?

Concernant les différents marchés du monde, voici leurs résultats et l’analyse qui va avec :

La zone EMEA

Sur le marché de la zone EMEA (Europe, Afrique du Nord, Moyen-Orient), le CA est stable, à 22.8 milliards d’€. Malgré des ventes en baisse, le mix véhicule est mieux orienté (merci Jeep !), ce qui permet au CA de rester stable.

Concernant les ventes, elles sont en légère baisse, passant de 1 486 000 véhicules l’an passé à 1 428 000 pour le 1er trimestre 2018, la cause en incombant à la chute du groupe sur le marché italien (-20%), Italie où la part de marché de FCA régresse.

La part de marché du groupe régresse légèrement sur l’ensemble du marché européen, passant de 6.6 % à 6.5 % pour les véhicules particuliers.

Le groupe souligne que les livraisons sont en hausse pour Jeep (+49 %), hausse contrebalancée néanmoins par la baisse de Fiat (-10 % et un peu plus de 700 000 ventes en Europe en 2018).

En ce qui concerne les VUL (véhicules utilitaires légers), les ventes sont en baisse de -6 %, baisse majoritairement imputée à la faiblesse du marché turc, souligne le groupe. La part du groupe FCA dans les utilitaires légers passe quant à elle de 11.4 à 11.1 %.

Enfin, la marge ajustée du groupe sur le bénéfice d’exploitation (Ebit) est très faible, à 1.8 % contre 3.2 % en 2017.

La Zone NAFTA

La zone nord-américaine, elle, voit s’établir son CA bondir à nouveau, passant de 66.1 milliards en 2017 à 72.4 milliards en 2018, soit +14 % sur un an, avec des ventes en hausse et une amélioration sur les prix nets des véhicules.

Les ventes, quant à elles, augmentent aussi pas mal, passant de 2 412 000 véhicules en 2017 à 2 534 000 en 2018. 

Ce chiffre représente plus de la moitié des ventes du groupe FCA !

Ainsi, dans sa présentation des résultats, on notera que le marché des USA voit les ventes du groupe se trouver en augmentation de +9 %, quand le Canada baisse, lui, de -16 % et le Mexique de -13 %. Du côté des marques, Jeep augmente de + 16 % en Amérique du Nord, grâce aux Compass, nouveaux Wrangler et Cherokee, alors que RAM augmente de +4 %. Chrysler baisse de -13 % et Dodge de -4 %.

Par ailleurs,  la part de marché progresse dans la zone NAFTA, passant de 11.4 % à 12 %.

Au USA, la part de marché globale du groupe est à 12.6 %, un pourcentage en hausse. La part de marché du groupe dans les ventes au détail s’affiche à 12.3 % en 2018. Il occupe la 4e place du marché des USA. Jeep frôle aux USA la barre du million d’unités et RAM affiche environ 537 000 ventes en 2018.

On notera qu’Alfa Romeo a une part de marché aux USA de 0.7%.

Enfin, le septième constructeur automobile mondial a fait état d’une marge opérationnelle ajustée de 8.6 % en 2018 en Amérique du Nord contre 7.9 % un an auparavant, la cause de cette hausse de la marge incombant certainement à la décision de FCA de vendre davantage de camions et de SUV en Amérique du Nord que de berlines.

 

La Zone LATAM

En Amérique du Sud, la situation est là aussi à la hausse par rapport à l’an passé.  Le CA augmente légèrement à 8.2 milliards d’€ (contre 8 milliards l’an passé ), avec une hausse des ventes de +12 %, un bon mix de véhicules et des prix bien placés.

Les ventes augmentent aussi, à 566 000 unités écoulées (contre 513 000 l’an passé), soit +10% en un an, notamment grâce aux Fiat Argo et Cronos ainsi qu’aux Jeep Renegade et Compass, qui compensent la baisse des autres modèles. La part de marché du groupe en zone LATAM est de 12.8% en 2018 (contre 12.4% l’an passé).

Le Brésil a été un marché où FCA a écoulé 434 000 véhicules (soit +14%) et possède une part de marché de 17.5 %. Dans le même temps, le groupe insiste sur la faiblesse du marché argentin, où les ventes auront baissé de -6 % pour le groupe, à 99 000 unités. Cependant, la part de marché progresse à 12.8 %, signe que les concurrents font encore moins bien.

Jeep demeure au Brésil leader des SUV avec 21.2 % de part de marché dans ce segment. Le tout nouveau Compass y est, comme on l’a dit, toujours l’une des meilleures ventes du marché brésilien.

Enfin, le septième constructeur automobile mondial a fait état d’une marge opérationnelle ajustée de 4.4 % sur les marchés brésilien et argentin contre seulement 1.9 % un an auparavant. Une bonne nouvelle, donc.

 

La zone APAC

Sur le marché de la zone Asie-Pacifique, le talon d’Achille du groupe, qui s’y est installé tardivement et parfois difficilement, le CA est en baisse de -13 % à 2.7 milliards d’€ contre 3.3 milliards d’€ l’an passé.

Les ventes ont, elles aussi, chuté à 228 000 unités, dont 142 000 issues de sa joint-venture avec GAC en Chine, la production locale étant assurée exclusivement par Jeep. Le segment des SUV ayant baissé de -8% en Chine. Le groupe fournit comme explication la faiblesse du marché chinois et la compétition de plus en plus importante sur ledit marché.

Par ailleurs, la part de marché stagne à 0,8 % !

 

Le groupe FCA prévoit en 2019 une baisse des marchés européen et nord-américain et une stagnation en Amérique du Sud. Rien de bien affriolant.

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TBI 1750
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TBI 1750

Alors qu’ils ont du cash maintenant qu’est ce qu’is attendent pour investir et enfin développer,construire et commercialiser des Fiat,Alfa,voire Lancia,en Europe,que les clients attendenwt.

Jérôme
Invité
Jérôme

Intéressant. Le plus frappant, au-delà du volume de ventes par zone, est le taux de marge. En gros aux Etats-Unis ça vend beaucoup avec de grosses marges (donc du gros modèle) et en Europe ça vend moyen avec de petites marges. Or il n’y a pas 50 solutions pour améliorer la copie : faire du volume à petite marge et/ou vendre du premium à grosse marge. En fait c’est un mid des deux qui est nécessaire. Je n’invente rien et il suffit de constater l’extrême pauvreté des gammes Fiat, Alfa et Maserati pour rapidement comprendre que ce n’est pas en continuant comme ça qu’ils sortiront de l’ornière. Monoculture 500 chez Fiat, un seul SUV chez Alfa, modèles préhistoriques chez Maserati, il manque au moins 4 nouveautés par marque pour regagner de la visibilité, surtout en premium

Fredo
Invité
Fredo

Pour améliorer les marges et vendre plus cher, il faut que la qualité de présentation et les prestations soient meilleures (motorisations, transmission, ressenti au volant, confort…). Les finitions hautes sont plébiscitées chez Fiat France, il faut en proposer un peu plus en se mettant à jour par rapport à la concurrence. Je suis certain que des investissements contenus le permettraient (tout en réalisant des économies d’échelles en rationalisant la production)…

Grez
Invité
Grez

C’est la que l’on voit tout le travail de Sergio Marchionne. La situation est maintenant très bonne et je pense que les investissements viendront rapidement.

Fredo
Invité
Fredo

La situation financière est bonne mais les clients partis… il va falloir faire plus que de produire de nouveaux modèles attractifs, la relation est entièrement à reconstruire (en particulier chez Fiat). J’espère que le réseau sera particulièrement performant et soutenu…

carreta
Invité
carreta

Il va falloir rebondir tout a fait mais quel travaille de Sergio Marchionne depuis 2009 ,10 année, plus de dette enfin et des modéles qui vont arriver sans aucun doute . (clapping)

Claudio
Invité
Claudio

Bonne nouvelle, en général. Maintenant, il va falloir présenter de nouveaux modèles quasi dans chaque branche, ce n’est pas nouveau. Ces résultats sont la preuve que les produits sont bons, seule l’image, en France particulièrement, est dégradée par un SAV déficient, un accueil plus que perfectible. Il y a un TRES gros travail là-dessus…Croisons les doigts que les bonnes solutions soient trouvées

Mortimer
Invité
Mortimer

Le patron de FCA, Mike Manley, et le responsable Europe du groupe, Pietro Gorlier, ont annoncé un plan de plus de 5 milliards d’euros d’investissement entre 2019 et 2021 dans ses usines italiennes. Ils ont également annoncé le lancement de 13 modèles nouveaux ou redessinés, ainsi qu’un engagement dans l’hybride et l’électrique. https://www.lepoint.fr/automobile/fiat-fait-un-geste-pour-l-italie-30-11-2018-2275542_646.php

Alexandre F.
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