L’Instant Nostalgie n°12 : Fiat Turbina, un rêve sans lendemain

Avant de commencer, je tiens à vous dire comme je regrette de ne pouvoir mettre à jour plus souvent la rubrique « L’ Instant Nostalgie ». Mais nous sommes tous pris par des contraintes permanentes et rédiger de tels articles me prend énormément de temps. Aussi, je profite d’un moment où je n’ai rien à faire pour faire reparaître la rubrique. En espérant que je ne remette pas 4 mois à créer un autre article… Promis, j’essaierai !

Quoi qu’il en soit, une fois n’est pas coutume, nous parlerons dans cet Instant Nostalgie d’un prototype, un véhicule de rêve, destiné à mettre en avant les compétences d’un constructeur, mais qui ne passa jamais le cap de la production en série. Ce prototype, c’est celui de la Fiat Turbina, présenté en 1954, soit il y a plus d’un demi-siècle, et qui ne semble pas avoir vieilli !

Alors, c’est parti, place à la Turbina !

D’abord, une turbine, c’est quoi ?

Il faut avouer que dans les années 50, les constructeurs automobiles s’intéressent à un autre mode de propulsion que le traditionnel moteur à pistons. Nous sommes alors après-guerre et une révolution aéronautique se fait jour. Les avions utilisent un tel système, qui fait ses preuves dans les airs avec talent. Alors, de nombreux constructeurs, curieux et désireux d’imiter ce qui semble alors très prometteur, se lancent dans des études spécialisées sur le sujet. Fiat n’y échappe pas et se lance alors dans la course, initiée dès 1948 par… Rover !

Rover T1 Jet 1 Modèle 1952

Ce prototype anglais étrennait sur 4 roues la recherche sur le moteur à turbine, développée pour l’aviation dès la 2nde Guerre Mondiale.

 

Mais qu’est-ce qu’un moteur à turbine ?

 

C’est un moteur qui fonctionne à un rythme bien plus élevé qu’un moteur à pistons classique. Le principe est simple. L’arrivée d’un fluide (liquide comme l’eau ou gazeux comme l’air, la vapeur ou un gaz de combustion) entraîne un arbre sur lequel sont fixées les aubes de la turbine. Dans l’aviation par exemple, l’arrivée de la masse d’air crée une force de poussée qui, par réaction, va propulser l’avion. Bon, là, je fais simple car je ne suis pas ingénieur et que la mécanique m’est indifférente. Mais vous avez compris le principe.

Bref, toujours est-il que le moteur à turbine fonctionne à un rythme bien plus élevé qu’un moteur à pistons, et qu’il consomme bien plus aussi ! Les travaux post 2nde Guerre Mondiale porteront d’ailleurs sur l’idée de réduire les consommations. Sans compter la nécessaire adaptation d’un très rapide mouvement de turbine à des roues de voiture.

Malgré l’engouement pour ce qui est considéré comme l’avenir de la propulsion automobile à l’époque, les difficultés sont nombreuses. Consommation gargantuesque, bruit important, lenteur de réponse à l’accélération (et oui !), absence de frein moteur, placement de ce type de moteur, souvent assez imposant, à l’arrière pour ne pas gêner les passagers à cause du dégagement de chaleur à l’échappement. Bref, on n’y croit pas autant qu’on voudrait bien le croire !

Et rapidement, une marque comme Rover passe à d’autres sujets sans paraître laisser tomber l’affaire…

Et la Turbina dans tout ça ? 

Chez Fiat aussi, on s’intéresse au moteur à turbine. Mais les études prennent plus de temps et le modèle, dénommée efficacement et simplement Turbina, est officialisé en 1954 ! Elle effectue ses premiers tours de roues sur le toit du Lingotto, là où se trouve la piste d’essais des véhicules fabriqués dans l’usine.

A l’époque, Fiat produit aussi des moteurs d’avions, l’entreprise étant alors tentaculaire. Aussi, le moteur à turbine est quelque chose qui lui paraît essentiel, même si la priorité des ingénieurs est l’utilisation et le perfectionnement de ce type de moteur au domaine aéronautique. Le fait de proposer un dérivé parallèle à l’automobile vient seulement de la volonté de ne pas se faire distancer par la concurrence de l’époque. « J’avais peur que, dans la course au progrès qui avait été accéléré par les technologies nouvelles en temps de guerre, nous aurions été dépassés par d’autres », déclara un jour Dante Giacosa, à l’époque directeur technique du groupe Fiat depuis 1945.

Cette turbine dénommée « Fiat Tipo 8001 » est alimentée au gaz. Le schéma de fabrication est le suivant : Ce « moteur » est équipé d’un compresseur à deux étages, d’une turbine à deux étages, d’une turbine motrice et d’un groupe réducteur qui permet de transmettre le mouvement aux roues. Pas simple à comprendre mais techniquement efficace.

Le moteur est implanté à l’arrière, aussi bien à cause du dégagement de chaleur dont nous avons parlé, que parce que ce type d’architecture automobile est la règle pour beaucoup de marques dans les années 50. Il est évidemment équipé d’un réducteur qui permet de ralentir la vitesse de rotation entre la turbine et les roues arrière motrices.

La carrosserie est le fruit de l’inspiration du Centro Stile Fiat, soit un design maison. Le but est alors de mettre en adéquation la technique poussée et l’arodynamique du véhicule. D’où cette forme extraordinaire, avec notamment 2 ailerons verticaux arrière destinés à stabiliser le véhicule à haute vitesse. Le cockpit forme une véritable bulle, stricte 2 places, destinée à encapsuler au mieux les passagers et lui éviter le bruit encore trop important de la turbine en mouvement.

Quoi qu’il en soit, l’aérodynamique est excellente, le Cx (coefficient de pénétration dans l’air), étant extrêmement bas, à seulement 0.14. Un record !

Fiat fait évidemment la publicité de ce véhicule qui semble tout droit sorti du futur.

Présente au Salon de l’Automobile de Turin en avril 1954, il attire l’attention de la foule, d’autant que Fiat l’a doté d’éléments dignes d’un véhicule de série, tels des phares escamotables. De quoi renforcer son attrait et son allure futuriste.

Au moment du dévoilement à la presse, le moteur Fiat développe 150 ch pour un régime de turbine à 22 000 tours/minute, soit 180 km/h en pointe. Des valeurs volontairement conservatrices car plusieurs années plus tard, après des développements supplémentaires, le moteur tirait 300 ch pour une vitesse annoncée à plus de 250 km/h et un poids à vide de seulement 1050 kg.

Encore aujourd’hui, elle ne dépareille pas. Visible au Musée de l’Automobile de Turin, elle arbore toujours une fière allure et attire de nombreux visiteurs, qui admirent la belle. J’en ai fait partie, pour mon plus grand plaisir (le Musée dans son ensemble est superbe, je vous le recommande !)

 

Et pou finir une touche légère, j’ai toujours trouvé que la Turbina avait un petit air de Nemo, pas vous ?

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2 commentaires à propos de L’Instant Nostalgie n°12 : Fiat Turbina, un rêve sans lendemain

Bob27 dit : S'abonner 28 October 2018 à 20 h 47 min
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Super le journal

  • Fiat 500l de 1973
2300 dit : S'abonner 30 October 2018 à 11 h 25 min
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En amateur de fiat ancienne, je me rejoui de cette article qui demontre ce que fiat ete dans les annee 50 60 .Ne pas oublie le centro storico a Turin . Et Renault avec l etoile filante ,Des marques qui ont fait ce que l automobile est devenue .

  • 130 238 1100 etc ..

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