Instant Nostalgie n°11 : les supercars de Ferrari !

Après une trop longue absence, l’Instant Nostalgie est de retour ! Et pas avec n’importe quoi ! Aujourd’hui, il sera question de la marque la plus mythique au monde – Ferrari – et de ses bolides les plus mythiques et cumulant les superlatifs, correspondant à la catégorie des supercars actuelles. Petit tour d’horizon de ces véhicules aussi prestigieux qu’intemporels, faisant toujours fantasmer les foules et qui ont durablement marqué l’histoire de la marque au Cavallino Rampante.

Ferrari 288 GTO (1984-1985) : inspiratrice d’une lignée

En effet, commençons par le commencement. Avant de parler des modèles phares qui nous intéressent aujourd’hui, quelques mots sur celle qui marqua la genèse de cette histoire : la 288 GTO.

En effet, au début des années 80, Enzo Ferrari, patron de la marque, concentre ses efforts sur la compétition et surtout sur la Formule 1. Malgré tout, il existe un vide sidéral entre les véhicules courant alors sur circuit et les véhicules commercialisés auprès des clients, même pour Ferrari ! Aussi pressent-il le besoin de développer un véhicule nouveau, conforme à la définition des véhicules FIA Groupe B, c’est-à-dire compétitive sur route comme sur circuit et respectant la règle principale : être produite a minima à 200 exemplaires. Ferrari s’attelle donc à la tâche et conçoit la 288 GTO, commercialisée en 1984.

L’occasion par ailleurs pour la marque au Cheval Cabré de ressortir un sigle prestigieux : GTO (pour « Gran Turismo Omolagato »), appellation toujours utilisée aujourd’hui.

La  288 GTO (dotée d’un V8 longitudinal de 2.8L, d’où son nom) est à l’époque une voiture à double visage. Capable de cruiser gentiment sur les bords de la Riviera mais aussi bête de sport, montant jusqu’à 304km/h en vitesse de pointe et franchissant les 100km/h en 4,8 . Elle développe 400 ch à 7 000 tours/min.

Malgré tout, à cause d’accidents mortels, la FIA décide dès 1986 de stopper les courses en groupe B. Ce qui n’empêcha pas la belle Ferrari de voir sa carrière ternie, les 200 exemplaires ayant tous été pré-vendus avant même leur commercialisation et Ferrari rajoutant 72 unités supplémentaires pour combler une part de la forte demande. Une Ferrari qui ne fut vendue qu’en… rouge !

En 1985, après avoir lancé sa 288 GTO, Ferrari cherche à développer la version Groupe B de la voiture. Elle fut nommée GTO Evoluzione. Coupée de son élan à cause de l’arrêt de ce type de catégorie sportive, seulement 5 exemplaires furent produits. Imaginez leur cote aujourd’hui ! Le véhicule proposait alors 650 ch pour seulement 940 kg. Le 0 à 100 km/h était expédié en 4 s et la vitesse max s’affichait à 369.8 km/h.  Une véritable bête !

Ce véhicule ne courut jamais aucune course mais servit de base à la future F40. Rien que visuellement déjà, on note une ressemblance…

Ferrari F40 : (1987-1992) : un très bel anniversaire !

En 1987, Ferrari présente sa nouvelle diva, succédant alors à la 288 GTO, disparue en 1985. L’an dernier, en 2017, la véhicule a soufflé ses 30 ans et se trouve toujours considéré comme une des meilleures Ferrari de l’histoire de la marque ! Déjà à l’époque, la F40 fêtait les 40 ans de la marque (d’où son nom !), fondée en 1947 par Enzo Ferrari. Bref, la Ferrari F40 fait date dans l’histoire du Cheval Cabré ! A noter que c’est aussi le dernier modèle entièrement supervisé par le Commendatore, qui s’éteint en 1988, à l’âge de 90 ans…

Comme la 288 GTO, la F40 est pensée pour la route comme pour le circuit. Elle est donc légère et ne pèse que 1 100 kg. Un exploit rendu possible par le choix des matériaux dans la conception, la F40 recevant un châssis en treillis d’acier et une carrosserie en composite et Kevlar collé.

A l’intérieur aussi, la chasse aux kilos se fait sentir. La présentation est minimaliste, les matériaux sont consciencieusement choisis et le superflu est abandonné. Ainsi des portières sans parement. Notez sur la photo ci-dessous qu’un simple fil sert à ouvrir la portière !

La voiture est conçue pour la performance et les sensations pures. Elle affiche 300 km/h en vitesse de pointe et le 0 à 100 km/h est parcouru en 4.1s. Elle est aussi la première Ferrari à dépasser la barre des 300 km/h ! En même temps, avec un V8 2,9 litres biturbo de 478 chevaux alimenté par 2 turbocompresseurs, il y a de quoi réussir n’importe quel exploit à l’époque ! A l’époque, la F40 est la voiture la plus rapide, la plus chère et la plus puissante de l’histoire de l’automobile !

Comme vous l’avez par ailleurs noté un peu plus haut, la 288 GTO Evoluzione a servi d’inspiration au design de la F40. Paresse stylistique ? Non ! Il s’agit avant tout de rechercher la meilleure poussée du véhicule et le meilleur coefficient de pénétration dans l’air possible. Ainsi, avec un Cx de 0.34, le résultat est excellent et aide aux performances de la voiture. Le design est ici au service de la performance. Voilà le pourquoi de la présence de cet énorme aileron, qui plaque la voiture au sol (surtout à 300 km/h !) et le pourquoi de ces feux escamotables, qui évitent les turbulences et font pénétrer au mieux le véhicule dans l’air pour filer à forte allure !

Ce modèle est alors dépourvu d’ABS, de direction assistée et de la moindre aide électronique ! A ne pas mettre en toutes les mains donc…

Affichée à l’époque à 1 719 900 francs, soit plus de 200 000€, c’est une somme importante à l’époque (mais c’est le prix d’une « petite » Ferrari d’aujourd’hui !!). Un prix qui n’a de toute façon jamais freiner les acheteurs, sans compter la spéculation dont a joui ce modèle… Sa cote actuelle est estimée aux alentours du million d’€ !

La voiture fut produite à 1 311 exemplaires en tout, entre 1987 et 1992.

Ferrari F50 : (1995-1997) : philosophie inverse ?

Comment succéder à une mythique F40 qui cumula autant de superlatifs et qui entra immédiatement au Panthéon de Ferrari ? La tâche est ardue car le nouveau véhicule risque immanquablement de devoir soutenir la comparaison avec son aïeule.

Pourtant, Ferrari n’hésite pas à lancer moins de 3 ans après la F40, une nouvelle génération de supercar dénommée… F50 ! Mais ici point d’anniversaire à honorer à travers ce nom qui sent bon la facilité marketing, puisque le 50ème anniversaire de la marque n’est alors fêté qu’en 1997, soit au moment de la fin de carrière de la F50…

Dès le début, le véhicule est un modèle de prestige, d’autant qu’il est immédiatement en une petite série, très limitée, de 349 exemplaires ! Elle est donc 3 fois plus rare qu’une déjà rarissime F40 et deux fois plus chère puisqu’à son lancement, elle se monnaye contre un chèque de de 2,7 millions de francs, soit un peu plus de 400 000 €.

Si la F40 était un véhicule quasiment parti d’une feuille blanche, véritable exercice d’homologation (malgré quelques options techniques reprises de la 288 GTO et un design ressemblant), la F50, elle, est très fortement inspirée du monde de la compétition automobile et bénéficie des technologies directement développées pour la course en termes de performances mécaniques. Une véritable Formule 1 sur route, dérivant de solutions éprouvées et victorieuses à la fois en épreuves d’endurance et en Formule 1.

La F50 offre une structure monocoque (à l’exception du toit amovible), réalisée en matériaux composites, notamment kevlar et fibre de carbone !

Dénuée d’aides électroniques à la conduite, la F50 se pilote et privilégie les performances. Le confort est relatif (pas d’isolant entre le moteur, placé en position longitudinale arrière, et les passagers). La clim est malgré tout offerte (le conducteur étant placé juste devant le V12, il vaut mieux !). L’intérieur reste classique malgré tout.

Techniquement, malgré certaines technologies de pointe (structure globale, suspensions de course, ensemble moteur/boîte boulonné à la coque…), quelques traditions classiques perdurent comme la présence d’une boîte manuelle et des freins Brembo (les freins en céramique ayant été jugés trop peu fiables). En revanche, côté moteur, adieu V8 turbocompressé ! La F50 s’en remet à un V12 atmosphérique, développant 520 ch à 8 500 tr/min. La vitesse max s’établit à 320 km/h. Si, dans l’absolu, ce sont des valeurs remarquables pour l’époque, on remarquera que l’évolution par rapport à la F40 est assez faible côté performances, en partie due à son poids supérieur ( + 150 kg par rapport  à la F40) et une hausse de puissance entre les deux générations contenue ( 478 ch pour la F40 et 520 ch pour la F50).

Enfin, le design a déçu de nombreux Tifosi, la cause en incombant à plus de rondeurs et de multiples prises d’air sur l’avant, quand l’arrière est davantage proche de la F40.

Malgré tout, la F50 permet de faire perdurer une lignée de supercars qui s’établit alors, y compris parmi la concurrence, et montre les acquis techniques de la Scuderia. On doit aussi à la F50 la tradition instaurée par Ferrari de limiter strictement la production de ses véhicules, a contrario de la F40, garantissant ainsi une très solide valeur en occasion avec une stratégie d’exclusivité tout à fait assumée.

Ferrari Enzo : (2002-2004) : Le Commendatore peut être content !

Au Mondial de Paris 2002, Ferrari attire les regards et les objectifs des caméras. Voilà une nouvelle supercar ! Elle porte le nom du Commendatore, Enzo. Un très bel hommage pour un homme qui a créé sans conteste la marque la plus désirée et la plus convoitée du monde ! N’attendons plus et faisons le tour du véhicule.

D’abord, l’Enzo est dotée d’un moteur V12 atmosphérique, comme ce fut le cas de la F50. Il développe 660 ch. Un bond en avant par rapport à la précédente F50 (520 ch). Conformément à la stratégie Ferrari, la belle (ou la bête ?) est directement inspirée de l’univers du sport et de la Formule 1 et tutoie les sommets en terme de performances. De même, elle est vendue en une série limitée de 399 exemplaires, entre 2002 et 2004. Un 400ème exemplaire sera offert au Vatican pour une oeuvre de charité. (Non, ce n’était pas la nouvelle Papamobile !)

Dessinée par Pininfarina (et plus précisément par le Japonais Ken Okuyama), le véhicule se passe d’aileron arrière grâce à un fond plat et un très large diffuseur arrière (comme vous pouvez le voir ci-dessus), conçu pour plaquer la voiture au sol à haute vitesse. Les prises d’air avant offrent la même fonction et celles situées à l’avant des roues arrière permettent de refroidir le moteur, les freins et les pneus.

Quelques clins d’oeil rappellent également la compétition et la F1, à l’image des écussons Scuderia sur le côté et l’unique essuie-glaces avant.

Enfin, stylistiquement, on note l’apparition de 4 feux arrière directement enchâssés dans la carrosserie, un trait que l’on retrouvera par la suite dans de nombreuses Ferrari.

Côté moteur, le V12 cube 6 litres de cylindrée. Elle est la première Ferrari à dépasser la barre des 600 ch, avec une puissance exacte maximale de 660 ch, à 7 800 tours/min. Le moteur de l’Enzo, qui ne reprend rien de celui de la F50, est un concentré de radicalité et de puissance pure. Ses performances sont alors exceptionnelles pour une voiture de route. La vitesse maximale est assurée à 363 km/h et le 0 à 100 km/h s’effectue en 3.2s et le 0 à 200 km/h en 9,6 secondes ! Enfin, le 1 000 m départ arrêté est quant à lui réalisé en 19,6 secondes !

La transmission, quant à elle, est une séquentielle semi-automatique avec des palettes au volant, marquant là aussi une rupture par rapport à la F50. Elle est du même type que celles utilisées dans les F1. Sur le tableau de bord, très sportif,  une série de LED indique au conducteur le moment approprié pour changer de rapports. Du bel ouvrage pour l’époque et une sportivité assumée ! A l’intérieur toujours, même si le visuel est raffiné, on sent que la chasse aux kilos a été très présente. Ici, pas de clim, de vitres électriques ou de radio. Tout est tourné vers la performance pure. Néanmoins, on notera que la voiture est équipée d’un ordinateur de bord, situé à gauche des compteurs, affichant des informations inédites pour l’époque telles que la pression d’huile et celle des pneus.

Une véritable supercar qui colla à l’époque une claque à la concurrence, par le choc de sa silhouette et son contenu technologique.

Ferrari LaFerrari ( Depuis 2013) : un digne successeur…

Il aura fallu attendre 9 ans pour voir poindre un successeur à l’Enzo. C’est au Salon de Genève de 2013 qu’est dévoilée la LaFerrari. Passé l’interrogation du nom, qui ne donne pas envie du tout, force est de constater que la belle a encore réhaussé le niveau des supercars !

Propulsée par un V12 de 6.3 litres de cylindrée, il développe 800 ch. Mais comme si cela ne suffisait pas, le moteur est accouplé à un système directement issu de la Formule 1 et baptisé Hy-Kers, système électrique de récupération de l’énergie cinétique, offrant un surcroît de puissance de 163 ch, pour un total cumulé de 963 ch ! Presque 1 000 ch ! Pour une puissance supérieure à 350 km/h. Sans oublier que la LaFerrari ne pèse que 1 370 kg (grâce à des matériaux composites et une chasse au poids pour améliorer les performances plutôt que d’augmenter la puissance), soit un rapport poids/puissance de 1,7 kg/ch, ne peut-on se dire que l’on atteint là la catégorie des hypercars ?

Dessinée non par Pininfarina mais par les équipes internes de Ferrari, la production sera limitée à 499 exemplaires, vendus au prix unitaire de 1 250 000 euros. Des exemplaires qui ont tous été vendus !

En 2016, une version découvrable baptisée LaFerrari Aperta (pour « ouverte » en italien) fait son apparition, à raison de 200 exemplaires (+9 réservés à l’usine) pour des caractéristiques techniques semblables au coupé. Tous les exemplaires ont été vendus avant même sa présentation…

Nul doute, Ferrari a su créer et entretenir une race mythique de véhicules, de ceux réservés à une toute petite élite mais qui font rêver des générations entières. Les supercars Ferrari, un mythe roulant.

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3 commentaires à propos de Instant Nostalgie n°11 : les supercars de Ferrari !

Grez dit : S'abonner 25 May 2018 à 12 h 01 min
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Quel plaisir de lire ces articles. Je ne voyais pas la Enzo aussi «  vieille » et la F50 avait hanté mes rêves pendant très longtemps. Très clairement, Ferrari est une marque à part dans le paysage automobile. Merci pour l’article :)

    alexandre dit : S'abonner 27 May 2018 à 11 h 40 min
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    Merci pour ce commentaire agréable et merci à Frédéric de prendre le temps de rédiger les articles "instant nostalgie" qui ont du succès ! :)

      frederic dit : S'abonner 28 May 2018 à 19 h 19 min
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      De rien ! Je le fais toujours par plaisir (pour moi et pour les autres) et je suis heureux que cela ait du succès. En plus, avec un petit message de reconnaissance, cela fait encore plus plaisir ! Merci beaucoup ! ^^

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