Voiture de l’Année 2018 : Stelvio, l’humiliation !

Le verdict est tombé il y a quelques minutes et c’est le Volvo XC40, nouveau crossover premium de la marque suédoise qui a été couronné « Voiture de l’Année 2018 », concours très disputé et très médiatique, notamment organisé par l’Automobile Magazine qui fait partie des membres « historiques » de ce concours.

Pour rappel, chaque membre du jury doit décerner 25 points à au moins 5 des 7 voitures, avec un maximum de 10 points sur un seul modèle. Les critères de sélection sont le design, le confort, la sécurité, l’économie, le comportement routier, la performance, la fonctionnalité, la performance environnementale, le plaisir de conduite et le prix. Sont également pris en compte l’innovation technique et le rapport qualité-prix.

Pour rappel, l’Alfa Romeo Giulia, sur la même plate-forme que le Stelvio, a fini 2e l’an dernier, juste derrière le 3008 II.

Pourquoi est-ce une humiliation ?

Oui, pourquoi ? Perdre n’est pas grave et la concurrence acharnée, me direz-vous. Certes, mais là, je me permets de parler d’humiliation pour de nombreuses raisons :

1- Le Stelvio dernier du classement !

Oui, c’est la douche froide ! Pour moi qui ait suivi l’élection en direct, la désillusion s’est jouée en 5 étapes, crescendo dans le vibrato. D’abord, voir le nom du XC40 lauréat du concours. Mais on se dit que c’est le jeu. Alors on attend le reste du podium et on voit que le Stelvio n’y figure pas. On se remémore la Giulia et on se dit que ces italiennes étaient pourtant si proches. Du coup, on se dit que le Stelvio a moins surpris le public et les jurés que la berline, qu’il était davantage attendu et que ces derniers l’ont un peu boudé. Dès lors, on attend la suite du classement en espérant un résultat honorable. Et on voit alors défiler les modèles et leurs nombre de points sans cesse décroissant. N’en restait que deux, pas encore tombées officiellement : le Stelvio et l’A8. La limousine allemande étant de facto contrainte au fond du classement par ses prix prohibitifs et contraires à l’esprit relativement démocratique de ce concours, je supposai le Stelvio 6e. La déception fut encore plus forte. Moins bon que la MiTo en 2009 (5e) alors que le nouveau SUV premium était censé avoir marqué les esprits… Mais la descente émotionnelle fit encore un saut vers le bas quand j’ai lu que même l’A8 l’avait dépassé ! Dernier, bon dernier, boudé, décliné par les spécialistes (ce qui n’en fait pas une mauvaise voiture, ayant déjà été sélectionnée dans la finale, j’en conviens…) Mais tout de même. passer de 2e en 2017 à dernier en 2018. Le malaise fut chez moi palpable, la déception grande, les interrogations ouvertes !

Alfa Romeo Stelvio QV

Pour rappel, les résultats officiels qui viennent tout juste de tomber :

  1. Volvo XC40 :  325 points
  2. Seat Ibiza V:  242 points
  3. BMW Série 5 VII :  226 points
  4. Kia Stinger : 204 points
  5. Citroën C3 Aircross : 171 points
  6. Audi A8 IV : 169 points
  7. Alfa Romeo Stelvio : 163 points

Seulement 163 petits points ! Deux fois moins que le gagnant. Alors certes on peut se dire que l’on compare des choux et des carottes car les véhicules sont différents. Mais le jury est habitué à gérer cela en jugeant toujours les véhicules dans l’absolu et le relatif, par rapport à la concurrence directe du véhicule, afin d’être le plus équitable possible.

2 – Clairement, qu’est-ce qui a cloché ?

Essayons d’établir une liste des facteurs possibles de désamour :

1- L’effet Giulia ?

Comme dit plus haut, la présence de la Giulia l’an dernier n’a peut-être pas aidé à différencier le Stelvio. Très proches techniquement, dans leur philosophie et leur contenu, le Stelvio n’a peut-être pas assez marqué les esprits malgré une finition souvent jugée par les essayeurs auto comme un poil plus léchée que la Giulia, et une meilleure fonctionnalité par la présence d’un hayon… Cependant, on se rappelle aussi que si la 308 avait été élue en 2014, cela n’avait pas empêché son frère d’armes 3008 de renouveler l’exploit en 2017. Mais il était un peu plus novateur encore en conception et en style, moins attendu que le Stelvio par rapport à la Giulia…

D’ailleurs les deux véhicules qui peuvent être -à tort ou à raison – considérés comme de simples dérivés de modèles existants (Stelvio par rapport à Giulia, C3Aircross par rapport à C3), bien que favoris du public, ont été en réalité tous deux mal placés (respectivement 7e et 5e). Tous les autres véhicules étaient soient de réelles nouveautés qui arrivaient sur un créneau jusque là inexploré par la marque (XC40, Stinger), soit de toutes nouvelles générations de véhicules partant quasiment d’une feuille blanche(A8, Série 5, Ibiza).Mais là aussi, on notera que si la C3 avait fini l’an dernier à une médiocre 5e place, le C3 Aircross aura échoué au même niveau de classement. Ce qui n’a pas le cas de l’abysse séparant Giulia et Stelvio.

2- Des SUV trop boudés ?

On connaissait la frilosité du jury envers les SUV qui, bien que pesant 1/3 du marché, n’avait encore jamais été élue avant 2017 et le 3008 II. Mais ce n’est pas non plus cela que paye le Biscione. Cette année, 3 SUV concouraient (Stelvio, C3 Aircross, XC40) et ces deux derniers ont clairement été mieux placés, dont un a même été élu. La seconde fois en deux ans !

3- Un premium rebutant ?

C’est ce que l’on se dit depuis des années. Le premium n’a jamais primé dans ce concours qui se veut démocratique et représentatif du marché. Alors cela a pu jouer. Mais encore une fois, cela n’a pas empêché la Giulia de finir 2e l’an passé malgré son positionnement tarifaire et ses prestations d’un standing affirmé. Pire encore, c’est un SUV premium qui a été élu cette année (bien qu’un cran en-dessous du Stelvio !) Et cela n’a pas non plus empêché des modèles encore plus chers de finir plus haut dans le classement (Audi A8 6e et BMW Série 5 sur le podium, à la 3e place).

4- Un anti-italianisme ?

C’est volontairement provocateur même si on y pense toujours un peu, en particulier ces dernières années où le règne des véhicules franco-allemands fut un peu trop visible…

Mais pourtant, les faits sont là. Fiat a été la marque la plus primée de l’histoire de ce concours, comme le groupe italien dans son ensemble (Alfa et Lancia inclues). Les Alfa Romeo ont toujours charmé, surpris et ont toujours été aimées du jury et toujours bien placées (156 et 147 élues en 1998 et 2001, 159 3e en 2005, Giulietta et Giulia 2e en 2011 et 2017). Là non plus, donc, l’argument ne tient pas. Seule la petite MiTo avait finie à une peu avantageuse 5e place. Et encore, d’aucuns à l’époque notaient un véhicule attachant mais pas assez abouti, soit un résultat justifié. Mais là, le Stelvio ?

Au final, la déception est d’autant plus forte que le véhicule n’a pas de réel défaut et qu’aucune des volontés d’explication n’est suffisante à elle seule. Alors ? Alors, c’est peut-être l’ensemble de ces causes qu’il convient de retenir. Peut-être que le Stelvio, aussi beau, performant et abouti soit-il fut-il jugé trop proche d’une Giulia qui fut la première de cordée d’un retour révolutionnaire de la marque. Peut-être que ce SUV, à l’esprit premium, aura aussi pu rebuter par ses prix prohibitifs et n’aura-t-il été vu que comme une simple déclinaison de la Giulia, alors que les Alfa Romeo ont toujours réussi à surprendre et n’ont pourtant traditionnellement jamais eu à rougir de leurs scores en finale. Là, le cocktail n’a pas pris pour le jury…

Ce qu’il faut retenir aussi, au final, c’est qu’à travers le XC40, ce petit suédois venu du Nord et qui permet à Volvo de décrocher le titre pour la première fois de son histoire, c’est la marque tout entière qui aura finalement été récompensée pour ses années de travail et d’efforts maintenus, sans rien lâcher. L’aspect plus démocratique de ce petit SUV par rapport à de plus gros XC60 (non sélectionné) et XC90 (2e en 2016) ou même des berlines comme le duo S90 etV0 (4e en 2017) aura été l’occasion de saluer le véhicule en lui-même et la marque en général.

Alors, travailler encore et encore, sans rien relâcher, si Alfa Romeo y parvient, finira peut-être par être récompensé d’ici quelques années. C’est en tout cas le seul vecteur possible pour un réel retour de la marque dans les esprits et dans les carnets de ventes.

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vincent
Invité
vincent

ce classement est carrement honteux et surement trafiqué sa sent le pot de vin pour les juges (angry) (devil)

Grez
Invité
Grez

Effectivement ça fait mal. Après analyse, je ne pense pas que le prix sont en faute. Le XC40 n’est pas très bon marché avec des prix élevé qui peuvent même dépasser le Stelvio. Je pense que ce qui a joué en défaveur d’Alfa Romeo c’est comme dit dans l’article, le fait que Giulia et Stelvio sont beaucoup trop proche. Autant le retard de technologie et gadget peut être compensé sur une berline aussi sympa que Giulia mais beaucoup moins excusable sur un SUV. L’affichage tête haute, une alerte de franchissement de ligne qui agit sur le volant et pas juste un son d’alerte(la 500X en dispose par exemple…) les projecteurs full LED et des caméras 360 degrés sont indispensable sur ce segment. Les petits détails qui peuvent se pardonner sur une berline sont peut être rédhibitoire sur un SUV.

Alexandre F.
Administrateur

Et oui, l’excuse de dire « oui on veut juste faire des voitures au comportement sportif » ça ne va pas fonctionner pendant des années et sur toute la gamme ! C’était justement le seul bémol lorsque j’avais fait mon essai, une voiture pas geek https://www.italpassion.fr/8951-alfa-romeo-giulia-essence-200-ch-10-000-km-volant.html

Marco54
Invité
Marco54

« L’Alfa Romeo Stelvio est bon dernier des finalistes avec moitie moins de points que le SUV compact suédois. Sans doute un peu ingrat vu ses qualités indéniables. » – Le Blog Auto Bon, on est pas seuls à trouver ce classement plutôt honteux ! Pour les prochains modèles, le constructeur aura rattrapé son retard technologique, et la qualité intérieure sera en hausse avec les tests en chambre anéchoique chez Ferrari !

jmjbest
Invité
jmjbest

Pas dramatique comme affaire, le Stevio est considéré presque comme ;la version break d’une Giulia déjà primée reconnaitre que ce « petit » Volvo vraiment, en jette y compris l’intérieur (angel)

Stanislas
Invité
Stanislas

C’est vrai que le Stelvio est très proche de la Giulia. le résultat est étonnant (mais s’explique aussi par la volonté de ne pas primer une Giulia version SUV). Il n’en demeure pas moins que dans leurs catégories la Giulia et le Stelvio sont ce qu’il existe de mieux sur le marché, notamment pour le châssis. Il est faux de dire qu’Alfa Romeo aurait un quelconque retard technologique (sauf pour les geeks à la recherche de la dernière avancée technologique d’une utilité incertaine).

Jérôme
Invité
Jérôme

Pour moi il faut relativiser. Tout d’abord le Stelvio était quand même dans les 7 finalistes et d’autre part ce titre a de moins en moins de renommée. Et pas forcément d’impact sur les ventes d’ailleurs

santino
Invité
santino

bonjour quel dommage car pour moi le stelvio est le meilleur.

Stanislas
Invité
Stanislas

En attendant ils peuvent aller se coucher chez Porsche avec leur Macan qui n’avance pas: https://www.youtube.com/watch?v=CJTWplJ6Fo4 La vérité c’est que le Stelvio domine tous ses concurrents de façon systématique, quelque que soit la motorisation.

Stef
Invité
Stef

Est-ce qu’au moins tous les membres du jury ont essayé les voitures. Non mais, Citroën C3 😂😂😂 qui a envie de rouler avec une voiture comme cela ? Et surtout après avoir essayé le Slevio !!! Pour le Volvo je dis pas, très bonne voiture après c’est une question de goût… mais pas Citroën 😬😱