Instant Nostalgie n°10 : Fiat Dino, esprit Ferrari es-tu là ?

Voilà un anniversaire que nous aurons oublié. En 2017, la Dino Coupé, produit de luxe signé Fiat, a fêté ses 50 ans.

L’occasion de revenir dès à présent et sans plus tarder sur la destinée de ce modèle connu aujourd’hui des seuls passionnés d’automobile italienne.

Fiat Dino, d’où viens-tu ?

La Dino est un produit lancé en 1967 et vendu jusqu’en 1972. Son nom de « Dino » lui vient de Dino Ferrari, le fils du fondateur de la marque au Cheval Cabré, qui en a conçu le moteur. Un bien bel hommage donc, autant pour l’homme que pour la marque turinoise.

En effet, à l’époque, la marque de Maranello s’est lancée dans la Formule 2 (un championnat de monoplaces un cran en-dessous en terme de puissance (et d’image!) de la Formule 1 et qui a aujourd’hui disparu). Or, pour se lancer, il faut produire son moteur à au moins 500 exemplaires sur un véhicule de série pour obtenir l’homologation par les autorités de la Formule 2. Ainsi, après avoir produit et placé son moteur dans la Ferrari 206 GT, décision fut prise d’installer ces mêmes moteurs dans des véhicules beaucoup plus abordables : ainsi naquit le projet de Fiat Dino.

Il est à noter néanmoins que Dino Ferrari, le fils d’Enzo, n’aura jamais vu aboutir ce projet de moteur qu’il aura en partie porté. Il meurt prématurément d’une maladie génétique en 1956, à l’âge de 24 ans. Trop jeune pour voir concourir ses moteurs V6 Dino ni voir les marques ou modèles qui les étrenneront, dont notre Fiat objet de notre article d’aujourd’hui…

Fiat Dino, qui es-tu ?

D’abord, le seul point commun entre une Ferrari Dino et une Fiat Dino Coupé réside uniquement dans le moteur V6 de 2 litres. Le reste est différent.

Ainsi, l’implantation mécanique est totalement différente entre la Fiat et la Ferrari. Sur la Fiat, elle était plutôt classique avec un moteur V6 en long à l’avant et une propulsion arrière. Elle possédait un train avant à roues indépendantes et un train arrière avec un pont rigide, la boîte de vitesses comptait cinq rapports, un ensemble très convaincant pour l’époque, mais pas autant à la pointe qu’une Ferrari ou autre marque de luxe.

La puissance du moteur V6 de 1 987cm3, entièrement en aluminium avec ses quatre arbres à cames en tête, pouvait mettre en difficulté les pilotes néophytes avec des écarts du train arrière. La puissance délivrée était alors de 160 ch à 7 200 tr/min, avec de surcroît un empattement court de 2.25 m, faisant de la Fiat Dino une voiture très nerveuse voire très brutale.

A noter d’ailleurs que la première Fiat Dino qui fut présentée au printemps 1967 est un Spider, dessinée par le carrossier Pininfarina, très en vogue alors.

Quelques temps plus tard, au Salon automobile de Turin, Fiat présente sa version Coupé, dessinée par un autre grand nom de la carrosserie : Bertone. Sa mécanique est la même mais l’empattement est plus long, passant de 2,25 m à 2,55 m, soit 30 cm de plus ! Le style est davantage tourné vers l’élégance que vers le sport. Si le Spider est tourné vers 2 occupants, le Coupé, lui, peut accueillir 4 personnes (mais accessibilité compliquée, garde au toit très limitée et un espace aux jambes plus que restreint). Le comportement se voulait aussi plus souple, plus conciliant, plus confortable, et finalement plus sécurisant !

On notera d’ailleurs que le style emprunte alors quelques gimmicks hérités des pony cars naissantes des Etats-Unis avec une carrosserie de type fastback et anguleuse (une Dino Coupé qui était d’ailleurs produite chez Bertone sur les mêmes chaînes que l’Alfa Romeo Montreal, elle aussi d’inspiration américaine).

Un modèle dont la sportivité est davantage suggérée que criée. Ainsi des deux sorties d’échappement séparées sur un arrière lisse, classique et élégant. Une discrétion que certains lui reprocheront néanmoins…

Une carrosserie soignée qui emmène néanmoins la Fiat à 200 kilomètres/heure en vitesse de pointe, passant de 0 à 100 km/h en un peu moins de 9 secondes. Des performances tout à fait respectables compte tenu du poids de 1 390 kgs de l’engin, et surtout obtenue dans une sonorité rauque, incitant à rechercher les 7 000 tours/minutes pour tirer la quintessence du V6 Ferrari.

Fiat Dino, que devins-tu ?

En 1969, soit seulement 2 ans après sa sortie, la Dino Coupé reçoit des évolutions techniques. La cylindrée passe de 2,0L à 2,4L et la puissance tire désormais 180 ch contre 160 auparavant. Moteur que l’on retrouvera également sur les Dino 246 GT/GTS (GTS étant la version cabriolet), elles-mêmes évolutions de la 206 GT.

Sur la Fiat, quelques modifications esthétiques arrivent aussi (dessin des feux arrière), ainsi que diverses autres modifications intérieures et mécaniques. On notera ainsi un intérieur qui se pare d’un volant en bois et d’inserts du même matériau, d’une planche de bord et d’une console centrale redessinées pour un intérieur qui se fait plus luxueux (plus tard repris sur le Spider).

La suspension hérite de lames simples à l’arrière et de ressorts hélicoïdaux à l’avant. Enfin, si la boîte de vitesses à cinq rapports était pour sa part l’œuvre des équipes de Fiat pour les modèles équipés du 2.0 litres, elle sera remplacée par un modèle signé ZF pour la version 2.4 litres. 

Au total, la production se découpe comme suit :

6 068 coupés Dino auront été produits dont :

– 3 670 en version 2 litres ;

– 2 398 2,4 litres.

A titre de comparaison, le Spider n’aura été vendu qu’à 1 583 exemplaires :

– 1 163 en version 2 litres ;

– 420 en version 2,4 litres.

Le Coupé et le Spider disparaissent sans descendance en 1972.

Le Coupé (et plus encore le Spider du fait de sa rareté) sont aujourd’hui des modèles prisés et enviés des collectionneurs après avoir connu une longue traversée du désert dans les esprits fiatistes, qui se trouvent à des tarifs néanmoins très élevés (à partir de 65 000 €, 2 fois plus pour le Spider !), loin cependant encore des folies spéculatives des modèles au Cavallino Rampante.

Enfin, petit détail qui a son importance : un gros interrupteur sur la console centrale permet de switcher le klaxon entre le classique et l’italien. Totalement inutile mais tellement italien…

Et un petit spot de l’époque, tout en suggestion…

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3 commentaires à propos de Instant Nostalgie n°10 : Fiat Dino, esprit Ferrari es-tu là ?

mafioli dit : S'abonner 5 February 2018 à 14 h 54 min
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Magnifique reportage sur une voiture encore plus exceptionnelle, sybmole du savoir faire Italien de l'excellence, du style et de la performance. Une époque désormais révolue et remplacée par le tout digital avec en fond le bruit d'un moteur hybride... brrrr j'en tremble...

  • Alfa Romeo
Grez dit : S'abonner 7 February 2018 à 16 h 33 min
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Un superbe modèle. L'époque ne le permet certainement plus mais il y avait une place chez Fiat pour un joli coupé. La 124 Spider devrait permettre de combler un peu ce manque.

    Grez dit : S'abonner 7 February 2018 à 16 h 34 min
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    Je vouais dire 124 GT

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