2017 : bilan du groupe FCA – partie 1 : les succès, nouveautés et bonnes nouvelles

Voici 2017 qui touche à sa fin et 2018 qui commence à poindre le bout de son nez. Voici donc venu le temps… des rires et des chants … du bilan pour le groupe FCA pour cette année 2017, qui fut une année sans grand bouleversement pour le groupe. Le présent bilan se divisera en deux parties.

1- Les succès, nouveautés ou bonnes nouvelles

2- Les échecs, difficultés ou faiblesses

1- Les succès, nouveautés ou bonnes nouvelles

Contrairement à 2016 qui fut une année riche en  nouveaux modèles, 2017 aura été très fragile dans ce domaine, avec seulement 2 nouveautés majeures dans nos contrées européennes. Le groupe FCA s’est davantage concentré sur sa réussite financière et comptable que sur les produits… Comme souvent…

a – Les nouveaux modèles commercialisés

Si je vous dis « modèle italien sorti en 2017 par le groupe FCA « ?  Vous me répondez, j’en suis certain, Alfa Romeo Stelvio !

Et vous avez raison, le nouveau SUV premium de la marque au Trèfle a foulé l’asphalte européen (et américain!) en ce courant 2017 ! Appliquant la recette de la Giulia à un véhicule haut sur pattes et totalement dans l’air du temps, il donne comme résultat un véhicule aux lignes sculptées, à la fois sportif et séduisant. Plus modulable et plus habitable que la berline dont il dérive, il contente davantage les familles à la recherche d’une plus grande praticité. Proposé à des tarifs élevés (mais bien placés par rapport à la concurrence directe), il est une bonne surprise et se fait remarquer, d’autant que la presse note un châssis aux petits oignons, des qualités routières remarquables, un dynamisme évident (malgré un roulis évidemment plus prononcé qu’à bord de la Giulia…) et un intérieur qui s’inspire de la berline (sans être totalement repris non plus). Un beau véhicule, encore rare sur les routes, motorisé par un diesel 2.2 150, 180 ou 210 ch et un essence 2.0L turbo, en 200 et 280 ch, la version Quadrifoglio à 510 ch arrivant sous peu en concessions, pour l’image…

Autre modèle arrivé en concession en 2017 et devant assurer la croissance de la marque : le Jeep Compass II. Succédant à un premier duo Compass/Patriot, qui n’avait guère convaincu et laissé un fade souvenir, la nouvelle monture repose sur la plate-forme rallongé du duo Renegade/500X. Fabriqué à la fois au Brésil, en Chine, en Inde (pour les conduites intérieures à droite) et au Mexique, il est arrivé chez nous dans l’été. Gimmicks de Jeep évidents, avec un design qui s’inspire du Grand Cherokee, il ne tente aucune révolution mais cherche simplement à attirer des familles pour lesquelles le Renegade est trop petit mais qui veulent tout de même un morceau de rêve américain… La presse note un bon confort général, des équipements fournis, des capacités tout-terrain réelles, un design sympathique et une bonne habitabilité mais relève néanmoins un dynamisme insuffisant, avec un comportement très typé américain, sans grande efficience et un peu mollasson… Un véhicule qui semble fabriqué pour être efficace mais qui, sans être conçu à l’économie, n’apporte rien de bien nouveau et aurait très bien pu sortir, tant dans son comportement que son design intérieur ou ses technologies embarquées, il y a déjà deux ou trois ans…Dommage…

On notera quelques autres maigres (voire très maigres) nouveautés en cette année 2017 en Europe, avec les lancements de la Panda City Cross, qui reprend le look de la Cross, mais en simple deux roues motrices, et dont les boucliers avant et arrière sont couleur carrosserie et non couleur alu. Par ailleurs, pour célébrer les 60 ans de la Fiat 500, des séries spéciales ont vu le jour, telles la 500C Sessantissimo, avec 560 exemplaires commercialisés, ou encore la série spéciale Anniversario, lancée à l’été.

D’autres finitions ont été lancées comme la S-Design, chez Fiat, sur les modèles 500X, 500X Cross, Tipo 5 portes et Tipo SW.

Enfin, on n’oubliera pas le Fullback Cross, au look davantage sportif.

Dans l’ensemble néanmoins, rien de bien transcendant…

b – Des ventes en hausse en Europe !

Le marché européen est à nouveau en pleine forme et FCA en profite. A fin octobre 2017 ( je n’ai, à l’heure où j’écris, pas de chiffres plus récents), Fiat est à +4.2% (surtout grâce au duo Panda/500 orienté à la hausse et la Tipo qui a un beau début de carrière), Alfa Romeo à +34.8%, Abarth à +38.4%, Maserati à +32.9% (merci le Levante!) Des chiffres très à la hausse et récompenses des nombreux nouveaux modèles lancés en 2016 et, pour Alfa Romeo, en 2017 également. Mais tout n’est pas rose non plus, comme nous le verrons dans la seconde partie…

c – Un marché brésilien qui retrouve des couleurs, des nouveautés Fiat qui apparaissent !

Le marché brésilien, après des années de crise qui avaient fortement réduit l’intérêt stratégique de ce marché, retrouve des couleurs en 2017. Les ventes repartent à la hausse et Fiat en profite. D’autant que la marque Jeep, lancée récemment sur ce marché, devient une marque elle aussi très prisée : Le Renegade y est assemblé sur place dans l’usine de Goiana, dans le nord-est du pays, et a été rejoint par le Compass II. Dans l’autre usine, celle de Betim, dans le sud-est du Brésil, c’est la toute nouvelle Argo, citadine polyvalente, un poil haut de gamme dans ce marché, qui y a fait ses débuts en milieu d’année. Un véhicule que d’aucuns espèrent voir en Europe ou, à tout le moins, servir de base à une remplaçante de la Punto…

Enfin, ne pas oublier le marché argentin, certes secondaire en terme de volume mais pas négligeable. Fiat y possède l’usine de Cordoba où sera prochainement assemblée la version tricorps de l’Argo, la nouvelle Cronos, récemment dévoilée. De quoi permettre à Fiat de rebondir encore un peu plus en Amérique du Sud…

d – Ferrari toujours au top niveau !

Chez Ferrari, on reste imperturbable et au sommet de son art. Tout d’abord, dernière nouveauté « maison », la 812 Superfast. Remplaçante de la F12 Berlinetta, le look évolue en douceur mais se pare de 4 feux à l’arrière, comme désormais toutes les nouveautés du Cavallino RampanteLe moteur V12 est donné à 800 ch (d’où le nom du véhicule…) La cylindrée passe bien de 6,3 L à 6,5 L. La boîte à double embrayage a été retravaillée et le poids stagne à 1 525 kg. Les accélérations sont foudroyantes puis qu’il ne faut plus que 2.9 s pour passer de 0 à 100 km/h. Les roues arrières sont désormais directrices et le véhicule adopte une assistance de direction électrique, une première chez Ferrari !

Autre nouveauté, pas encore commercialisée mais déjà présentée lors du dernier salon de Francfort, en septembre, la nouvelle Portofino ! Evolution en douceur de la California T, elle retravaille surtout sa ligne latérale pour mieux intégrer le coffre, sans « cassure » visuelle. Le résultat esthétique est probant mais tourne un peu en rond… L’habitacle s’aligne aussi sur les dernières productions de Maranello. Enfin, elle conserve le V8 3,9L biturbo qui a été profondément revu. Ferrari annonce une auto plus rigide et plus légère. A revoir (avec un peu de chance) bientôt sur nos routes…

Enfin, on notera qu’après un dévissage lors de son lancement en Bourse en janvier 2016, l’action Ferrari a remonté et explosé le plafond. Après un plus bas à 30€ l’action en février 2016, soit un mois après la cotation en ourse, l’action s’est envolée à 93€ en août 2017. La capitalisation boursière a donc plus que doublé et s’élève désormais à 18,1 milliards d’euros.

On notera enfin que Ferrari vaut désormais plus cher que sa maison mère FCA, qu’elle réalise 13 % de marge nette sur chaque véhicule vendu et qu’elle devrait établir un nouveau record de ventes cette année à plus de 8 000 unités. Chez Ferrari la petite entreprise ne connaît pas la crise !

e – Fiat en recherche d’efficience sur des énergies « alternatives »

On le sait, Fait n’est clairement pas à la pointe dans le domaine des véhicules électriques, ni même hybrides, en dehors de son monospace Pacifica hybride rechargeable, réservé à l’Amérique du Nord.

L’arrivée de l’hybride rechargeable chez FCA

Pour autant, Fiat n’est pas décidé à rester les bras croisés et préfère simplement s’en remettre à des solutions « alternatives » moins radicales, destinées à rendre les actuels moteurs thermiques plus efficients. Car Fiat croit à une marge de manoeuvre de ce côté avant de tout chambouler et de basculer vers un modèle que Marchionne juge non rentable et véritable gouffre financier.

C’est le sens de l’accord signé avec le géant pétrolier italien ENI, dans le but de développer des solutions technologiques communes sur la réduction du CO2. Des recherches qui porteront sur un meilleur stockage du GNV, carburant très développé en Italie et pour lequel Fiat propose une gamme assez large de véhicules, mais aussi sur le développement d’un nouveau carburant composé à 5 % de bioéthanol (un peu comme dans le SP95 E10) mais aussi à 15 % de méthanol, les types de diesel avec une proportion plus élevée d’huiles végétales hydratées (HVO) que maintenant, l’essence à plus forte teneur en alcool, y compris les sources renouvelables et / ou les déchets, et l’utilisation de nouvelles « réduction de friction » . Des universités italiennes seront associées à ces projets.

C’est ainsi que Fiat est actuel leader du GNV. Ainsi, après 10 ans de carrière, la Panda GNV a célébré en Italie son 300 000ème exemplaire. Un carburant très prisé dans la Botte. C’est la première fois qu’une voiture roulant au méthane atteint un tel niveau de production en Europe. un carburant qui réduit les émissions de CO2 et de CO par rapport à l’essence.

Fiat, c’est aussi le GPL. D’ailleurs, ce mode de carburation « alternatif » (mais qui reste à base de pétrole, ne nous leurrons pas), connait un beau succès en Italie, beaucoup moins en France, qui ne jure que par l’électrique et l’hybride. Ce qui n’empêche pas Fiat de proposer une partie de sa gamme, dont la récente Tipo, en GPL. (Un carburant qui aura d’ailleurs convaincu mes parents qui ont signé pour une Tipo 4 portes GPL qui les ravit). Car malgré une surconsommation, le litre n’est, en France, qu’à 0.70€. De quoi faire réfléchir quand on est ni un gros rouleur ni un pur habitant de centre-ville qui ne dépasse pas le périphérique…

On le voit, Fiat reste en recherche de solutions, pas complètement alternatives, mais sans rester les bras ballants… Une démarche que d’aucuns qualifieront de « prudente », d’autres de « risquée » (car prenant très en retard le train de l’électrique) et que Marchionne qualifie d’ « approche technologique et non idéologique ».

Mais peut-on vraiment parler d’énergie alternative ?

f – Des améliorations géo-stratégiques et financières à prévoir ?

Le groupe FCA cherche à s’internationaliser toujours plus et à générer du cash. L’année 2017 aura donc apporté son lot de bonnes nouvelles ou de rumeurs allant dans le bon sens.

Tout d’abord, la présence de Jeep en Chine et en Inde, pour remplacer le retrait de la Fiat qui n’aura pas convaincu, s’annonce prometteur. Le lancement du Compass dans l’empire du Milieu, fabriqué sur place et donc exempté de prohibitifs droits de douane, permet à la marque de se renforcer davantage ( 182 000 unités de Jeep produites à fin novembre). Même chose en Inde, où le Compass y est produit pour ce marché et tous ceux qui roulent à gauche (10 000 unités fin novembre) . De quoi ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Les parts de marché sont encore faibles ( 0.8% en Chine, 0.3% en Inde) mais c’est un début…

Enfin, on le sait, FCA recherche encore et toujours des fonds pour financer son développement et réduire sa dette. Marchionne n’y va pas par quatre chemins. Désormais, Magneti-Marelli est officiellement à vendre.

Il déclare ainsi qu’ « il y a des activités du groupe qui ne font pas partie de la production automobile, comme les composants. Le groupe doit être purifié de ces activités ». Il dit espérer que cette cession ait lieu « avant fin 2018 ». Le groupe pourrait tirer de cette vente 5 milliards d’euros. A noter que Comau (fabrication de machines-outils) est aussi concerné par une vente.

g – Alfa Romeo is back ?

Avec Giulia et maintenant Stelvio, Alfa Romeo confirme son retour dans la cour des grands et part à la chasse à l’allemande. Même si les chiffres de ventes restent timides pour l’instant eu égard à ceux des concurrents directs, c’est surtout la création d’une nouvelle image qui est à souligner ici. Car le retour d’Alfa aura marqué les esprits, tant des afficionados que des simples quidams et de la presse automobile spécialisée. Design, solutions techniques, versions Quadrifoglio envoûtantes et sur-performantes, c’est aussi l’image nouvelle dégagée qui compte. D’ailleurs, à ce titre, après une Giulia qui aura échoué de peu l’an dernier, c’est le Stelvio qui a été nominé dans les 7 finalistes du prestigieux et honorifique titre de « Voiture de l’Année 2018 », preuve qu’il a réussi à se distinguer ! Bon pour l’image de la marque si elle gagne. A redécouvrir ici.

Surtout, l’une des annonces les plus importantes de l’Année concernant la Marque au Biscione, porteuse d’image et génératrice de retombées financières ou technologiques, c’est bien sûr le retour d’Alfa Romeo en Formule 1 pour la saison prochaine. Pour l’instant simple sponsor de l’équipe Sauber, c’est néanmoins un accord technique et commercial pluriannuel qui a été signé. L’écurie bénéficiera d’ailleurs des derniers moteurs Ferrari, l’écurie cousine et rivale en même temps. Après 30 ans d’absence, Alfa Romeo est bien décidé à revenir dans le jeu et pourrait d’ailleurs bénéficier de nouveautés techniques ou technologiques directement issues du monde de la compétition dans de futurs modèles de route.

h – FCA : un bilan financier toujours plus flatteur ?

A fin septembre 2017, et avant d’entamer le dernier trimestre, quelques chiffres nous sont parvenus. Malgré un chiffre d’affaires en stagnation au 3ème trimestre comparé au même trimestre de l’année précédente, l’Ebit (bénéfice d’exploitation ajusté, avant intérêts et impôts) est, lui, en hausse de +17%, un « troisième trimestre record », s’est félicité FCA. La marge est en hausse aussi ( à 6.7% contre 5.6% au 3ème trimestre de l’an dernier). Le bénéfice net augmente aussi mais les livraisons sont en stagnation.

Néanmoins, les marchés porteurs ont des tendances diverses. Si la situation financière s’améliore en zone EMEA (Europe, Afrique du Nord, Moyen-Orient), avec des ventes en hausse, du mieux reste possible. La zone NAFTA (nord-américaine) est toujours la plus rentable du groupe et assure 70% des profits. Mais c’est aussi celle qui s’essouffle le plus ces derniers temps (CA et ventes en recul, Ebit stagnant). La zone LATAM (Amérique du Sud) est en nette amélioration ces derniers temps mais ne pèse pas encore assez dans les bénéfices du groupe…

Pour 2017, FCA table sur un chiffre d’affaires (CA) compris entre 115 et 120 milliards d’euros, un Ebit ajusté supérieur à 7 milliards d’euros, un bénéfice net ajusté supérieur à 3 milliards, et une dette nette industrielle inférieure à 2,5 milliards. De beaux résultats financiers annuels en prévision, donc…

La suite à venir dans « 2- Les échecs, difficultés ou faiblesses ».

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1 commentaire à propos de 2017 : bilan du groupe FCA – partie 1 : les succès, nouveautés et bonnes nouvelles

objectif dit : S'abonner 3 January 2018 à 19 h 32 min
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Une grave erreur.. FIAT est le champion du bio-gaz (énergie renouvelable non issue du pétrole)qui parvient à diminuer l'empreinte CO2 de 95%

  • FIAT doblo

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