L’instant culture : les italiennes et le Trophée de « Voiture de l’Année », une histoire d’amour ?

Depuis que le Stelvio est nommée parmi les finalistes de la Voiture de l’Année 2018, et un an après la Giulia, j’ai eu envie de faire un point sur l’histoire des Voitures de l’Année. Entre victoire des italiennes, simples nominations, échecs ou déceptions, le tout en respectant l’ordre chronologique, voilà de quoi en apprendre davantage et de briller en société à l’approche du réveillon du Nouvel An !

1 • Règles et histoire du concours

• Règles :

Les règles actuelles sont assez simples à comprendre.

a) Le véhicule doit avoir été mis sur le marché au cours des 12 mois précédents le trophée de l’année d’avant. Il doit être distribué à au moins 5 000 exemplaires / an, sur au moins 5 marchés européens.

b) Chaque membre du jury doit décerner 25 points à au moins 5 des 7 voitures, avec un maximum de 10 points sur un seul modèle. Le jury est composé de 58 journalistes de la presse automobile. La répartition du jury est faite en fonction des marchés automobiles de chacun des 22 pays européens représentés ainsi que leur importance dans la fabrication d’automobiles. Ainsi, les pays les plus représentés sont donc l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, qui ont chacun 6 membres de jury.

c) Les critères de sélection sont le design, le confort, la sécurité, l’économie, le comportement routier, la performance, la fonctionnalité, la performance environnementale, le plaisir de conduite et le prix. Sont également pris en compte l’innovation technique et le rapport qualité-prix.

•  Histoire :

Créé en 1964, ce Trophée en est cette année à sa 54e édition; il s’agit du titre le plus prestigieux et le plus médiatique, recherché et prisé par les constructeurs, qui peuvent d’ailleurs s’en servir pour communiquer dessus (publicités, encarts de journaux…).

Notez que depuis l’édition de 2012, le titre est décerné début mars et non en novembre comme c’était l’usage avant. Ainsi, la Nissan Leaf, élue en novembre 2010 « Voiture de l’Année 2011 », ne rendit son titre qu’en mars 2012 et non en novembre 2011, soit une couronne de près d’1 an et 4 mois contre 1 an d’ordinaire. Une exception !

« Il y a autant de flops que de réussites. Ça prouve seulement que ce prix-là est avant tout honorifique. C’est-à-dire que c’est un prix sur lequel les marques aiment bien communiquer. C’est excellent pour l’image de marque, pour un véhicule, pas forcément. On se rend compte que certains véhicules qui ont été élus il y a quatre ou cinq ans n’existent plus à l’heure actuelle« , explique Nicolas Bernard, journaliste à Auto Plus.

2 • FIAT, constructeur et groupe le plus primé !

Fiat est en effet, depuis 1964, le constructeur qui aura obtenu le plus de fois ce prix tant convoité. Mais avec des aléas, allant du seul constructeur à l’obtenir deux années de suite, à de longues traversées du désert… En rajoutant d’ailleurs Lancia et Alfa Romeo, le groupe italien renforce sa main-mise, mais avec là aussi des vicissitudes que nous verrons…

1 – 1967 : FIAT 124, première de cordée

La petite berline, présentée en 1966 et sacrée « Voiture de l’Année 1967 », (et dont vous pouvez relire l’épopée ici) permit à Fiat de décrocher son premier titre, dès la 4ème édition du concours. Avec son architecture classique, à savoir une propulsion sur essieu rigide, le tout enrobé d’une ligne 3 volumes sans grande originalité stylistique, le véhicule se voulait néanmoins une réponse à la volonté d’une petite bourgeoisie de s’équiper avec un véhicule fonctionnel, optimisant son rapport encombrement/habitabilité. Suivie d’un break Familiare, puis de versions Coupé et enfin du célèbre Spider, ce véhicule s’écoula à travers l’Europe et sous différents écussons, à savoir la Seat 124 en Espagne ou encore l’Avtovaz (Lada) 2101/2102 et ses futurs 15 millions d’exemplaires ! Un véritable véhicule d’histoire…

2 – 1970 : FIAT 128, bis repetita !

La célèbre 128 à laquelle la Ritmo doit succéder

Bis repetita pour Fiat 3 ans plus tard. Après l’élection de la très belle Peugeot 504 en 1969, c’est à nouveau une petite berline qui est élue : la Fiat 128. Mais cette fois, place aux lignes carrées, comme de coutume à l’époque, et à une taille réduite ! La révolution ici n’est pas stylistique mais architecturale. C’est la première traction de Fiat ! A l’époque, à part Citroën, en grande difficulté financière, rares étaient les marques à miser sur ce type de propulsion et à le produire en grande série. Fiat se lança ! D’autant que le véhicule adoptait d’autres solutions innovantes, comme une suspension à 4 roues entièrement indépendantes, et une courroie à la place d’une chaîne. Le moteur étant par ailleurs placé en position transversale, cela influait sur l’habitabilité, supérieure à beaucoup d’autres véhicules.

La Fiat 128 obtient immédiatement les éloges des critiques professionnels mais aussi des automobilistes !

3 – 1972 : FIAT 127, 3e Fiat en 6 ans !

Et rebelote ! Fiat remporte aussi la mise en 1972, le 3e prix pour la marque en 6 ans seulement ! Alors que d’autres marques n’ont encore jamais été primées. Fiat n’en a cure et enchaîne les succès. Cette fois, c’est la petite 127 qui s’attire les grâces du jury. Comme sa soeur aînée Fiat 128, elle innove par ses dispositions techniques et architecturales : moteur  placé transversalement à l’avant, système de propulsion à traction avant et suspension à 4 roues indépendantes. Surtout, elle propose de la modernité, de l’espace à bord, du confort et un grand coffre pour une taille extérieure contenue. Le succès est immédiat ! 

La note négative : Le succès dans les prix s’arrête là pour Fiat qui traverse ensuite une grande traversée du désert, longue de 12 ans ! Douze ans sans le moindre prix, un peu comme actuellement avec la 500, élue en 2008, et plus rien depuis. Enfin, si je peste beaucoup actuellement contre l’hégémonie d’Opel et de Volkswagen ces dernières années (je suis de très près ce concours), force est de reconnaître que Fiat connut cette même domination en quelques années. Mais j’avoue que, là, ça ne me gêne pas… 😀

Néanmoins, on n’oubliera pas qu’un autre modèle du groupe fut primé entre temps. Découvrons-le ci-dessous !

4 – 1980 : LANCIA DELTA, la légende après l’élection

Lancia, intégrée depuis quelques années au groupe Fiat, propose en 1979 une berline compacte. Traction avant, moteur transversal selon les désormais traditions du groupe Fiat, design tendu, elle est une jolie voiture, avec des mécaniques pétillantes. Elle remporte le titre de « Voiture de l’Année 1980 » ! Mais si la Delta est restée célèbre, c’est surtout pour ses versions ultérieures, qui l’ont fait rentrer dans la légende, avec la Delta HF turbo en 1983, première Lancia suralimentée par un turbo compresseur en série, pour une puissance de 130 ch et une vitesse max de 190 km/h, puis la Delta HF 4WD en 1986 avant la Delta HF Integrale en 1987, intégrale permanente et moteur de 165 ch (185 ch pour l’Integrale) dérivé de la Thema mais qui reste conçue pour une utilisation normale. Elle remporte le titre de Championne du monde des rallyes en 1987 et 1988. Mais peu importe ces exploits, ils ne faisaient pas partie des critères qui l’ont fait élire en 1980 ! Mais ils l’ont fait rentrer dans la légende…

La note négative : Ce fut la seule et unique Lancia à être élue en 54 ans. Les années 90 et 2000 ont beau eu produire de jolies voitures, aucune ne fut plus élue. Et ce n’est pas le cantonnement à un unique modèle et un unique marché aujourd’hui qui risque de faire reparaître la marque sur le podium de l’élection. Triste…

5 – 1984 : FIAT UNO, une nouvelle aventure !

De la Uno…

Après 12 ans de traversée du désert, Fiat revient sur le devant de la scène avec la très mythique Fiat Uno. Une voiture qui multiplie les nouveautés à plus d’un titre. D’abord une nouvelle typologie (finis les chiffres froids et peu évidents !), place aux noms et par n’importe lequel ici, le numéro « 1 ». Look carré avec une taille compacte et une excellente habitabilité, bonne visibilité, bon Cx (coefficient de traînée en aérodynamique), ergonomie poussée à l’intérieur, cette voiture est une petite bien née. Pas étonnant qu’elle soit alors élue « Voiture de l’Année 1984 », au nez et à la barbe de la Peugeot 205 (2e) et de la VW Golf II (3e). La Uno n’a décidément peur de rien !

Le succès est immédiat et la voiture se trouve déjà produite à 3 millions d’unités dès 1988 (année où mes grands-parents paternels achèteront leur propre Uno, qu’ils possèdent toujours, dans un état magnifique !) Sans oublier l’arrivée dès 1985 de la version Turbo IE et surtout des moteurs Fire, aux rendements en progrès, à la consommation mesurée et à l’agrément transformé. Des moteurs Fire qui n’étaient pas disponibles au lancement et lors de la remise du prix de « Voiture de l’Année », ce qui ne l’a pas empêché de la gagner haut la main ! Vive la Uno !

6 – 1989 : FIAT TIPO, un nouveau « Tipo » de compacte

C’est en 1988 que Fiat remplace sa Ritmo par une nouvelle génération de compacte, d’allure plus carrée, dans la même veine que la petite soeur Uno. La Tipo, lancée en grande pompe en janvier 1988, se signala de suite par son excellente habitabilité, sa suspension de très haut niveau et une tenue de route sûre en toutes circonstances. Avec une largeur aux coudes de 1,70 mètre, elle écrasait toutes ses concurrences en termes d’espace à bord. Notons aussi qu’ elle offrait déjà en option l’ABS à 2 capteurs sur les essence, et 4 sur la Turbo DS. Elle s’écoula à près de 440 000 exemplaires dès sa première année de diffusion. Un véritable succès commercial (même si les ventes chutent un peu ensuite). Mais le concept de voiture familiale allié à un prix bien placé en font alors un excellent choix pour le prix de « Voiture de l’Année ».

7 – 1995 : FIAT PUNTO, un succès commercial foudroyant

Présentée en septembre 1993, commercialise en 1994, elle fut élue « Voiture de l’Année 1995 »! La Punto fait partie de ces voitures qui ont marqué leur époque par leur succès foudroyant ! Succéder à la Uno et ses 6 millions d’exemplaires (rien qu’en Europe !) n’était pourtant pas tâche facile et pourtant tous les espoirs de Fiat sont immédiatement explosés ! La Punto inaugurait un nouveau design, très en hauteur (garde au toit, feux arrière placés à la verticale). Disponible avec de nombreux coloris, différentes carrosseries, moteurs, finitions et transmissions, il y en avait pour tous les goûts. En plus d’un prix très compétitif (comme d’habitude chez Fiat), elle faisait le plein d’équipements et offrait la possibilité de disposer d’équipements jusque là réservés au segment supérieur : direction à assistance variable, les vitres électriques teintées, compte-tours, thermomètre d’eau, fermeture automatique des portes, autoradio, ABS, Airbags et air conditionné de série.

L’accueil de la critique spécialisée fut unanimement favorable et la voiture fut sacrée « Voiture de l’Année 1995 ».

8 – 1996 : FIAT BRAVO/BRAVA, un beau doublé !

C’est un cas unique dans l’histoire de ce concours ! Pour la première fois, un même constructeur remporte le prix 2 années de suite. Exceptionnel, donc ! Et cet événement, on le doit à Fiat, qui réussit à placer sur la première marche du podium sa nouvelle compacte, remplaçante de la Tipo. Ou plutôt devrions-nous dire, son duo de compactes, puisqu’il s’agit de 2 versions : une 3 portes racée dénommée Bravo et une 5 portes familiale appelée Brava.

Dotés d’un style novateur (oeuvre de Chris Bangle, le controversé designer de chez BMW) et de bonnes prestations générales, elles séduisent le jury du concours. Rajoutons un équipement complet et des moteurs vifs à signaler dans ses atouts, ainsi qu’un prix toujours compétitif et un dynamisme plus important que la Tipo qu’elle(s) remplace(nt).

La note négative : Plus jamais une compacte Fiat ne sera récompensée de la sorte. Le duo Bravo/Brava souffrira pendant sa carrière de l’arrivée de modèles plus jeunes comme l’Opel Astra 2 en 1998 et la VW Golf IV en 1997, qui vont s’installer durablement sur le marché et établir à la fois de nouveaux standards et devenir des véhicules incontournables, écartant petit à petit des esprits le duo Fiat, qui souffre de la comparaison avec le sérieux germanique.

9 – 1998 : ALFA ROMEO 156, toute première fois !

Décidément la fin des années 90 est propice au groupe Fiat, qui décroche encore le titre en 1998 avec une marque jusque là jamais récompensée : Alfa Romeo, avec sa célèbre 156. La marque italienne, qui avait été rachetée par la marque Fiat en 1986, périclitait petit à petit dans les années 90. Son design anguleux et la passage à la traction laissaient dubitatifs et seuls les afficionados continuaient à chérir la marque.

1997 marque l’année de la résurrection du phénix ! La 156 renoue avec des formes bombées et sexy, le design marque une révolution et donne une claque à la concurrence ! Les feux arrière fins et les poignées de porte arrières dissimulées dans le montant fluidifient la ligne et la rendent sportive et séduisante. Sans compter la plaque avant déportée sur le côté gauche, magnifique ! La caisse est par ailleurs rigide et fait d’elle une voiture aux prétentions sportives. La 156 est bien placée en prix mais l’espace intérieur n’est pas le plus généreux. Qu’importe ! Elle flatte la rétine et réjouit son conducteur et le jury la désigne Voiture de l’Année ! Alfa est alors de retour !

10 – 2001 : ALFA ROMEO 147 : Alfa Romeo au sommet !

Une cohérence pas simple entre 147…

Alfa Romeo ne s’endort pas sur ses lauriers à l’époque et concocte sur la base de la 156 une nouvelle compacte racée et fluide, destinée à bousculer l’Audi A3 de l’époque. Son design sportif et ses prestations dynamiques lui valent le respect. Le prix étant bien placé et l’équipement bien fourni, le succès est immédiat et la 147 devient une référence en la matière. Ainsi, la compacte italienne décroche le très enviable titre de « Voiture de l’Année 2001 », seulement 3 ans après la 156. C’est le deuxième titre pour la marque au trèfle et les ventes sont au sommet pour la marque…

La note négative : Alfa Romeo n’a plus été récompensée par la suite et la 147 a eu une carrière très (trop) longue, étirée sur 10 années complètes, jusqu’en 2010 et la présentation de la Giulietta… Entre temps, les ventes ont largement baissé et la 147 a souffert de l’arrivée plus jeunes et plus concurrentielles, malgré un design de haute couture…

11 – 2004 : FIAT PANDA 2 : Retour gagnant !

A l’aube des années 2000, si le succès est là pour Alfa Romeo, récompensée 2 fois en quelques années, comme nous venons de le voir, pour Fiat, c’est la quasi-faillite. Des véhicules lancés sans succès (Multipla), une réputation de mauvaise qualité qui lui colle à la peau depuis les problèmes de corrosion des années 80, une image de finition bâclée et le tournant qualitatif lancé par les marques allemandes dans les années 90 et que Fiat n’a pas encore pris, nuisent totalement à la marque dont les ventes baissent et les dettes s’accumulent. Sans compter que Fiat n’hésite pas à maintenir au catalogue des modèles dépassés (Panda 1), qui contribuent encore à l’image désuète de la marque… La situation est désespérée, d’autant que le récent lancement de la Stilo, sensée représentée l’arrivée de la rigueur germanique chez les Italiens a été un fiasco dans les ventes, atones.

Alors vient l’un des modèles de la dernière chance : une petite voiture carrée et sympathique, d’abord dénommée Gingo puis rebaptisée Panda 2 ! Carrée et fonctionnelle, elle assure une bonne habitabilité et offre 4 ou 5 places et 5 portes de série. Plus légère que ses concurrentes, elle offre aussi une qualité de fabrication en progrès. Les prestations dynamiques sont satisfaisantes et elle a un appétit de moineau. Le succès est immédiat (1 million d’unités en 3 ans), ce qui contribue en partie à sauver Fiat. Merci Panda car sans toi, que serait devenue la marque ?

12 – 2008 : FIAT 500 : La success-story à nouveau !

Le 4 juillet 2007, 50 ans après la première 500 devenue icône mondiale, a lieu le lancement en grande pompe de son revival moderne. La nuova 500 est lancée en 2007 et élue en fin d’année « Voiture de l’Année 2008 ». Elle demeure encore à ce jour LE grand succès de Fiat de ces 15 dernières années. Design qui fait immédiatement mouche, avec des gimmicks néo-rétro et des roues aux 4 coins, plus abordable qu’une Mini ou une New Beetle qui jouaient aussi sur la corde sensible, elle offre des prestations dynamiques satisfaisantes mais pas sans défaut (suspension sautillante, habitabilité réduite…) Mais qu’importe, l’émotion l’emporte sur la raison. Elle joue aussi la carte de la personnalisation et affiche une excellente sécurité passive (airbag genoux de série, une première sur ce segment !) Pour Fiat, ça y est, c’est le retour au bénéfice et cette voiture sauve la marque. Elle devient un modèle international, enchaîne les récompenses, s’offre une version sportive Abarth dès 2008 et une version découvrable en 2009, multiplie les partenariats et devient le symbole de la nouvelle Fiat ! Grazie 500 ! Encore aujourd’hui, malgré un restylage pour la redynamiser, elle reste le même modèle, 10 ans après son lancement ! Mais il faudra bien envisager une remplaçante rapidement…

La note négative : 10 ans plus tard, Fiat n’a plus rien gagné. Il faut dire que Fiat a beaucoup misé sur la 500, d’autant que la crise de 2008-2009 puis l’absorption de Chrysler, a freiné de nombreux développements. Les modèles se sont raréfié, entraînant un vieillissement de la marque italienne, malgré une famille émotionnelle qui s’est développée (500L, 500X) mais sans décrocher le titre de « Voiture de l’Année », ni même être sélectionnée parmi les finalistes. Si la Tipo, lancée en 2016, aurait pu être une bonne participante, elle n’a pas non plus été choisie par le jury pour participer à la finale. Il est temps pour Fiat de proposer quelque chose pour renouer avec ce titre !

Et comme je n’ai pas fini de vous faire plaisir, place désormais à une 3ème partie, qui concerne les modèles italiens qui ont participé à la finale (qui se joue toujours à 7, très exceptionnellement à 8) mais n’ont pas gagné. Par volonté de ne pas être trop long et parce que je me base sur mes propres connaissances par coeur des classements, je me cantonnerai à commencer à l’année 2004 (victoire de la Panda 2) pour aller jusqu’à aujourd’hui car, entre toutes ces années, je n’ai pas besoin d’aller à la pêche aux infos sur le net. Ma mémoire suffit. 

3 • Celles qui auront échoué depuis 2005

1 – 2005 : pas d’italienne dans les finalistes !

Le prix revient à la Toyota Prius 2, pour sa révolution hybride. Un train que n’a toujours pas pris le groupe FCA…

2 – 2006 : ALFA ROMEO 159, médaille de bronze… ou d’argent ?

Fin 2005 est révélée la gagnante du prix de « Voiture de l’Année ». Il s’agit de la Clio 3. Le seul modèle italien qui concourait cette année-là était alors l’Alfa Romeo 159. Elle finit 3ème sur les 7 voitures en lice. C’est au moins une place sur le podium mais ça ne rapporte rien. Malgré tout, cette année-là, deux autres berlines disputaient le titre à l’italienne, à savoir la VW Passat 6, qui juste devant l’Alfa et la BMW Série 3 « 5ème génération », juste derrière l’Alfa. Soit, pour se consoler, une médaille d’argent parmi les 3 berlines en jeu…

…159…

atouts qui auront avantagé la 159 : le design (qui n’a pas pris une ride encore aujourd’hui), bonne finition, comportement dynamique sécurisant

défauts qui auront nui à la 1ère place : prix en nette augmentation, poids trop imposant, moteurs pas assez vivants, pas de réelle révolution qui aurait marqué le jury (contrairement à la 156)

3 – 2007 : FIAT GRANDE PUNTO, bonne dernière

Cette année-là, la finale se joue exceptionnellement à 8. La Grande Punto, présentée en octobre 2005 concourt en  2006 pour le titre de « Voiture de l’Année 2007 ». Son sex-appeal lui fait connaître le succès immédiatement. On se dit qu’elle peut gagner mais c’est la douche froide pour Fiat. La citadine, bien que sélectionnée pour la finale, finit dernière, à une peu glorieuse 8ème place. Le prix revient cette année-là au Ford S-Max pour son concept original de monospace sportif, loin de la bétaillère à marmots si courante… Parmi les finalistes, se trouvaient deux concurrentes de Fiat dans le créneau des citadines polyvalentes, à savoir l’Opel Corsa 4, 2ème au finish (malgré des points communs techniques avec la Fiat, c’est l’Allemande qui aura davantage séduit le jury) et la Peugeot 207, 6ème.

atouts qui auront avantagé la Grande Punto : assurément son design, s’inspirant de Maserati (encore aujourd’hui, elle demeure belle !), sa taille de 4m qui en fait une vraie polyvalente, sa qualité de fabrication globale

défauts qui auront nui à la 1ère place : l’élection de l’époque comportait d’autres véhicules, plus « révolutionnaires », comme le  S-Max, monospace sportif, le Grand C4 Picasso (look, habitabilité, luminosité), le Skoda Roosmter et son design latéral « en deux parties » (d’ailleurs première incursion de Skoda dans ce prix), la Civic8 (look futuriste, habitabilité excellente, comportement…) et qui auront davantage séduit le jury que la Grande Punto, plus effacée dans cette finale… Ce qui ne l’empêcha pas de connaître un immense succès ! Une dernière place dans le classement qui fait malheureusement tristement écho aux dernières places occupées aujourd’hui par la Punto dans son segment de ventes…

4 – 2008 : FIAT 500, élue !

5 – 2009 : ALFA ROMEO MiTo, une médiocre 5ème place

La MiTo (pour Milano Torino et évocation du « mito »= »mythe » en italien) concourait en 2009. Après une 500 qui avait décroché la timbale en 2008, il semblait peu probable de voir une autre italienne du groupe remporter le titre. Mais après tout, nous avons vu que Fiat avait été capable d’un doublé unique dans l’histoire du trophée en 1995 et 1996. Mais bon, pas de miracle. La MiTo, bien que sélectionnée parmi les 7 finalistes, fini à une peu brillante 5ème place. La Fiesta 6, autre citadine polyvalente, finit, elle, 2ème.

atouts qui auront avantagé la MiTo : son look superbe, (encore aujourd’hui d’ailleurs !), incursion sur un segment plus populaire en prix, intérieur chic, agrément global, système DNA

défauts qui auront nui à la 1ère place : espace habitable arrière compté, confort moyen et suspensions trop fermes, quelques plastiques cheap, la présence d’autres voitures à la fois plus marquantes et plus homogènes (Fiesta 6 au look affirmé et véhicule sans grand défaut, Opel Insignia du même acabit et d’ailleurs élue…)

6 – 2010 : pas d’italienne dans les finalistes !

La victoire revient à la Volkswagen Polo « 5 », pour son homogénéité globale qui aura ravi le jury.

7 – 2011 : ALFA ROMEO GIULIETTA, 2ème, à quelques points près

Alfa Romeo Giulietta Blanche

Le jury aime les italiennes et Alfa Romeo en particulier. Pour le titre de « Voiture de l’Année 2011 », la Giulietta finit 2ème, avec 248 points, contre 259 pour la gagnante, la très controversée Nissan Leaf, véhicule électrique valorisé pour sa technologie malgré des difficultés à résoudre (autonomie, temps de recharge…). Une élection qui aura été très controversée. La Giulietta finit donc 2ème, malheureusement. La force du lobbying électrique, en particulier de la part de certains pays nordiques, très soucieux d’environnement, et qui ont massivement voté pour la compacte électrique.

atouts qui auront avantagé la Giulietta : Son look, ses prestations globales, son comportement dynamique, sa finition, ses prix bien placés par rapport à la concurrence

défauts qui auront nui à la 1ère place : le poids écolo qui pèse sur l’Europe depuis quelques années, tout simplement. Les solutions alternatives sont portées par certains constructeurs, relayées par les médias, en particulier automobiles et cela aura inévitablement pesé ici. Mais les débats post-élection auront été vifs…

8 – 2012 : FIAT PANDA 3, médiocre 5ème place

L’élection de la « Voiture de l’Anne 2012 » aura pour la première fois été décerné, non pas fin 2011 comme avant, mais début mars 2012. Et ce sera désormais la règle pour cette élection : le gagnant sera dévoilé début mars, au salon de Genève. Pour 2012, la Panda 3 se présentait et avait été retenue pour la finale. Mais elle finit à une peu glorieuse 5ème place. La VW Up!, sa concurrente, était aussi en lice mais finit sur le podium, à une belle 2ème place ! Cette année-là, c’est encore un duo de solutions alternatives qui ravit la 1ère place : le duo Opel Ampera/Chevrolet Volt avec son prolongateur d’autonomie. Un duo de véhicules d’ailleurs vendu à 40 000 €. Comme quoi, l’élection ne fut pas toujours populaire…

atouts qui auront avantagé la Panda : ses prestations globales, son homogénéité

défauts qui auront nui à la 1ère place : contrairement à la Panda 2 qui marquait une vraie nouveauté par rapport à l’antique Panda 1, la Panda 3 n’est qu’une évolution de la Panda 2, dans son look comme dans le gommage de ses quelques défauts. pas de grande surprise, Fiat mise sur la prudence et la qualité. Pas de quoi bouleverser le jury néanmoins.

9 – 2013 : pas d’italienne dans les finalistes !

Le prix revient cette année-là à la VW Golf VII, pour ses excellentes prestations et son absence de défaut pénalisant.

10 – 2014 : pas d’italienne dans les finalistes non plus !

Le prix revient en 2014 à la Peugeot 308 II, pour son look, son design intérieur épuré et vidé des nombreux boutons qui encombrent les véhicules modernes et ses excellentes prestations dynamiques.

11 – 2015 : pas d’italienne dans les finalistes ! Ca commence à faire beaucoup, là !

Le prix revient à la grande berline Passa, pas vraiment populaire mais avec des qualités d’ensemble convaincantes.

12 – 2016 : pas d’italienne dans les finalistes ! Là, y a le feu !

Le prix revient à l’Opel Astra 5, véhicule le plus accessible de la finale, qui comportait beaucoup de grosses berlines (jaguar XE, Audi A4…) ou véhicules trop chers (BMW Série 7, Volvo XC90 II) ou trop originaux(Mazda MX-5). Une élection sans surprise…

13 – 2017 : Enfin le retour d’une italienne ! La Giulia !

Pour 2017, on note ENFIN le retour d’une italienne. Là, ça commençait à devenir plus qu’urgent ! 2016 fut un bon cru pour le lancement d’italiennes : Giulia, Levante, 124 Spider et Tipo auront marqué les esprits italophiles que nous sommes. D’ailleurs, on aurait pu s’attendre à la présence de la Tipo, pour son concept très bien placé dans les finalistes, en plus de la Giulia. mais hélas, une seule représentante italienne figura dans les finalistes. Mais quelle finaliste ! La Giulia, c’est le retour de la marque au Biscione au firmament de la sportivité et du premium.

Malgré tout, elle du s’incliner face au Peugeot 3008 II, avec 296 points contre 319.

atouts qui auront avantagé la Giulia : son look, son châssis dynamique référence de la catégorie, son dynamisme épatant, ses nouveaux moteurs vivants, son intérieur bien fabriqué…

défauts qui auront nui à la 1ère place : ses prix premium pour une élection souvent populaire et le fait d’être sur un créneau (berlines) de moins en moins porteur, avec une moins bonne praticité à vivre (pas de hayon…) Le 3008, lui, se trouvait sur un créneau porteur (les SUV) et se trouvait plus facile à vivre. Avec ses propres qualités, il dépassa donc la Giulia…

15 – 2018 : Enfin le retour gagnant avec le Stelvio ?

Nous le saurons d’ici 2 mois. Pour en savoir plus sur les finalsites de la « Voiture de l’Année 2018 », je vous invite à vous rendre ici.

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2 commentaires à propos de L’instant culture : les italiennes et le Trophée de « Voiture de l’Année », une histoire d’amour ?

alexandre dit : S'abonner 2 January 2018 à 15 h 06 min
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Et oui la Peugeot 3008 qui s'est imposée devant la Giulia, j'étais dégoutté ! Mais bon c'est le jeu ! Merci pour ce beau dossier !

    curitiba89 dit : S'abonner 10 January 2018 à 15 h 41 min
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    Merci pour cet historique. Ayant vécu 12 ans hors d'Europe j'avais été un peu déconnecté des actualités et je vois qu'après tout le Groupe FIAT ne s'en sort pas si mal.

    • Giulietta 170 TCT, Fiat 500X Cross +, Mercedes 190 2.3 16

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