FCA et Hyundai discuteraient-ils d’un partenariat technologique ?

On le sait, Marchionne, notre Casanova au pull marine, est à le recherche d’une alliance forte, a minima un PACS automobile, à plus forte raison un mariage avec beaucoup d’enfants… Comme vous pourrez le relire ici, les épisodes n’ont pas manqué et les rebondissements non plus, dignes parfois d’un soap-opéra américain…

Mais cette fois, on se dirige vers quelque chose d’officiel. En tout cas, cela en prend le chemin.

Après l’épisode de la danse du ventre auprès de sa compatriote Mary Barra, à retrouver ici,  puis une vaine tentative envers la toute puissante famille régnante d’Europe,  Volkswagen (à relire sur le même lien), puis le douloureux moment de doute qui laissait la future mariée FCA livrée à elle-même, en proie à l’incertitude au point d’être prête à se laisser dévorer ou dépecer vivante par un ogre chinois (à relire ici), c’est auprès de Hyundai, la discrète maison sud-coréenne, que notre Chevalier blanc tentait une approche.

Qu’apprend-t-on aujourd’hui ?

Tout d’abord, pour FCA, Hyundai se présenterait comme le partenaire technologique idéal. Et d’abord parce qu’il est loin d’être un inconnu pour le groupe italo-américain. Ainsi, Marchionne, a déclaré samedi 2 décembre dans un point presse au Musée Alfa Romeo d’Arese, près de Milan, que « nous achetons déjà des composants à Hyundai. Voyons si nous pouvons nous entendre sur d’autres points, particulièrement dans le développement de systèmes de transmission et dans l’hydrogène » puis que « Il existe un potentiel de partenariat technique avec Hyundai, qui fournit déjà des composants et des transmissions pour les Etats-Unis ». L’alliance qui couvrirait, pourrait devenir « forte », a déclaré Sergio Marchionne, PDG de Fiat Chrysler, samedi au musée Alfa Romeo d’Arese, près de Milan.

Mais notre administrateur délégué de rajouter qu’il n’avait « rien à annoncer pour le moment« . D’autant que, prié de dire si cette collaboration pourrait déboucher sur une fusion en bonne et due forme, l’administrateur délégué de Fiat Chrysler Automobiles a répondu: « Je ne le crois pas. »

Avec un groupe Hyundai qui déclare en ce lundi 4 décembre que « Nous nous félicitons de l’intérêt des autres constructeurs automobiles dans nos transmissions avancées et les technologies alimentées à l’hydrogène », autant dire que, pour l’instant, c’est un peu « circulez, y a rien à voir ».

On le voit, donc, pas de bans publiés en mairie pour le moment.

sergio marchionne

Quel intérêt ?

Tout d’abord, une éventuelle coopération sur les modèles à hydrogène serait plutôt une surprise quand on sait qu’elle interviendrait malgré l’établissement de plus en plus important (pour ne pas dire irréfléchi) de voitures électriques en tant que technologie dominante dans l’ère émergente de la substitution aux carburants fossiles.

Une technologie électrique où FCA est d’ailleurs en retard car, en dehors de la 500E, disponible uniquement en Californie et depuis quelques mois d’une version hybrid plug-in du monospace américain Pacifica, la base est tout de même très limitée. 

Du coup, et alors qu’on attend FCA dans ce domaine, ce serait un contre-pied de s’intéresser à l’hydrogène. On le sait de toute façon, Marchionne n’est pas réceptif au business model de cette technologie qu’il trouve coûteuse et même totalement aberrante à l’heure actuelle.

>Et cette prudence à l’égard de l’électrique se trouve également dans l’accord signé il y a quelques jours avec le groupe pétrolier ENI et sa volonté de travailler à la réduction des pollutions sans se convertir au pur électrique. Si Marchionne a déclaré que Fiat Chrysler va faire avancer l’électrification, il ne la considère pas comme la seule alternative aux moteurs traditionnels. Cela semble effectivement se voir.

Alors FCA en retard mais FCA prudent ? FCA ou l’art de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ? Possible mais il faudra de toute façon bientôt passer une concrétisation, quelle qu’elle soit…

Un accord gagnant-gagnant ?

Le groupe Hyundai-Kia travaille à réduire la taille d’un groupe motopropulseur à pile à combustible pour en faire un moteur comparable à un moteur à combustion interne, de sorte qu’il puisse s’adapter à divers modèles et réduire les coûts.

Hyundai fabrique la pile à combustible du Hyundai IX35 et prévoit de lancer un SUV à longue portée alimenté à l’hydrogène l’année prochaine. Hyundai semble donc avancer dans ce domaine, comme les Japonais d’ailleurs, qui s’y intéressent aussi (Honda et Toyota depuis de nombreuses années…).

« Cela peut être une situation gagnant-gagnant pour les deux constructeurs automobiles », a déclaré Koh Tae-bong, analyste senior chez Hi Investment & Securities à Séoul. « Si le rapport s’avérait vrai, Hyundai serait en mesure de vendre des moteurs à pile à combustible, une zone où les constructeurs automobiles japonais sont en avance, tandis que Fiat Chrysler peut élargir sa gamme avec des véhicules à pile à combustible. » En effet, cela permettrait à Hyundai de réduire les coûts de recherche et développement et de réaliser de plus grandes économies d’échelle, tout en permettant à FCA de se familiariser avec cette technologie nouvelle.

En tout cas, en attendant une éventuelle annonce officielle (à moins que tout cela ne relève que du pur fantasme de Sergio…), il nous faudra encore patienter. Mais l’administrateur délégué aura néanmoins profité de ce point-presse pour faire le point sur les projets à court terme.

Bye bye Magnetti-Marelli et Comau

C’est clair, c’est limpide ! FCA va chercher à se séparer de ces deux branches qui ne sont pas utiles à la production automobile en elle-même selon Marchionne. Le processus en lui-même n’est pas encore décidé et doit faire l’objet d’un débat avec le conseil d’administration du groupe : « Que cela prenne la forme d’une scission ou d’une distribution aux actionnaires, ou si nous allons récupérer de l’argent dans le cadre de cette procédure, tout doit faire l’objet de discussions avec le conseil d’administration, nous n’avons pas encore tranché ».

Mais le processus semble néanmoins inéluctable. Sergio Marchionne a précisé que les scissions de Magneti Marelli, qui fabrique des phares, des éléments de moteurs, des composants électroniques, des suspensions ou encore des pots d’échappement, et du fabricant de machines outils Comau seraient deux opérations distinctes, « particulièrement étant donné le potentiel de développement de Comau dans l’intelligence artificielle et la robotique ».

En tout cas, Fiat Chrysler envisage une cotation en Bourse de l’une de ces deux activités comme il l’a déjà fait avec d’autres filiales scindées par le passé, à l’image du fabricant de tracteurs CNH Industrial ou du constructeur de voitures de sport Ferrari, toutes deux cotés à la fois à Milan et à New York.

Sergio Marchionne a exprimé l’espoir de faire aboutir ces deux scissions d’ici fin 2018, une échéance qui correspond aussi à celle que le constructeur s’est fixée pour dégager une trésorerie positive…

Enfin, FCA exclut totalement pour l’instant de se séparer des activités de fonderie de Teksid et il ne scindera pas les marques Alfa Romeo et Maserati avant « de nombreuses années ». Un Sergio Marchionne qui aura d’ailleurs souligné l’importance de la course automobile dans le développement d’Alfa Romeo.

Questions d’amendes

Le PDG a enfin confirmé les objectifs financiers de Fiat Chrysler pour 2018, notamment une augmentation du résultat d’exploitation d’environ 9 milliards d’euros et l’élimination de la dette. Il a également déclaré, concernant l’enquête sur le diesel à laquelle Fiat fait face aux Etats-Unis qu’« il y aura un coût mais ce sera quelque chose de gérable ».

La question «nous coûtera quelque chose, mais nous avons réduit les attentes en matière de risque», a déclaré Marchionne, ajoutant en revanche qu’une enquête française distincte était sans fondement et qu’il ne croyait pas en l’existence de la moindre base juridique aux récentes accusations formulées par Paris.

sources : Bloomberg

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