Voiture de l’année 2018 : Alfa Romeo dans les finalistes !

Comme tous les ans s’approche le prix tant attendu récompensant la « Voiture de l’année ». Décerné en mars prochain (à l’ouverture du Salon de Genève), il est précédé d’une liste de 7 finalistes qui a été dévoilée il y a quelques heures à peine. Et -surprise ! – on compte une italienne dedans. Et pas n’importe quel véhicule puisqu’il s’agit du nouvel Alfa Romeo Stelvio !

Le groupe FCA ne comptait que 2 modèles sélectionnables cette année, avec le nouveau SUV premium de la marque et le Jeep Compass II. Personnellement, après une bonne surprise l’an dernier avec la présence de la Giulia (qui a perdu d’un cheveu face au 3008 II, avec 296 points contre 319), je ne pensais pas revoir d’Alfa Romeo en finale, le Stelvio n’étant qu’un prolongement de la berline, l’effet de « surprise » en moins. Erreur ! Il figure bien en finale, preuve d’un véhicule qui aura marqué les esprits !

Règles

Le véhicule doit avoir été mis sur le marché au cours des 12 mois précédents le trophée de l’année d’avant (soit depuis début mars 2017). Il doit être distribué à au moins 5 000 exemplaires / an, sur au moins 5 marchés européens.

Chaque membre du jury doit décerner 25 points à au moins 5 des 7 voitures, avec un maximum de 10 points sur un seul modèle.

Les critères de sélection sont le design, le confort, la sécurité, l’économie, le comportement routier, la performance, la fonctionnalité, la performance environnementale, le plaisir de conduite et le prix. Sont également pris en compte l’innovation technique et le rapport qualité-prix.

Etudions à présent les véhicules en lice, listons leurs qualités ou défauts éventuels pour établir un pronostic du palmarès…

Voici les 7 finalistes

1- Alfa Romeo Stelvio

Quels sont ses atouts ?

Avant tout, un look magnifique ! Le Stelvio, c’est la Giulia haut sur pattes, mais sans le compter chi… du SUV ! Pardonnez mon vocabulaire mais c’est un peu un résumé de la philosophie du Stelvio. Ici, point de bétaillère à marmaille destinée aux longs trajets avec pour objectifs le nombre de trappes pour y glisser les jouets, la taille du coffre pour la poussette, le volume des vide-poches pour y glisser paquets de kleenex et de bonbons pour le voyage et encore moins de mazout 110 ch pour circuler en bon père de famille avec Belle-Maman derrière et coffre sur le toit.

Non, ici, on parle beauté. Bien que toujours subjectif, reconnaissons que le Stelvio, c’est avant tout une ligne élégante et raffinée. Un style qui ferait pâlir d’envie plus d’un concurrent au look carré (optimisé pour l’habitabilité dira-t-on pudiquement…). Un coup de crayon comme seuls les Italiens le connaissent. Avec le Stelvio, on parle égoïsme. Le véhicule est avant tout pensé pour le bien-être du conducteur, tourné vers le dynamisme et le plaisir de conduite. Direction ultra-incisive, trains roulants aux petits oignons, le Stelvio se manie presque comme une berline. Propulsion, il est agile bien que sécurisant, une quasi-exception sur le marché des SUV D-premium. Le train avant est mordant et le véhicule stable en toutes circonstances. Les vitesses peuvent vite être impressionnantes.

De même, la plage des moteurs disponibles est tournée vers le premium. En essence, on trouve le 2.0 turbo essence, en 200 et 280 ch, sans compter l’imminente version 2.9L biturbo 510 ch de la version Quadrifoglio. En diesel, ce sont les versions 150, 180 et 210 ch qui officient. Possibilité de transmission Q4 et de transmission automatique à 8 rapports, précise et rapide, avec superbes palettes au volant.

A l’intérieur, la qualité de finition est très belle et on se sent réellement dans un véhicule premium. Le rapport qualité-prix reste très bien placé car il est moins cher que ses concurrents à puissance et équipements équivalents. Du bel ouvrage.

Des défauts ?

Oui, bien entendu. D’aucuns lui reprocheront un coffre pas assez volumineux pour la catégorie et une suspension trop ferme. De même la qualité des matériaux est parfois inégale et des options technologiques manquent contrairement à certains concurrents qui en proposent toujours plus (trop ?). Enfin, le véhicule prend forcément un peu plus de roulis que la berline Giulia…

De plus, la catégorie premium ne fait pas forcément recette pour remporter le titre de l’élection, qui se tourne souvent vers des modèles plus populaires et plus responsables.  Les SUV ne semblent avoir les faveurs du jury que depuis cette année avec l’élection du 3008 II au titre de « Voiture de l’année 2017 ». A voir, donc…

Des Alfa Romeo déjà couronnées ?

Oui ! Deux fois ! En 1998, l’Alfa Romeo 156 remporte le vote et en 2001, c’est la 147 qui rafle la mise… Depuis, plus rien, en dehors de quelques podiums (la 159 finit 3ème en 2006, derrière la Clio3 et la Passat6, la MiTo finit 5ème sur 7 en 2009, la Giulietta finit 2ème en 2011 et la Giulia 2ème en 2017 !…)

Pourcentage de réussite selon moi : 40% (mais j’espère bien qu’elle sera élue !)

Les autres concurrentes

Et parce qu’il nous faut savoir être honnête et fournir des informations précises et sérieuses, petit tour d’horizon des autres prétendantes au titre de voiture de l’année 2018 !

2- Audi A8 IV

Quels sont ses atouts ?

D’aucuns vont trouver ce véhicule magnifique, avec de l’allure et de la prestance. Personnellement, je trouve le style fade et sans saveur. C’est gras de l’arrière, proche d’une coréenne d’il y a 10 ans, avec un large bandeau couvrant tout l’arrière. Cela peut-être très joli et très bien fait mais n’est pas Renault Safrane qui veut…(oui, j’assume, j’aimais la Safrane !) Mais bon, le look, c’est, comme nous l’avons dit, subjectif et chacun se fera son jugement.

Ainsi, et quoi qu’il en soit, l’A8 de 4ème génération est avant tout un vaisseau amiral destiné à nous éblouir de l’étendue de la technologie allemande dernier cri. Tout nouveau système de suspension avec scanner qui « lit » la route pour adapter au mieux l’amortissement, système (pour les versions haut de gamme uniquement) « Audi AI active suspension » qui remonte la suspension de 80 mm sur le côté en cas de choc latéral. Ajoutons à cela un système de conduite semi-autonome qui gère l’accélération, le freinage et l’aide au maintien dans la voie, un double écran tactile à l’intérieur, sans oublier la qualité de fabrication, l’espace à bord, le confort et le silence… Bref, l’A8 s’adresse aux (très très) riches technophiles ou patrons de grandes entreprises désireux de se faire conduire en toute quiétude…

Des défauts ?

A ce niveau-là, pas vraiment. Si le look très conservateur ne provoquera pas l’émoi ( de toute façon la clientèle de ce segment ne cherche pas l’originalité…), on ne peut le qualifier de « défaut » non plus. Le plus grand problème de cette A8, ce sont sans aucun doute ses tarifs, totalement prohibitifs ( dans les 100 000€ !!) mais en accord avec la concurrence sur ce créneau… Le tout sur un segment qui n’a jamais été promu et vous obtenez de faibles chances de l’emporter… D’ailleurs, la Classe S en 2017 avait fini dernière. Même chose pour la BMW Série 7 en 2016 ! Dans ce contexte…

Des Audi déjà couronnées ?

Oui ! Deux fois ! En 1973, l’Audi 80 « B1 » remporte le titre et dis ans plus tard l’Audi 100… Depuis, plus rien, en dehors d’une nomination en 2016 avec l’Audi A4 (5ème génération), qui a fini à la 4ème place. Donc même pas sur le podium…

Pourcentage de réussite selon moi : 10% 

3- BMW Série 5 VII

Quels sont ses atouts ?

La nouvelle berline bavaroise est une Série 7 en plus petit. Confortable, bien finie, dynamique et richement dotée (en option !), on trouve à l’intérieur des technologies de pointe comme les commandes gestuelles (mais est-ce bien utile et bien pratique, sérieusement?), la dernière version du système de conduite autonome qui intégrera le stationnement télécommandé et, dès sa validation légale, l’assistant de changement de voie, l’écran central tactile de 10,25 pouces, l’affichage tête haute couleurs plus grand de 70 %. Bref, c’est technologique, c’est allemand !

Des défauts ?

Pas vraiment, non, à part une liste d’options longue comme un jour sans pain et des tarifs qui peuvent culminer très haut. Le tout dans une catégorie qui ne remporte pas le succès dans cette élection.

Des BMW déjà couronnées ? 

Dans le segment D, les dernières lauréates furent l’Audi 100 en 1983, la Ford Scorpio de 1986 et l’Opel Omega en 1987 et.. La Citroën XM (encore elle!) en 1990. Mais pas de BMW couronnées depuis l’apparition de ce trophée en…1964 ! Quelques finales décrochées néanmoins avec la BMW Série 5 (justement), de 5ème génération, en 2004 (6ème place), la Série 1 en 2005 (dernière place), la Série 3 « 5ème génération » en 2006 (4ème place), la I3 en 2014 (2ème place !!), le Série 2 Active Tourer en 2005 (6ème place) ou la Série 7 en 2016 (7ème et dernière place). Autant dire que les essais furent nombreux mais pas transformés… La faute certainement à un positionnement élitiste.

Pourcentage de réussite selon moi : 10%

4- Citroën C3 Aircros

Quels sont ses atouts ?

Contrairement aux autres véhicules pré-cités (Stelvio inclus), le C3 Aircross boxe dans une catégorie accessible. Celle des petits SUV urbains, à dimension familiale. Si aucun de ses concurrents n’a encore remporté le trophée ni même été sélectionné pour une quelconque finale (Captur, 2008, 500X…), le C3 Aircross réussit déjà l’exploit de faire partie des prétendants potentiels.

Côté avantages, certains aimeront le look pimpant, avec possibilité de peinture bicolore. Bonne modularité, bonne habitabilité et confort général sont à signaler également. Le véhicule est aussi à l’aise sur la route, comme hors goudron avec une un antipatinage Grip Control pratique sur le sable ou la terre.

Des défauts ?

Ne vous attendez pas à une vraie technologie 4×4, il n’y en a pas. Mais la clientèle la recherche-t-elle vraiment ?

Surtout, le principal souci vient des nombreux plastiques durs à l’intérieur, comme sur la C3 « standard ». Durs et sensibles aux rayures, ils font piètre impression. Surtout, la C3 Aircross, n’est-elle pas (comme le Stelvio pour la Giulia) une simple « déclinaison » de la C3, déjà retenue l’an dernier et qui aura fini à la 5ème place ?

Des Citroën déjà couronnées ?

Oui ! La dernière, en 1990 avec la … XM ! Et oui, c’était le bon temps de la suspension hydropneumatique et de la moyenne d’âge Citroën établie à 85.2 ans… Non, je plaisante ! Plus sérieusement, plus aucune Citroën n’a été couronnée depuis bientôt 27 ans ! Mais de nombreux modèles de la firme aux chevrons ont souvent été sélectionnées dans la finale. Ainsi la C4 (2ème, en 2005, derrière la Toyota Prius 2), le grand C4 Picasso (3ème, en 2007),  la C5 (4ème, en 2009), le C3 Picasso (7ème, en 2010), la précédente C3 II et son complément DS3 ( 5ème, en 2011), la DS5 (6ème, en 2012) mais encore le C4 Picasso II (4ème, en 2014) ou plus récemment encore le C4 Cactus (2ème, en 2015) et la C3 III (5ème, en 2017)

Autant dire que ce ne sont pas les essais qui manquent. Alors, malédiction ? Ou simple « petit plus qui manque pour faire la différence ? Le C3 Aircross, qui s’inscrit dans une mode des SUV urbains très « bankable » fera-t-il la différence ?

Pourcentage de réussite selon moi : 50%

 

5- Kia Stinger

Quels sont ses atouts ?

Les essayeurs et les commentateurs sont unanimes : son look en priorité. Coupé taille basse à 4 portes, ne ressemblant à rien de vu jusqu’à présent. A la fois élancé et distingué, ce véhicule semble être un coup de coeur pour beaucoup, même si, personnellement, je n’arrive pas à adhérer. Mais encore une fois, les goûts et les couleurs…

En dehors d’un style audacieux, le véhicule a plusieurs cordes à son arc avec un comportement rassurant, une dotation riche, une fameuse garantie « 7 ans » et une belle agilité sur route. De quoi faire de l’ombre aux premiums allemands ?

Des défauts ?

Le diesel est jugé bruyant (mais il reste la possibilité de rouler avec un V6 essence de 370 ch…), avec des vibrations dans le volant au ralenti. Quelques détails de finition sont négligés et le coffre manque de hauteur et donc de praticité. Surtout, ce n’est pas une catégorie très primée, où l’image de Kia est d’ailleurs défaillante dans ce segment

Des Kia déjà couronnées ?

Jamais ! Une Kia dans une finale, c’est déjà un exploit rare ! L’unique fois où cela s’était déjà produit remonte à « l’élection de la voiture de l’année 2008 », où la Cee’d avait fini 4ème, soit au pied du podium ! La marque soeur Hyundai n’a pas eu plus de chance à l’heure actuelle, avec une seule nomination en 2013 avec la I30 de 2ème génération. Mais elle avait fini dernière.

Pourcentage de réussite selon moi : 20%

 

6- Seat Ibiza V

Quels sont ses atouts ?

Visiblement, elle en a ! Car, alors que sa soeur, la très célèbre et très réputée Volkswagen Polo (6ème génération) était aussi en lice, c’est son clone moins connu venu d’Espagne qui a été sélectionné. Un véritable affront pour l’allemande et déjà une consécration pour l’Ibiza !

Elle a pour elle avant tout un comportement dynamique, une bonne habitabilité et un bon volume de coffre, une excellente insonorisation, une dotation fournie et des ajustages soignés, avec un look très sexy et acéré, véritable Leon miniature !

Des défauts ?

La suspension est jugée trop ferme (celle de la nouvelle Polo trop souple !). Quelques plastiques durs semblent détonner aussi d’après les essayeurs (histoire de laisser des arguments à la plus chère Polo !)

Des Seat déjà couronnées ?

Jamais ! Ce serait une première ! Même pas de finale jusqu’à présent. Comme quoi, tout arrive ! Alors si l’Ibiza gagnait dès sa première nomination, ce serait un coup de maître et le signe d’un véhicule clairement au-dessus du lot et dézinguant tout le monde, ce qui ne semble néanmoins pas être le cas. Aussi, restons prudents face à ses chances de victoire…

Pourcentage de réussite selon moi : 50%

 

7- Volvo XC40

Quels sont ses atouts ?

D’abord, un look très travaillé ! Le Xc40 est beau. Masculin et urbain, chic et sport, il s’inscrit pleinement dans la mouvance actuelle des petits SUV premium de poche. Quand on connait le succès des plus grands XC90 et XC60, on peut se dire que la voie du succès est assurée pour le dernier né de la famille XC.

Les premiers essais (car le véhicule débarque à peine en concession…) montrent un véhicule maniable, pratique, habitable, à la conduite sans surprise mais sans défaut, avec un intérieur très chaleureux, comme souvent chez Volvo.

Des défauts ?

Les prix sont premium (comme beaucoup de véhicules sélectionnés cette année) et les plastiques sont parfois un peu bas de gamme pour le prix demandé.

Des Volvo déjà couronnées ?

Jamais ! Et cela serait la première fois ! Volvo a pourtant plusieurs fois été sélectionnées mais cela n’a jamais payé. Après la C30 en 2007 (7ème et avant-dernière), ce furent le tour du duo S60 II / V60 en 2011 (6ème), puis de la V40 II en 2013 (3ème, première fois sur le podium), puis du XC90 II en 2016 (2ème) et du duo S90 II / V90 II, en 2017 (4ème).  On le voit, Volvo, c’est la marque qui décroche petit à petit les premiers rôles. Cette année sera-t-elle la bonne ?

Pourcentage de réussite selon moi : 50%

 

BILAN

Au final, on le voit, beaucoup de véhicules premium cette année et pas mal d’outsiders qui n’ont pour l’instant jamais (ou très peu) été primés. Cela changera du triptyque Volkswagen – Opel – Peugeot, qui se partage les victoires depuis 6 ans ( Opel Ampera en 2012, VW Golf VII en 2013, Peugeot 308 II en 2014, VW Passat VIII en 2015, Opel Astra 5 en 2016, Peugeot 3008 II en 2017 !) Et rien que pour cela, on se sent bien ! Car vive la diversité !

Néanmoins, cette année, on voit assez peu de véhicules sortir du lot en dehors du C3 Aircross ou de l’Ibiza en terme d’homogénéité, de prix accessible et donc de meilleure visibilité dans la rue. Mais la connectique et le luxe allemands pourraient-ils faire basculer une élection où le premium allemand ne l’emporte jamais ? La Corée du Sud pourrait-elle créer une surprise ? Et si Volvo remportait la palme ?

Surtout, le retour au plaisir des sens d’une Alfa Romeo sera-t-il primé après la deuxième place de la Giulia l’an dernier ?

Et vous, quel est votre avis ?

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